‹ La science occulteChapitre 4 sur 15 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le mot (( Science occulte » ou « Occultisme » éveille, suivant les individus, des idées contradictoires. Sur l'un, il exerce une attraction magique, il est Tannonciateur de quelque chose qui émeut les forces intimes de l'âme. Chez l'autre, il provoque le mépris, la risée, 1 éloignement, ou parfois un sourire de compassion. Les uns y voient le couronnement de tout savoir; les autres un vagabondage de l'esprit, une rêverie creuse, aussi peu estimable que la superstition. Et ces derniers sont parfois précisément ceux qui s’adonnent à ce qu'ils pensent être la science vraie avec le sérieux le plus profond, avec l'amour le plus noble de la vérité. Pour beaucoup, l'occultisme est comme une clarté, sans laquelle la vie n'aurait point de prix ; pour les autres, c’est un danger spirituel, une invention propre à faire tourner les têtes faibles et les âmes mal trempées. Entre ces deux opinions qui s'opposent brutalement, nous trouvons une gamme complète de nuances intermédiaires.

Si l'on considère de sang-froid, avec un esprit po-

sitif, les partisans et les adA^ersaires de l’occultisme, on trouvera étrange que des hommes aussi libres d’esprit quand il s’agit d’autres sujets, se montrent aussi intolérants dès que l’occultisme esten jeu. D’autre part, un observateur impartial devra constater que le sentiment qui anime beaucoup des adhérents de la science occulte n’est autre qu’un fatal entraînement pour tout ce qui leur paraît mystérieux, inconnu, incompréhensible : il reconnaîtra que les reproches élevés contre le côté fantastique de l’occultisme par ses adversaires ne manquent pas de fondement. Quiconque s’occupe sérieusement de l’occultisme fera bien de ne jamais oublier que le goût du mystérieux signifie la poursuite des feux follets les plus décevants et les plus pernicieux.

Bien que l’occultiste doh^e tenir les yeux ouverts sur les excès des partisans de ses doctrines, et sur le bien fondé des reproches de ses adversaires, il vaut mieux qu’il n’intervienne pas directement dans la bataille pour y défendre ses idées. On comprendra pourquoi cette attitude s’impose, en pénétrant dans l’étude de l’occultisme : aussi est-il inutile d’y insister dès maintenant. Si nous en parlions avant d’avoir franchi le seuil meme de la science occulte, nous ne convaincrions pas ceux qui, mus par un sentiment d’irrésistible répulsion, s’écartent de ce seuil. Dès qu’on l’a dépassé, on trouve dans l’occultisme môme les raisons précises de ce que nous avançons. Mais nous pouvons indiquer en passant quelle est la conduite qui s’impose à l’occultiste comme la seule normale, Il évitera, autant qu’il est possible, toute apologie ou toute défense publique de ses idées : il laissera sa doctrine parler elle-même. Il expose les grandes lignes de la science ésotérique : et quand il

parle des explications de rocciiltisme sur tel ou tel point, il fera le trait d’union entre ses connaissances et tel ou tel domaine de la vie ou de la science : il ne passera pas sous silence les objections possibles, et à cette occasion il prouvera que la vérité parle en faveur de ses explications. 11 sait que fatalement, et sans que la pensée logique soit en défaut, les apologies publiques deviennent facilement des exercices de rhétorique : tout ce qu’il veut, c’est que les vérités de 1 occultisme puissent par elles-mêmes rayonner et agir.

L occultisme, à ses débuts, n’est pas l’exposé de doctrines et d’idées qu il s’agit de prouver : c’est le pur récit d’expériences faites dans un monde autre que celui que nos yeux peuvent voir, et nos mains toucher. Il s agit ensuite de préciser les moyens par lesquels l’homme peut parvenir à vérifier l’exactitude de ces récits. En se plongeant dans l’étude de l’occultisme , on constate une modification profonde dans les idées et les opinions que l’on avait, avec raison, puisées dans l’existence. On se forme une idée toute nouvelle de ce qu’on appelait précédemment une preuve. On apprend que ce mot perd sa valeur dans certains domaines, et que l’intuition compréhensive s’y appuie sur d’autres fondements que des preuves de cet ordre.

Tout l’occultisme repose sur deux idées, qui peuvent prendre racine chez tout homme : ces idées représentent pour l’occultiste des faits qu’il est en mesure de vérifier s’il emploie les moyens appropriés. Or, pour beaucoup d’hommes, ces deux idées sont des prétentions, qui à tout le moins sont des plus contestables, ou même dont on peut prouver l’inanité.

