‹ La science [musicale] grégorienne; revues diverses, 1898-1908Chapitre 62 sur 127 · Numéro de février 1899, p · texte numérisé non relu

Numéro de février 1899, p

l'avenir de la musique sackée 83

une autre. Et enfin il proclame Cfue « la seule forme de chant grégorien qui doive aujourd'hui être terme pour authenliijue et légitime est celle qui a été approuvée et confirmée par Paul V, conformément aux prescriptions du Concile de Trente, par Pie IX, par N. T. S. P. le pape Léon Xlll et par la Sacrée Congrégation des Rites. » Ei il s'agit toujours de l'Edition appropriée et aimplifiée.

Dans le décret Qiiod S. Augustini/s nous lisons aussi des locutions semblables. Ainsi il y est dit du Graduel qu'il fat « soigneusement revisé et réduit à des modes p/ics simples » — accura/e recogniliirn et ad simpliciores modos rcduclimi — ; et, quelques lignes plus bas, il est question de la réforme du chant liturgique accomplie « suivant les règles les plus prudentes » — juxta prude ntissimas normas.

On le voit, sans cesse revient l'idée de simplification (1).

Et voilà pourquoi la lettre du chanoine Z que nous avons insérée en tête de notre précédent numéro nous a paru singulièrement intempestive. Ce qu'en ell'et elle recommande d'une façon générale et absolue, ce qu'elle semble vouloir imposer à nos consciences, c'est une édition qui rejette le principe de la simplification posé par l'Eglise et se base essentiellement sur la simple recherche plus ou moins heureuse de la versiondes anciens manuscrits. Et nous avonsdû protester.

1. Or donc, la chose est établie de toute évidence : le Sainl-Sicgc, à la suite du Concile de Trente, a cru devoir adopter des mélodies simplifiées et écourlccs : il en avait le droit; de notre temps le Saint-Siège a cru devoir maintenir ces mêmes mélodies simjjliflées et écoiirtées : il en avait le droit; — à l'archéologie incombe maintenant le devoir de respecter semblable décision et d'obéir, sans s'arroger des droits dont elle n'est pas investie.

Que disje, supposé — c'est absurde, vrai ment! mais enfin supposé — que l'un ou l'autre .Souverain Pontife, rompant avec toutes les traditions du chant ecclésiastique, s'avisât d'adopter un syslèine tonal entièrement nouveau et un livre de mélodies liturgiques entièrement nouvelles composées là-dossus, pourrait on soutenir sérieusement que ce Souverain Poiitii'e outrepasserait ses droits? et ses sujets seraientils moins tenus d'obéir en cela à ses ordres ou de l'aider de leur concours à réaliser son piojet s'il en exprimait le désir? Si le pape saint Grégoire a donné à l'Eglise un chant voulu par lui, avec changement, suppression, etc., de choses qui s'y trouvaient antérieurement, sera-t-il moins permis à un de ses successeurs, Paul, Pie, Léon, n'importe, de procurer à l'Eglise un chant tel que lui le désire, y compris tels changements, suppressions, etc , qui lui semblent utiles?

(Abbé Lans, Di.i: ans après le Décret « Homanoruin Pontificum », pp. 36 et 37.)

84 l'avenir de la musique sacrée

En résumé, il existe une Edition officielle de chant liturgique que l'Eglise, en vertu de son droit total et absolu, a fait éclore du fonds ancien de son chant traditionnel par voie de simplification et d'écourtage systématique, délibéré etmolivé. Le motif a été de mettre le chant religieux à la portée du plus grand nombre, de l'adapter aux besoins les plus généraux, de le mieux conformer aux goûts et aux exigences modernes : tout cela dans le but de tendre plus eflicacomcnt à l'unité désirée par l'Eglise.

Cette Edition, ainsi mise au point, a été et reste ofliciellement approuvée, reconnue authentique et vivement recommandée.

Or, donc, cher monsieur le chanoine Z, et vous tous, chers amis du chant sacré, si vous rêvez de limiter nos libertés pour diriger nos pas vers une unité que nous souhaitons autant que vous, c'est de l'Edition officielle qu'il faut vous recommander, parce qu'elle a pour elle l'autorité, et partant parce qu'elle est l'ordre, parce qu'elle est le salul.

Une troisième idée qui se dégage des Décrets, c'est celle de Vobligation relative qui incombe à tous de se rallier à l'Edition officielle.

