‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 86 sur 356 · Voir page · texte numérisé non relu

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Sans aller jusqu'à cette exagération, qui a le défaut capital de faire reposer toutes les définitions et les groupements sur des hypothèses, les autres pétrographes sont cependant d'accord avec eux pour distinguer, d'après leur mode de gisement actuel et la profondeur de formation ancienne, qui paraît en résulter, trois groupes principaux de roches, reUés d'ailleurs par des transitions' :

1° Roches habituellement cristallisées à de grandes profondeurs (abyssales), dans des conditions de repos et d'homogénéité presque parfaites, dont les types sont le granité, le gabbro, etc. ;

2° Roches de filons et de dykes(hypo-abyssales), dont la consolidation marque souvent deux phases distinctes : l'une , sans doute profonde, où se sont formés de grands cristaux, ensuite emportés et souvent corrodés, refondus en partie dans le bain de fusion ; l'autre, où s'est consolidée la pâte à structure encore grenue (microgranites, etc..) ;

3° Roches d'épanchement (effusives), plus ou moins analogues aux laves actuelles, où s'accuse souvent la structure fluidale ou vitreuse,

Les roches du premier groupe sont, quand nous les observons aujourd'hui, caractérisées par ce fait qu'on les trouve, stratigraphiquement, au-dessous de terrains, qui ont dû les recouvrir autrefois, souvent à la place où devait se trouver la voûte anticlinale de ces terrains, dont on ne voit plus aujourd'hui que les retombées latérales. Elles afUeurent alors en grands massifs très étendus, en dômes, etc..

Quand le contact d'une telle roche et des terrains encaissants est normal, — c'est-à-dire quand il ne s'est pas produit après coup, ainsi que cela arrive souvent, un mouvement mécanique, localisé précisément au contact de cette masse dure granitique et des schistes friables, qui la surmontent — , on peut très bien observer la façon dont la roche éruptive a agi sur son enveloppe sédimentaire, soit en y injectant des séries de filons, soit en déterminant à distance une recristallisation des éléments, produite sans doute par l'action commune de la température et des émanations volatiles.

Les filons ou dykes, qui forment le second groupe, constituent le mode de gisement le mieux caractérisé ; car, lorsqu'une roche se montre à l'état de filon, on est sûr de l'avoir encore dans sa position primitive et la seule question, qui se présente, est celle de savoir à quelle profondeur le point observé se trouvait au-dessous de la superficie ancienne.

Il arrive, cependant, que, rencontrant une roche éruptive sur un plateau et non dans une tranchée, on puisse hésiter entre la supposilioa d'un filon, d'un dyke, ou, au contraire, celle d'un lambeau de coulée.

1 . Voir page 555, les restricUons qu'il faut apporter à cet énonéé sommaire.

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