V. ex. 10. Ms. de Montpellier
principe, dès que les neumes furent transportés tels quels sur ce cadre fixe.
Une troisième ligne, médiane entre les deux premières, ne tarda pas à s'imposer (fig-. 8),
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Fig. 8. — Notution ueuraalique sur 3 lignes.
De l'écriture à trois lignes, on devait inévitablement passer
à celle sur quatre (fig-. 9), et même cinq lignes, celle-ci plus rare.
11 suffisait d'ajouter au dessus de la ligne à'ut, ou au-des-
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l"'ig. 9. — Notation neumalique sur 4 lignes.
sous de celle de fa, les lignes supplémentaires nécessitées par l'amplitude de la mélodie, et l'on supprimait, en bas ou en liaut de la portée ainsi créée, les lignes devenues inutiles.
REVUE ARCHEOLOGIQUE
C'est ainsi que nos clefs usuelles — que d'aucuns croient être une superfluité — ont vu le jour et passèrent de la musique neumée dans le système figuratif mesuré du xiv° s., puis dans le nôtre, parce qu'elles répondaient à une nécessité d'écriture selon le diapason et l'amplitude de la partie vocale ou instrumentale à écrire.
Entre temps, un autre mode d'éclaircissement avait été imaginé, — simple guide-âne, disons-le fort irrespectueusement, mais c'est le seul mot qui convienne. Au-dessous de chaque
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Fig. 10. — Fragment du manuscrit à double notation, neumatique et alphabétique de Montpellier.
ligne neumatique on écrivit la lettre-son, emprunt fait à îa pratique gréco-romaine antérieure.
La nature même du manuscrit qui porte cette addition montre qu'il n'était qu'un codex-répertoire, annoté comme un instrument de contrôle. Il n'y a pas lieu de lui attribuer une place en vue dans l'histoire de la notation : une mention suffit. L'existence de ce manuscrit n'en est pas moins à signaler pour une autre constatation qu'il permet de mettre en relief : il s'agit de la perte certaine de la tradition d'écriture à l'époque où il fut rédigé, xi® s. (fig. 10).
La portée musicale étant passée dans l'usage, les neumes se transformèrent, peu à peu, ipso facto, par le besoin que l'on éprouva de les dépouiller de tous les jambages superflus, fort
pittoresques sans doute, mais nuisant, et cela sans profit compensateur, à la netteté de la lecture. C'est ainsi que la notation carrée se substitua au système neumatique. Toute fantaisie d'interprétation de la note et des groupes de notes était écartée désormais.
On conçoit combien aisée fut la reconstitution de la ligne mélodique du chant ancien. Il suffisait d'avoir sous la main, et à sa disposition entière, le plus grand nombre possible de manuscrits notés en clair, de les confronter, de les transcrire — en rectifiant, d'après les meilleurs manuscrits, les altérations