CHAI». V. — MÉTHODES DE LA PÉTROGRAPHIE. — ROCHES ANCIENNES
réalisées, ou, au contraire, celles que l'on n'a pu encore réussir, nous apprennent également l'importance de certains facteurs essentiels, indispensables à envisager, qui sont : l'existence ou l'absence de vapeur d'eau et de gaz dans le bain de fusion ; la nature de ces gaz, lorsqu'ils se présentent; la tranquillité ou le mouvement du magma pendant sa solidification elles réactions ayant pu déterminer plusieurs stades distincts dans cette solidification ; le mode de refroidissement, la température et la pression. Le problème apparaît donc très complexe et c'est toute une série de questions qui se posent à nous.
A quelques-unes de ces questions, on peut essayer de répondre, par l'examen au laboratoire dont il sera question plus loin, en retrouvant, dans la roche même, des traces des produits volatils ayant contribué à la cristallisation des minéraux, en constatant au microscope les divers temps de solidification et l'ordre de formation des minéraux dans chaque temps, en appréciant leur forme d'enchevêtrement, qui constitue la structure de la roche. De même encore, l'examen des roches ou terrains au contact pourra, dans certains cas, nous indiquer un métamorphisme, soit chimique, soit simplement calorifique, comme, par exemple, lorsque nous trouvons des charbons transformés en coke au contact de porphyrites et de basaltes et nous instruire par conséquent sur les agents chimiques intervenus et sur la température réalisée pendant la cristallisation de la roche. Il est certain, cependant, que ce que nous aurions, avant tout, besoin de connaître et ce que le gisement seul peut nous enseigner, ce sont les conditions de milieu extérieures <ians lesquelles s'est formée la roche et c'est la profondeur, à laquelle elle s'est constituée.
Or, dans cet ordre d'idées, il y a lieu de ne s'avancer qu'avec circonspection, en se méfiant des premières apparences. Les effets de J'érosion ont, en elTet, presque toujours complètement transformé l'aspect originel des gisements pétrographiques et cela d'autant plus que ces roches, particulièrement dures, se sont, en présence de cette érosion, comport/'^es tout autrement que les terrains encaissants.
C'est ainsi que toutes les roches connues de nous se présentent aujourd'hui à nous sur la superficie ou très près de celle-ci, dans quelques travaux de mine, tandis que leur formation originelle a pu s'opérer à des profondeurs atteignant, dépassant peut-être 3.000 et 4.000 mètres au-dessous de la superficie qui existait alors. Ce n'est donc que par induction qu'on peut reconstituer la profondeur originelle et cependant celle-ci a semblé d'une telle importance aux pétrographes allemands, qu'ils en ont fait l'entrée même de leur classification ',