Entendons-nous bien. L'Eglise romaine, connaissant les dillicultés matérielles qui peuvent paralyser pour un temps les meilleures volontés, n'a point donné un ordre formel à chaque Eglise particulière d'adopter son Edition à un moment déterminé. Ce qu'Elle pratique à l'heure présente, c'est un mode constant de vives exhortations, sans obligation absolue. Mais elle nous laisse néanmoins bien deviner sa pensée intime; et celte pensée est claire comme le jour pour qui lit les Décrets sans parti pris.

De bonne foi qu'on médite le passage suivant du Décret Romanoriim Pontificum :

Pendant ce temps plusieurs de ceux qui s'occup-mt de la musique ecclésiastique se livrèrent à des recherches plus approlonilies sur la forme primitive du chant grégorien et sur ses phases diverses durant les âges suivants. Mais, déjjassant les justes bornes de cette investigation et se laissant peut-êlre emporter par un trop grand amour pour l'antiquité, ils parurent ne pas assez tenir compte des ordonnances récentes du Siège .Apostoli(iue et de ses désirs maintes fois manifestés que le chant grégorien prit partout la forme que l'usage plein de prudence de l'Eglise romaine a sanctionnée. En ell'et, dédaifineu.Y de cette voie déjà sagement tracée, ils crurent qu'ils étaient encore pleinement libres de chercher à ramener le chant grégorien ù

l'avenir de la musique sacrée 85

ce qui, d'après eux, était sa forme primitive, sous ce prétexte même que le Siège Apostolique avait sans doute déclaré authentique le chant contenu dans l'Edition récemment approuvée par lui et l'avait hautement recommandé, mais qu'il ne l'avait imposé en aucune façon aux diverses Eglises. Ils auraient dû ne point oublier que c'est une pratique constante des Souverains Pontifes d'user de la persuasion pour la réforme de certains abus, plutôt que de donner des ordres; d'autant mieux que les lillmes Ordinaires des lieux et leur clergé ont coutume d'interpréter pieusement et religieusement comme des ordres les exhortations du Souverain Pontife.

Qu'on réfléchisse encore sur les lignes suivantes du même Décret, lesquelles ont été de nouveau formulées dans le Décret

Qiiod S. Augustbms :

Sans doute ceux qui s'occupent du chant ecclésiastique ont toujours eu dans le passé et conservent pour l'avenir pleine et entière liberté de rechercher, au point de vue de lérudition, quelle fut anciennement la forme de ce chant ecclésiastique et par quelles phases il a passé, comme les érudiîs ont la louable coutume de faire des recherches et de discuter sur les anciens rites de l'Eglise et les autres parties de la sainte liturgie. Mais néanmoins la seule fornie du chant grégorien qui doive aujourd'hui être tenue pour authentique et légitime est celle qui a été approuvée et confirmée par Pciul V, conformément aux prescriptions du concile de Trente, par Pie IX de sainte mémoire, par N. T. S. P. le pape Léon Xili et par la Sacrée Congrégation des Rites, et qui est contenue dans l'édition donnée <à Ratisbonne, celle forme étant, à la différence de tout autre, celle du chant qui est en usage dans 1 Eglise romaine. En conséquence il ne doit plus y avoir de doutes ni de discussions sur l'aulhenlicité et la légitimité de cette forme de chant parmi ceux qui sont sincèrement soumis à l'autorité du Siège Apostolique,

Enfin qu'on remarque bien l'extrait suivant du Décret de 1894 Quod S. Augustinus, extrait dont la portée s'accentue en raison des circonstances particulièrement critiques qui ont précédé la promulgation de l'acte officiel, ainsi que nous tâcherons de le faire ressortir dans un prochain article :

En ce qui concerne la liberté, pour les Eglises particulières, de conserver un chant légitimement introduit et encore employé, la mémo Sacrée Congrégation décida de renouveler et d'inculquer le Décret rendu dans la séance du 10 avril 1883 par lequel elle exhortait vivement tous les Ordinaires des lieux et tous qui pratiquent le chant ecclésiastique à adopter dans la sainte Liturgie l'Edition susindiquée, afin d'avoir l'uniformité du chant, bien que, suivant la très prudente manière d'agir du Siège Apostolique, elle n'impose pas cette Edition à chacune des Eglises.

Tout commentaire semble inutile.

