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nomie ; nous devons maintenant dire un mot des maladies infectieuses et des doctrines qui se sont développées à la suite des découvertes de Pasteur.
Dès le début, une difficulté se présente relativement
au polymorphisme des microbes. Parmi les microbiologistes, les uns se prononcent pour la spéci-
ficité absolue. Pour d’autres, les espèces micro
‘biennes ne sont pas aussi nettement délimitées; le bacille tuberculeux, par exemple, existe sous plusieurs formes différentes par leur virulence vis-à-vis de certains animaux, et on connait aussi une série de bacilles pseudodiphtériques. Il est probable qué ce sont là seulement des variétés d’une même espèce.
Passons rapidement en revue quelques maladies
infectieuses. Le microbe du choléra et celui de la tuberculose ont été découverts par M. Koch en 1882, Lors de l’épidémie de Hambourg, en 1892, on a découvert dans l’eau une série de microbes ressemblant beaucoup aux vibrions cholériques; en cultivant ce vibrion dans l’eau peptonisée, on a obtenu sa toxine, c’est-à-dire le poison qu'il sécrète. Le
microbe de la peste fut découvert, en 1894, par
M. Yersin : c'est un bâtonnet court et ovale, doué de motilité, assez semblable à celui du choléra des poules. Pour la diphtérie, MM. Roux et Yersin ont fait en 1889, l'étude complète du poison diphtérique, à la suite de laquelle M. Behring a découvert la sérothérapie diphtérique appelée à un si grand avenir et dont MM. Richet et Héricourt
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avaient antérieurement posé le principe. Le bacille du tétanos a été décrit pour la première fois par M. Nicolaier, en 1885, et M. Kitasato a fait une étude approfondie de la redoutable toxine sécrétée par ce microbe. Le microbe de la lèpre a été découvert en 1870 par le médecin Norvégien Hansen, mais on n’a pas jusqu'ici réussi à le cultiver; ce bacille a une grande affinité pour le tissu nerveux, et les conditions de sa vitalité paraissent très étroites. Rien de net ne se dégage des nombreuses études . faites sur le cancer; plusieurs théories sont en présence, théorie coccidienne, théorie blastomycétienne, d’après laquelle il y aurait une levure pathogène, et enfin théorie de la spécificité cellulaire faisant résulter le cancer d’une évolution anormale des cellules de l’organisme.
Il y à des maladies à caractère infectieux, qui sont certainement microbiennes, mais dont on n’a pu trouver le microbe tant qu’on a opéré dans les conditions ordinaires avec le microscope. Pour deux d’entre elles, en se servant des perfectionnements apportés dans l'emploi du microscope, et dont nous avons dit précédemment un mot, il a été possible d’apercevoir le microbe. Tel est le microbe de la péripneumonie des bête à cornes, signalé par MM. Cotton et Mouton; tel est aussi le microbe de la fièvre aphteuse. La rage et la variole sont sans
doute des maladies à microbes encore invisibles .
pour nous; après les conquêtes précédentes dans la
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visibilité, il y a lieu d’espérer qu’on pourra quelque jour démontrer avec précision leur existence.
