‹ La science [musicale] grégorienne; revues diverses, 1898-1908Chapitre 33 sur 127 · Pauli I. Epi st · texte numérisé non relu

Pauli I. Epi st

France ; ce fut à cette occasion que Pépin le Bref fit un décret, renouvelé par Charleniagne , en 789, qui mettait fin à l'usage gallican et enjoignait à tous les clercs: « d'apprendre le chant Romain et de célébrer désormais l'office nocturne et la Messe en conformité avec le Saint Siège apostolique'. »

On connaît le zèle de Charlemagne pour faire adopter dans tout son empire la psalmodie Romaine , comme en font foi les livres Carolins , dans lesquels il déclare : « que toutes les provinces des Gaules, la Germanie et l'Italie , même les Saxons et autres nations des plages de l'Aquilon, ont adhéré, dans la manière de psalmodier, à la tradition du Siège apostolique-. »

Les chroniqueurs mentionnent l'envoi en France de plusieurs chantres Romains, fait par le pape Adrien V' , à la demande de Charlemagne. Bien que parfois ils diffèrent sur quelques détails et que toutes les circonstances de leurs récits ne méritent pas toujours pleine créance, comme la légende de ces douze clercs envoyés par Etienne III à Charlemagne, qui se seraient entendus pour varier tellement leur chant qu'il ne put y avoir, sur ce point, ni unité, ni accord dans l'empire des Franks, le fond de l'histoire ne saurait être douteuse^

Le moine d'Angoulême raconte qu'Adrien donna à l'empereur deux chantres très savants, Théodore et Benoît, qui se fixèrent l'un à Metz, l'autre à Soissons , et que tous les Antiphonaires de France furent corrigés sur ceux qu'ils avaient apportés ''. Mais le récit qui offre le plus de caractères d'authenticité est celui d'Ekkeart le jeune, moine de Saint-Gall, dans la deuxième moitié du X" siècle. D'après lui, Petrus et Romanus se rendaient tous deux à Metz, mais ce dernier, étant tombé malade en route, s'arrêta à l'abbaye de Saint-Gall où , avec la permission de Charlemagne, il demeura jusqu'à sa mort pour y instruire les moines. 11 y laissa l'Antiphonaire authentique dont il était porteur, et ce manuscrit était tenu en telle vénération dans la célèbre abbaye qu'on le conservait près de l'autel des saints Apôtres et que, dans les cas douteux, on y avait recours pour corriger l'erreur ^

Plus tard, Wala, célèbre abbé de Corbie'"', et cousin germain de Charlemagne, envoyé en embassade à Rome, y obtint du pape Grégoire IV (827-844) de nouveaux Antiphonaires, dont trois volumes étaient consacrés à l'office nocturne et le quatrième ne contenait que l'office du jour, sans doute les chants de la Messe, Tria volumina de nocturnali officio et quartum quod soliun-

1. Omni clero. — Ut cantum Romanum pleniter discant et ordanibiliter per nocturnale vel gradale peragatur, secundum quod beatœ memorias genitor noster Pippinus rex decertavit ut fieret, quando Gallicanum lulit, ob unanimitatem apostolicae Sedis et sanctje DeiEcclesiai pacificam concordiam. (^Balii\. Capilul. Aqiiigrancn, cap. 90. — V. Duchesne, op. cit., p. 97-)

2. Contra Synodum Cvceconim de iniagin , lib. I. (V. Dom Guéranger, Iiislit. liliirg. t. I, p. 264.) \

3. V. Th. Nisard. U Archéologie musicale, pp. 363 et suiv. — Cf. Dom Guéranger, Inslittil. lilurg. t. I. p. 241 , note 3.

4. Caroli Magni Fila per monachutn Engolisimmevi . V. Th. Nisard , op. cit., p. 361.

5. Ekheardi junioris liber de casibus monasterii SancH-Galli ; cap. IV. — V. Th. Nisard, op. cil., p. 366.

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