Ces deux idées sont : qu’il existe derrière le monde

visible un monde invisible, un monde qui, au début, demeure caché aux sens et à l’entendement lié aux données de ces sens ; mais que l'homme peut développer en lui des facultés latentes, grâce auxquelles il aura accès dans ce monde invisible.

Il n’existe, dira Tun, aucun monde caché de cette espèce. Le monde que perçoivent nos sens est le seul existant. On trouve en lui Texplicatioii de tous ses problèmes. Bien que Thomme soit présentement encore loin d’avoir décliiffré toutes ses énigmes, le temps viendra sûrement où l’expérience sensible, et la science qui s’appuie sur elle, fourniront les réponses souhaitées.

On ne saurait, diront les autres, prétendre qu’il n’existe pas un univers caché, derrière Tunivers sensible ; mais les pouvoirs de la connaissance humaine sont impuissants à y pénétrer. Ils sont bornés par des limites, dont ils ne sauraient sortir : que le besoin de croire cherche un refuge dans ce monde caché, la vraie science, qui se fonde sur des faits établis, ne saurait s’en occuper.

Un troisième groupe de gens estiment qu’il y aune présomption dangereuse de la part de l’homme à vouloir pénétrer dans un domaine réservé à la foi et interdit à la connaissance. C’est un péché ! pensent ces gens, que la faiblesse humaine ait le désir de pénétrer dans un monde qui est le domaine propre de la vie religieuse.

Oïl prétendra aussi que la connaissance des choses sensibles est commune à tous les hommes, mais que les choses supra-sensibles sont affaire d’opinion individuelle, et ne sauraient être connues avec une certitude qui entraîne un consentement unanime.

D’autres contradicteurs ont encore d’autres arguments.

L’occultiste est bien fixé sur un point : c’est que les énigmes du monde physique ne sauraient être résolues par la simple élude des faits de ce monde. Elles ne seront pas davantage résolues si la science de ces faits atteint sa perfection ultime. Les phénomènes visibles exigent, par leur nature même, l’intervention des forces occultes. Si l’on ne voit pas cela, on ferme les yeux aux problèmes qui s’inlposent de toutes parts. On refuse d’admettre certaines questions, certaines difficultés : et c’est pourquoi l’on s’imagine que toutes les questions peuvent être résolues par l’étude des phénomènes sensibles. Les questions que le matérialiste veut bien se poser sont à vrai dire solubles par les découvertes que l’avenir lui réserve dans le monde d3s réalités sensibles. Tout occultiste sincère le concédera. Mais comment attendre de l’avenir des réponses, dans les domaines où l’on croit n’avoir aucune question à poser ? Ces questions, l’occultiste déclare tout simplement qu’elles lui paraissent une émanation naturelle de l’âme humaine. La science ne saurait être enfermée dans la limite étroite que l’on trace en interdisant à l’ànie humaine de poser spontanément un certain nombre de questions. Quant à ropinion d’après laquelle la connaissance humaine est bornée par des limites qui l’obligent à s’arrêter aux portes du monde invisible, voici ce qu’en pense l’occultiste : il est incontestable que le mode de connaissance dont on parle n’a pas accès dans le monde invisible. Quiconque pense que ce mode est le seul, doit forcément être d’avis qu’il est interdit à l’homme de pénétrer dans le monde supérieur, s’il en existe un. Mais, ajoute loccultiste, il est possible de développer un autre mode de connaissance, et c’est lui (jui nous introduit dans le monde invisible. Si l’on

juge ce mode impossible, on ne peut considérer que comme pure insanité tout enseignement touchant un monde supérieur. A juger les choses impartialement, le seul fondement de cette opinion est que celui qui la soutient ne pratique qu’un seul mode de connaissance. Quel jugement peut-on donc porter sur une chose, dont on commence par affirmer qu’on ne la connaît pas ? Un des principes dont se réclame l’occultisme est de parler seulement de ce qu’on connaît, en se gardant de rien avancer sur les sujets qu’on ne connaît pas. Il admet que chacun ait le droit de communiquer le résultat de ses expériences, mais non pas qu’on ait le droit de déclarer une chose impossible parce qu’on ne la sait pas ou ne veut pas la savoir. L’occultisme ne dénie à personne le droit de négliger l’étude de l’invisible : mais comment justifier l’opinion d’un homme, qui non seulement se prétend compétent sur ce qu’il peut savoir, mais encore sur ce qu’aucun homme d’après lui ne peut parvenir à connaître ?