Les microbes bactériens, que l’on s'accorde à ranger parmi les végétaux et spécialement les
champignons, ne sont pas les seuls êtres produisant
les maladies infectieuses. Il y a, parmi les sporozoaires, qui sont de petits animaux microscopiques et unicellulaires, et particulièrement parmi les grégarines et les coccidies, des agents de maladies redoutables. Tel est l'hématozoaire de Laveran, qui est l'agent pathogène du paludisme, endémie dont l’empire est immense, et qui constitue le principal obstacle à l’acclimatement des Européens dans la plupart des pays chauds. Rien n'est plus curieux que le cycle évolutif de l’hématozoaire du paludisme, tel qu’il résulte des travaux de Laveran, de Grassi, de Ross et de plusieurs autres. L’hématozoaire partage son existence entre les globules rouges du sang de l'homme et l'intestin d’un moustique du genre anophélès. Introduit dans le sang humain par la piqüre de ce moustique, il se fixe dans le globule rouge et a alors l’apparence d’une petite masse sphérique. Au bout d’un temps déterminé, qui correspond à la période de la fièvre, et pendant lequel il a détruit le globule sanguin ou hématie, il se segmente, se répand dans le sang et va se fixer dans d’autres hématies. Cette succession de phénomènes se continue pendant un certain temps, mais ces généra-
tions agames s’épuisent, et, à un certain moment,
ôn voit äpparaitre des formes sexuées, mâles et femelles.Toutefois leur conjugaison n’est pas possible dans lé sang humain, et, si une circonstance particulière ne sé produit, ces élémeñts meurent sans laisser dé postérité. La circonstance en question est la piqûre par üñ nouveau moustique, qui fera pénétrer ainsi dans <on intestin les formes mâles et fémelles, dont il vient d’étre question. Dans ces nouvelles conditions, la conjugaison sera possible, ét nous revenons à la forme initiale de l’hématozoaire, qu’uné nouvelle piqûre pourra introduire dans l’organisme humain. On comprend que la connaissance complète des transformations de l'agent infectieux ait permis d’instituer une prophylaxie rationnelle du paludisme.
Il est une autre maladie redoutable dans le développément de laquellé un moustique joue un rôle essentiel ; c’est la fièvre jaune. Son micro-organisme, jusqu'ici invisible, est un parasite du plasma sanguin accomplissäñt une partie de son évolution dans un moustique, d’une autre espèce que celui du paludisme, et qui, heureusement pour nos climats, a besoin d’une température suffisamment élevée.
Je parlais tout à l’heure de l’âge héroïque des théories microbiennes ; c'était, il y a vingt-cinq ans, quand Pasteur découvrait la vaccination expérimentale par l'injection des cultures microbiennes atténuées. Pasteur expliquait d’abord l'immünité acquise en supposant que lé microbe appauvrit lé milieu en
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y vivant; il pensa plus tard que le microbe pouvait sécréter des produits qui lui sont nuisibles, doctrine que professait de son côté M. Chauveau. La théorie des sérums bactéricides et celle des sérums antitoxiques se fonda alors à la suite des travaux de MM. Boüchard et Charrin, de M. Behring et de bien d'autres. Parallèlement, se développait une doctrine dés plus remarquables, relative à la résistance de l'organisme, la théorie phagotytaire. Déjà, depuis longtemps; Virchow avait vu que, dans la plupart des maladies infectieuses, il y a surabondance de leucocytes; seulement il leur attribuait un rôle néfaste. Cohneim, depuis, avait identifié les globules du pus et les leucocytes, et M. Koch avait constaté que, chez la grenouille, les globules entourent là bactéridie charbonneuse. On a vu plus tard que les microbes ne pénètrent pas d'eux-mêmes dans les cellules amiboïdes ; ils sont englobés, et c’est en cela que consiste la phagocytose, acte de défense naturelle de l’organisme, auquel restera attaché le nom de M. Metschnikoff. Chez les vertébrés, il y a . des phagocytés libres et des phagocytes fixes. Parmi les phagocytes libres, on doit distinguer les globules polynucléaires, les plus nombreux chez l’homme, et les globules mononucléaires.
