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mentation physiologique pratiquée dans les conditions strictes des sciences physiques devenant de plus en plus connexes. En outre, comme nous le verrons, la biologie contemporaine tend à poser Île postulat que les phénomènes vitaux se ramènent aux phénomènes physico-chimiques, et c’est à pour elle une vue féconde. Ce sont d’ailleurs les parties les moins élaborées de la physico-chimie qui seront appelées, si tant est qu'on puisse y réussir, à fournir en biologie les explications les plus importantes; la biologie est aujourd’hui une excitatrice pour la physico-chimie, remarquable exemple, entre tant d’autres, de l'influence qu'’exercent les unes sur les autres des sciences regardées jadis comme très éloignées.
Cette influence et le mutuel appui que se prêtent les diverses parties de la science, on les retrouvera dans maintes parties de cet ouvrage. Des théories
jisqu’ici isolées dans les sciences mathématiques se synthétisent dans les grandes disciplines dont la formation donne aux recherches des géomètres contemporains un vigoureux essor. La distinction entre la physique et la chimie devient chaque jour moins bien déterminée, et on parle constamment de chimie physique; nous venons de faire allusion à l’étroite union des études biologiques avec les recherches les plus délicates de la chimie moderne. : On est effrayé, en songeant à la somme des connaissances que devra, dans un avenir prochain,
posséder le savant qui voudra mener à bonne fin une recherche scientifique; outre les connaissances générales à acquérir, les questions de technique seule, dans certaines parties des sciences expérimentales, demandent de longues années. Les savants de la Renaissance, qui pouvaient posséder toute la science de leur temps, font envie aux savants d'aujourd'hui qui, obligés de se cantonner dans quelques coins spéciaux s'ils veulent faire œuvre vraiment sérieuse, sont réduits à jeter seulement des- regards super- #iciels sur l’ensemble des connaissances scientifiques.
Il semble que dorénavant, dans la vie scientifique comme dans la vie sociale, l’association s’imposera de plus en plus. Tel travail ne pourra être effectué. que par la collaboration d’un mathématicien et d’un physicien, et tel autre demandera le concours d'un chimiste et d'un physiologiste. Sans doute, les hommes de génie qui orientent la science dans des voies entièrement nouvelles resteront toujours des chercheurs solitaires, mais ce sont là des cas exceptionnels, D'une manière générale, dans l’état actuel de nos connaissances, l’avenir est à la recherche
- collective et au groupement d’efforts judicieusement rassemblés qui risqueraient autrement de rester stériles. A cet égard les nations, où le travail scientifique est le mieux discipliné et où les disciples aiment à travailler sous l'impulsion d’un maitre, ont une grande supériorité, le rendement des
recherches étant ainsi accru d’une manière considérable.
Dans un ordre d’idées analogues, nous avons vu se former récemment des entreprises, qui ne peuvent être menées à bien que par la collaboration d'un grand nombre de chercheurs. Telle est la carte photographique du ciel, à laquelle travaillent des observatoires de tous les pays. Nous citerons aussi l'Association géodésique internationale qui discute toutes les questions se rapportant à la forme du globe terrestre. Enfin, avec plus d’ampleur et un but moins étroitement limité, la réunion internationale des Académies, à laquelle ont adhéré les principales Sociétés savantes, commence à organiser des œuvres collectives. Sa première session à Paris, en 1901, marque peut-être une date dans
l'histoire du travail scientifique.