Et dire qu'il y a des gens qui s'imaginent qu'après avoir

8(5 l'avenir de la musique sacrée

poursuivi la réalisation de son idée pendant plus de trois siècles et après s'être engagée comme elle l'a fait en ces derniers temps, l'Eglise catholique va désormais se taire devant les savants comme fit la terre devant Alexandre le Grand, rengainer ses Brefs et ses Décrets, laisser à chacun liberté totale et absolue d'agir à sa guise, jusqu'au jour où des commis voyageurs de tout poil auront fait assez la p'acc pour imposer en tous lieux telle autre édition dont l'Eglise tout d'abord semblait ne point vouloir... Bons amis, vous ave/ de l'aplomb! Il est vrai que tout est possible : avec le concours d'une certaine presse catholique, par la grâce de la crédulité cléricale, sous la pression du zèle plus ou moins irrélléchi de certaines Congrégations religieuses, à l'aide enfin de barnumesques expéditions en tous pays pour cause d'exhibition de produits dils artistiques, votre campagne peut momentanément réussir, en France surtout. Mais la France n'est qu'une petite fraction de l'univers catholique. Mais, dans cette France, il semble que vous nous meniez plutôt à la ruine du plain-chant qu'à son triomphe : car, d'une part, vous faites œuvre non pratique; et, d'autre part, si le Français s'emballe vite, non moins vite il se lasse et va chercher un refuge en d'extrêmes réactions.

Et quand en efforts stériles vous aurez gaspille de belles et précieuses énergies, ce sera l'Eglise encore qui viendra peutêtre vous tirer d'embarras en vous disant : « Mes bons entants, si nous reprenions les choses au point oii nous les avons laissées tantôt? »

Voilà ce qui nous attend.

Pour conclure, disons avec M. le chanoine Z : « Mieux vau drait viser à runitc et marcher la main dans la main par la même voie (l). »

Oui, visons à i^inité ; mais à l'unité vraie, à l'unité li'gilime, à l'unité qui émane des directions de i Autorité. Soyons

I. Chose remarquable : en terminant notre étude concoriiaut V Autorité en rapi)oit asec nos chants liturf;iques, nous avons donné le spectacle d'une unité calme, d'une coopération fralernelle, d'un progrès salutaire du chaut d'égii?e; et on terminant notre étude sur VArcfu^oloyie (dans les mêmes rapports), nous cons .itons des discussions agitées, des opinions conLrailirloires, des démolitions mutuelles de raisounement, une situation désespérée.

D'oîi nous viendra alois celte unité dans le chant, si désirée par Rome?

l'avenir de la musique sacrék 87

des prêtres et des fidèles obéissants à la voix de l'Eglise, obéissants en toute simplicité, obéissants sans arrière-pensée. Dom Guéranger avait raison : « Romeest mère ot maîtresse, tout ce qiielle fait c^t bien . »

A. Gabert,

Il semble que l'on puisse, à bon droit, s'étonner de l'état misérable dans lequel la cantilène romaine, vulgo le chant grégorien, était tombée au xii'' siècle, après avoir été si florissante — dit-on — dans les siècles précédents.

Néanmoins, celte eftlorescense n'a-l-elle pas été exagérée par les écrivains du moyen âge et par ceux du siècle dernier ré éditant servi le ment les dithyrambes de leurs devanciers?

A toutes les époques, on rencontre, en effjt, des enthousiastes sans savoir pourquoi d'une cause qu'ils n'ont eu ni le temps ni souvent les moyens d'étudier, leurs convictions scientifiques ou artistiques n'étant nssises que sur l'opinion des autres.

Loin de nous la pensée ou la prétention de mieux juger qu'eux-mêmes de l'etTetque les mélodies sacrées produisaient sur leurs contemporains; mais, enfin, pour porter un jugement ayant une apparence de raison, ne devons-nous pas tenir compte de l'élat de lenr culture musicale ?

11 le paraîtra à quiconque n'est pas aveuglé par un optimisme exagéré.

Quel était donc cet état ?

Au bas de l'échelle sociale, c'est le peuple. Son ignorance absolue de tout le mettait dans l'impossibilité de juger autrement que superficiellement, et cette ignorance n'a pas sensiblement changé.

Plus haut, c'étaient les clercs, à qui était dévolue l'exécution des cantilènes. Mais pour nous rendre compte du savoir de ceux ci, il nous faut monter plus haut encore dans la hiérarchie sociale afin de connaître quelle instruction purement musicale leur était donnée.