Les phagocytes fixes sont, entre autres, les cellules de la pulpe splénique, de la moelle des os, des ganglions lymphatiques. Les phagocytes libres ont une sensibilité très développée pour la composition
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chimique du milieu; c’est ce qu'on appelle la chimiotaxie, qui est positive ou négative suivant qu’il y a attraction ou répulsion, Les mononucléaires et les phagocytes fixes sont surtout macrophages ils détruisent les éléments morts ; les polynucléaires sont des microphages destructeurs de microbes. Dans les maladies très aiguës, il y a pea de phagocytes libres, il y a au contraire une phagocytose très intense dans les maladies chroniques, et plus
encore dans les maladies bénignes. Il est rare qu’un:
microbe, qui a pu être englobé, ne soit pas détruit, mais cela arrive pourtant, par exemple pour le
bacille de la tuberculose. Une objection grave à été | |
faite à la phagocytose, envisagée comme protection de l'organisme : c'est que les microbes ne peuvent être englobés qu'après avoir été privés de leurs pouvoirs toxigènes par une action antitoxique extracellulaire. On a répondu que les phagocytes peuvent, au contraire, englober non seulement les microbes,
mais des toxines et des poisons minéraux. Pour
M. Metschnikoff, l'immunité naturelle et l’immunité acquise s'expliquent par la phagocytose, et le phénomène le plus général dans l’immunité consiste dans une réaction phagocytaire. On se heurte encore à bien des difficultés, ici comme d’ailleurs dans les théories humorales, quand on veut descendre au détail, et on est parfois obligé de raisonner sur des sécrétions cellulaires plus ou moins hypothétiques. Quoi qu’il en soit, ces diverses doctrines renferment
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certainement une grande part de vérité, et le pro-
blème capital de la résistance de l'organisme est
chaque jour serré de plus près.
De tout cela, ressort suffisamment l'importance
que prennent les toxines, qui sont du type de ces
ferments solubles désignés sous le nom de diastases, dont nous avons déjà donné de nombreux exemples. L'étude des toxines et des antitoxines est d’ailleurs plus difficile encore que celle des diastases rencontrées plus haut, car avec les toxines les réactifs sont seulement les troubles plus ou moins graves produits sur les animaux, et l'interprétation des expériences est singulièrement délicate.
La complication grandit sans cesse dans ces études; à côté de certains ferments, il y a leurs complémentaires, les premiers n'étant capables d'agir qu’autant qu'ils sont aidés dans leur action par d’autres ferments; telle est la trypsine contenue dans le suc pancréatique, qui n’est capable d'hydrolyser l'albumine que si une autre substance, l’anté-
rokinase, sécrétée par la muqueuse duodénale, vient |
ajouter son action.
Nous avons dit qu’à certaines diastases s'opposent
des antidiastases, comme aux toxines s’opposent les antitoxines. Il semble d’une manière générale que chaque ferment a son antiferment, qu'on appelle quelquefois un anticorps. On a observé que l'injection d’une diastase provoque la formation d’une antidiastase, qui est l’anticorps de la diastase. Les
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anticorps ont d’abord été invoqués pour l'interprétation des faits remarquables découverts par Bordet, relatifs à l’action des sérums de différentes espèces les uns sur les autres. Avec ces composés si complexes, qui se trouvent en si petite quantité, dont on ne sait rien jusqu'ici en dehors de certaines actions physiologiques, la physiologie et la chimie biologique ont une œuvre immense à accomplir; après l’étude des infiniment petits organisés, comme les microbes, elles doivent .s’occuper de l’étude des substances chimiques jouant un rôle énorme, à dose infinitésimale. On voit dans quel sens la science a évolué depuis le temps de Pasteur. De tous côtés surgissent, dans cette partie de la médecine qui a son point de départ dans ses immortels travaux, des faits inattendus et des idées nouvelles. Les progrès : accomplis depuis vingt ans autorisent des espérances . pour ainsi dire illimitées.
INTRODUCTION. . . . . eee eco
2 CHAPITRE I he 4 développement de Panalyse mathématique et - “ | ses rapports avec les autres sciences. . . . . . .
ste ? L' Antiquité et le Moyen Age. — If. Le xvue et le.
xvine siècle. — III. Le xix° siècle. — IV. L'Analyse et la Physique mathématique. — V. L'Analyse et la Mécanique. — VI. L'Analyse et la Géométrie. — VII. L'Analyse dans ses rapports avec la Chimie et la Biologie.
Le 4 F : capte D 2 0 Sciences nisthématiques et Astronomie. IR ES se
I. Les principes de l'Analyse. — IL. Les principes de la. Géométrie. — JII. Le développement des Mathématiques pures. — IV. La mer. céleste et armes pby= sique.