AUTRES PREUVES
tirées des tlualltés propres aax aristocraties taéroiqacs.
Cette succession constante et perpétuelle des choses humaines et civiles à travers un enchaînement si varié de causes et d effets^ devrait suffire pour convaincre notre esprit de la vérité de ces principes. Mais pour ne laisser aucune place au doute , nous allons examiner cerlams phénomènes civils, qui ne sauraient trouver d’explication ailleurs que dans l’histoire des républiques héroïques, telle que nous l’avons découverte et présentée.
De la garde des Orontlères.
Les deux caractères principaux et éternellement essentiels des républiques aristocratiques soni\e maintien des ordres (1) et la garde des limites ou des frontières,
La garde des limites ou des frontières s’est établie, au commencement, sous la protection des religions sanguinaires et des gouvernemens divins ; car il importait de poser les limites des cAcmps pour mettre un terme à l’infàme communauté des choses ou des propriétés qui avait entretenu les hommes dans l’état de barbarie.Ces fimtYea servirent d’abord à désigner les propriétés des familles, puis celles des races ou maisons, celles des jaew/iies ensuite, et enfin celles des nations. Aussi les géans se tenaient enfermés, comme Polyphème le raconte h Ulysse , chacun dans sa grotte avec sa femme et ses enfans, sans se soucier du voisin et immolant sans pitié tous les étrangers qui osaient ^aventurer audelà de leurs /imi/es. Polyphème, en effet, voulait faire à Ulysse une réception semblable, cl il est bon de ne pas oublier que Platon envisage dans ce géant le représentant des pères dans l’état de /amüie. La barbarie de ces premiers hommes passa dans les premières villes, qui se regardèrent longtemps les unesles autres comme d'irréconciliables ennemies. Telle élail la douceur du régime,
(1) Voir les notes.