Voici le remède utiijuc : qu'on renonce à se mettre des échasses arcli(''ologiqucs (selon l'expression pittoresque qui nous toinlja un jour sous les yeux) pour s'élever au-dessus du llux progressif de TAutorité ; ou bien, pour parler plus gravement, il n'y a qu'un remède : celui de rolmsKance filiale à VAuloritc lituvijiqne souveraine,

(Abbé Lans, op. cit., p. "il.)

88 l'avenir de la musique sacrée

Actuellement nous sommes obligés de faire lo même raisonnement touchant le clergé de nos paroisses pour être en élatde juger si l'instruction musicale qu'il a reçue lui permet de parler reataiirationdu chant grégoripu en connaissance de cause.

RecoiHiaissons-le de bonne foi, ces maîtres anciens si renommés, au m' lieu de l'ignorance générale, enseignaient d'une façon rudimentaire et toutempiri jue la pratique de l'Art musical telle qu'ils l'avaient apprise eux-mêmes. Et ou n'a pas manqué de remarquer déjà les contradictions fréquentes qui se trouvent dans leurs ouvrages théoriques, contradictions que l'on a cherché à atténuer à l'aide de commentaires subtils, mais que, pour ma part, je ne puis expliquer autrement que comme il suit :

D'une part, ces auteurs se croyaient tenus de rééditer toute la théorie fondamentale antique; mais, d'autre part, l'Art luimôme s'étant Iraiislormé dans le cours des siècles, ils étaient sous l'empire de la pratique journalière de l'Art tel qu'on le cultivait à leur époque, et, sous forme de commentaires personnels, ils introduiraient dans leurs traités des aperçus nouveaux quelque peu en contradiction avec les régies anciennnes qu'ils avaient rappelés précédemment.

C'est ainsi qu'en les lisant nous voyons, à côté des théories de Boëce, Mart, CapcUa, etc., inapplicables en totalité sur les mélodies existantes au ix^ siècle, des conseils d'exécution visant directement les mélodies que nous avons sous les yeux dans les manuscrits neumés.

N'ayant pas assez remarqué cet amalgame de principes contradictoires, nous nous laissons inllucncer par ceux qui nous apparaissent « plus clairs» et nous voulons (ou plutôt certains d'entre nous veulent) à toute force trouver l'application intégrale de toute la théorie qui nous les pn'sente enchevêtrés les uns dans les autres. C'est là qu'est l'écueil.

De nos jours 1« môme fait se reproduit exactement de la môme façon.

Nos ouvrages théoriques contiennent des principes enfantins, surannés, que tout auteur se croit obligé de placer dans son ouvrage par crainte d'être incomplet ; mais, notre art moderne ayant progressé dans des conditions toutes nouvelles, il se trouve que {a pratique est en avance d'un demisiôcle sur la théorie qui devrait la fonder. Aussi que se passe -t-il ?

l'avenir de la musique sacrée 89

De nos jours il faut rousoigiiement oral d'un maître possédant à fond son métier moderne on praticien d'expérience.

Autrefois il en fut de mi^me. Il fallait l'enseignement oral du maître en renom. C'est d'ailleurs la porte de sortie des auteurs de cette épo'ïue embarrassés d'expli'|uer les anomalies entre la théorie antique et la pratique actuelle qu'ils enseignaient d'autorité : « Sed Jieec et hujiismodi meliiis colloquendo quam conscribeîido ynonstrantiir », ne craint pas d'écrire le grand Guido d'Arezzo (Microl., XV, 4) dans des cas embarrassants.

Supposons un théoricien moderne s'abaissant à de tels procédés d'exposition ! Quel déluge de sarcasmes ne déchaînerait-il pas de la part de nos jeunes aristarques modernes ?

Reprenons notre raisonnement et poussons-le à ses limites naturelles.

Nous sommes autorisé à penserque tous les commentateurs modernes de la théorie médiévale font assaut d'érudition... à côté, lorsqu'ils entassent commentaires sur commentaires pour concilier les principes musicaux du moyen âge, inconciliables entre eux parce qu'ils ne sont qu'un amalgame de règles d'époques différentes ; et finalement nous sommes autorisé à dire que la théorie médiévale confuse, obscure, encombrée de dissertations oiseuses sur une foule de sujets souvent étrangers à l'art musical, retarde sur son époque, dénote dans ses promoteurs un manque de compréhension nette du sujet qu'ils traitaient, et nous concluons que ce n'est pas dans ces théories mal digérées que l'on découvrira le sens des notations antiques (1), mais bien et seulement dans les manuscrits, témoins et conservateurs de la pratique Journalière, qui, eux, ne trompent pas (2).

