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hypothèses ont réussi, au contraire, à grouper autour d'elles un grand nombre de faits épars ; combinées avec les lois de la thermodynamique, elles ont été l’origine d’une théorie importante qui a fait prévoir des faits nouveaux, éclairé le mécanisme de nombreuses réactions chimiques et fourni même une représentation de la manière dont se produisent les forces électromotrices qui faisait l'objet de discussions depuis l’époque de Galvani et Volta. Il importe peu, d’ailleurs, qu’une théorie choque ou non nos habitudes; c’est un point sur lequel il est inutile d’insister après ce que nous avons dit sur la façon dont on doit envisager les théories physiques. En pressant un peu la théorie des ions, on a été conduit à penser que les charges de tous les ions sont des multiples de la charge portée par l’ion d'hydrogène; nous savons, comme il a été dit dans le chapitre précédent, que les physiciens vont aujourd'hui beaucoup plus loin dans la dissection de la matière. Remarquons-le encore une fois : il est singulier de voir reparaitre partout des théories d'émission, alors que les thécries ondulatoires semblaient assurées d’un triomphe définitif, Habent sua fata theoriæ ! Je dois ajouter toutefois qu'il est des chimistes n'aimant guère ces vues hypothétiques, et que, par exemple, pour plusieurs d’entre eux, certains faits visés plus haut pourraient être expliqués, en niant la dissocia-
tion électrolytique et en admettant, au contraire, 3
la polymérisation de la molécule d’eau; mais, quoi qu'il en soit de l'avenir des théories électrolytiques, on ne peut nier qu’elles aient provoqué un mouvement expérimental considérable, ce qui est le point essentiel. La physiologie et la médecine se sont emparées aussi de la conception nouvelle et en ont tiré un heureux profit; nous aurons l’occasion d’y revenir.