Dom Morin, Les vciitahlcs origiues... , pp
M. l'abbé Batiffol pense qu'il est plus ancien peut-être qu'Egbert d'York (732-766) ' ; mais une particularité de sa relation nous fait croire qu'il lui est postérieur. Il nous apprend que dans les monastères basilicaux, aux Matines des saints apôtres et des autres saints , on lisait les actes de leur martyre. Psalmi cum eorum passionibusvel gestis ciim responsoriis et antiphonis de ipsis pertinentes canuntur ^. Or , d'après Y Or do de la Vallicellane , publié par Tommasi, les passions et les gestes des saints ne commencèrent à être lus dans l'église de Saint Pierre, qu'au temps d'Adrien T'' (772-795) ; jusque là , ils ne se lisaient que dans l'église du titre ^ L'écrit anonyme ne peut donc remonter au delà d'Adrien.
Le manuscrit qui le contient est conservé à Saint-Gall '' . Le commencement est en écriture du VHP siècle , mais la partie où se trouve le récit en question est du IX*" siècle , d'après Dom Baûmer qui en a fait une description détaillée^. Il a donc pu être écrit pendant le séjour de Romanus à Saint-Gall (790-830) et d'après les renseignements fournis par lui. Ce serait ainsi un témoin authentique de la tradition romaine à cette époque.
Cette compilation des chants liturgiques , commencée par S. Léon , fut ensuite amplifiée et complétée par ses successeurs ou par leur ordre ; mais jusqu'au temps de S. Grégoire , elle ne parait avoir été destinée qu'à l'usage des basiliques de Rome et n'avoir pas été connue en dehors de ses limites. A partir de cette époque , elle commence à se répandre au loin.
C'est d'abord S. Augustin et ses compagnons qui , envoyés par S. Grégoire en Angleterre , y introduisent la liturgie et la cantilène romaines. (597). Le vénérable Bédé , en divers endroits de son Histoire, mentionne plusieurs personnages qui étaient maîtres dans le chant ecclésiastique , suivant la coutume de Rome , qu'ils avaient apprise des disciples du bienheureux Grégoire ou de leurs successeurs ^.
M. Gevaert qui cite ces textes , en conclut qu'on n'y découvre pas la moindre allusion à un livre de chant portant le nom de S. Grégoire et qu'il n'y est pas fait mention des cinq chants variables de la Messe ". Mais n'est-ce donc rien que le témoignage d'Egbert d York qui, en 747, mentionne l'Antiphonaire et le Missel de S. Grégoire transmis par S. Augustin ^P ce que semble
\.0p. cil, p. 55.