Prenez l'Ecole moderne et expliquez ses hardiesses d'écriture, avec le mot à mot de tel ou tel traité d'harmonie en faveur. Neuf fois sur dix, la chose sera impossible. Et cependant elloexiste, celte Écolemodernelnous lapratiquons, donc elle est. Mais il faut le commentaire oral du maître actuel pour l'expliquer.

1. Remarquons-le bien : aucun de ces théoriciens ne se hasarde à exposer catéuoiiquemeut le sens précis, rylliraiquo, de chaque signe neumatique ! Le lail est, pour le moins, assez étrange.

2. Et par manuscrits, j'entends tous manuscrits neumés, orientaux et autres, de quelque école qu'ils soient, attemlu que les neumes ont une origine commune, orientale à coup sûr. Peut être cette épreuve sera-t-elle contre moi ; mais il faut sortir coûte que coûte de cet état de polémique énervante.

90 l'avenir de la musique sacrée

Faisons un retour en arrière et tentons d'expliquer le chant grégorien, noté neumatiquement, à l'aide desthéories médiévales !

Depuis cinquante ans nous connaissons une multitude de systèmes explicatifs des textes^ mais pas un explicatif à coup ?i\xT àii?, manuscrits neumé s. Or, ce^ manuscrits nous reprc'senlent la pratique, puisque l'on chantait la notation qu'ils contiennent. 11 nous faut donc, par un travail patient, reconstituer nous-mcmes l'eEsoigncment oral du maître ancien commentant la notation à ses élèves.

Et c'est bien ainsi que j'ai compris la chose dès le début de mes recherches.

Lorsque, après'avoirlu avec la phisgrande attention tous les traites explicatifs des neiimes (1), je m'ellorçai de résumer mes impressions d'ensemble, elles se présentèrent à mon esprit à peu près sous cette forme : Tous les commentateurs interprètent les mêmes textes chacun dans un sens différent; mais lorsqu'il s'agit- de faire l'application de leur interprétation, NOTATION EN MAIN, cctts application que nous avons sous les yeux, sous forme de traductions înodemes, paraît être celle d'une théorie a côté non exposée dans l'ouvrage que je venais d'étudier.

Comme je pense qu'il est temps de faire trêve de polémiques, j<' ne m'étendrai pas plus longtemps sur ce sujet épineux, et je conclus.

Aucun des systèmes proposés depuis cinquante ans n'est défendable, notation nenmatiquect théories en main.

Seul mon système concilie tout. Qu'on l'éludie encore.

Mais un atome de poussière su flisant à enrayer le mouvement (lu mécanisme le plus parfait, il esi possible que cet atome de poussière existe dans ma théorie sans que j'en aie conscience. Qu'on le montre, qu'on 1 enlève au vu et au su de tous ceux qui ont à cœur l'œuvre de la restauration vraie.

1. Qu'il me soit permis de répoiidro à une critique, Itien méritt'-e d'ailleurs, qui m'a été faite à oc sujet. On m'a reproché sur le vu de l'ex. 212, p. Ht) de mon grand ouvrage, do ne pas connaître la mt'tliode bénédictine! L'aveu de ma petite superclierie, indigne^ de figurer dans un ouvrage sérieux, je le reconnais, ne nie coûte nullement. La Aoici. On sait que l'application de la mélhoJe bénédictine varie beaucoup de maîtrts à maîtres! J'ai donc demandé à un fanatique de ladite école la traduction en question et je l'ai insérée avec la certitude que les critiques à court d'arguments ne mantiueraient pas de la relever à ma grande confusion ! Us n'y ont pas manqué.

l'avenir de la musique sacrée 91

On rendra service à la cause de la vérité en écartant un nouveau système faux.

Alors que restera- 1 -il devant nous ? h'inconnu à explorer de nouveau.

On peut être assuré que je ne serai pas le dernier levé de la phalange des futurs pionniers attirés par celte nouvelle exploration. Mais... je suis bien Iranquille, quant à présent ; mon principe fera son chemin s'il est vrai ; et, ser;nt-il faux, jamais je n'aurai l'amour propre assez mal placé pour me cramponner en désespéré à mon radeau contre vents et marées, puisque je n'ai aucun intérêt matériel à défendre. Agir autrement serait le comble du ridicule, tandis qu'actuellement mon assurance — impertinente, dit-on — ne mérite que le respect dii à tout inventeur convaincu et ... désintéressé.

G. HOUDARD

Page 1