Quant à ceux qui considèrent comme une présomption coupable de vouloir pénétrer dans le domaine de l’invisible, l’occultiste leur répond que, du moment que l’homme est capable d’y pénétrer, c’est un péché contre les facultés données par la nature que de )es laisser s’atrophier, au lieu de les développer et de ies utiliser.

Pour ceux qui estiment que l’opinion touchant les mondes invisibles est une affaire personnelle à chaque individu, ils oublient l’élément commun, qui existe chez tous les hommes. Il est vrai que chacun doit trouver en soi-même les moyens de percevoir le.s réalités supérieures ; mais c’est un fait, que tous les hommes qui se sont avancés assez loin en arrivent à

professer les mêmes idées sur ces sujets. Les divergences ne subsistent qu’autant que les hommes marchent à leur guise vers la connaissance supérieure, au lieu de suivre le chemin dûment éprouvé que l’occultisme enseigne. Ce que concède assurément l’occultisme, c’est que, pour reconnaître l’excellence de cette voie, il faut l’avoir parcourue, ou à tout le moins y être entré. Mais tous ceux qui y sont entrés, en reconnaissent et en ont toujours reconnu l’excellence.

Pour trouver en temps voulu le chemin de la connaissance occulte, il suffit de reconnaître, ou même de soupçonner sous le visible l’existence de forces latentes, et d’autre part d’avoir conscience que notre pouvoir de connaître est possible à développer, ce qui fait naître en nous l’assurance que les choses cachées peuvent se découvrir.

Si l’on aborde l’occultisme dans cet état d’âme, on constatera, non seulement que certaines questions y trouvent une réponse, mais encore que l’homme y jiuise la force de surmonter tout ce qui embarrasse et j‘ a*alyse le libre épanouissement de la vie. C’est une •iîininution de la vie, en un certain sens une véritable :iort, que de se détourner de l’invisible, ou de le = ier. Cette attitude conduit dans certains cas l’homme «u désespoir en lui ôtant toute espérance de connaître l’invisible. Cette mort et ce désespoir sous leurs formes multiples sont les ennemis de l’occultisme dans la vie de l’âme. Quand ils apparaissent, la force interne de l’homme se dissipe. S’il veut posséder un peu de force vitale, il faut qu’il la cherche dans le monde extérieur. Il perçoit les choses, les êtres, et les phénomènes qui tombent sous ses sens : il les analyse avec son entendement. Ils lui procurent la joie et la tristesse, et le poussent aux actions dont

il est capable. Il peut continuer un temps ce genre (Inactivité, mais il arrive un moment où il meurt à la vie intérieure. Car les forces que l’homme puise à l’extérieur, s’éteignent. Ce n’est pas là une assertion fondée sur une expérience individuelle : c’est le résultat d’une observation sincère de toute existence humaine. Ce qui empêche l’extinction des forces, c’est l’énergie cachée au plus profond des choses. Si l’homme laisse mourir en lui la force qui lui eût permis d aller chercher au cœur de l’être une énergie sans cesse renaissante, les éléments extérieurs finissent par ne plus rien lui fournir.

11 ne s’agit pas là uniquement du soi't heureux ou malheureux de l’individu. L’occultisme vient précisément donner à l’homme la certitude, que, considérés d’un point de vue plus élevé, le bien ou le mal de l’individu est étroitement solidaire du bien ou du mal de l’univers entier. 11 existe pour l’homme une méthode qui lui permet de reconnaître qu’il porte préjudice au monde entier et aux êtres qui le constituent, s’il ne développe pas ses forces comme il convient. Quand l'homme, en perdant tout contact avec l’invisible, laisse son énergie vitale s’atrophier, il ne se contente pas de détruire en lui une force dont la perte le conduira un jour au désespoir : il dresse en outre par sa faiblesse un obstacle à l’évoliitioi normale du Cosmos où il vit.

Mais l’homme peut se faire illusion, il peut s’abandonner à la croyance que le ressort caché des choses n’existe pas, et que toute réalité est contenue dans la réalité sensible qui tombe sous ses sens et son entendement. Cette illusion demeure superficielle, et ne saurait atteindre les couches profondes de la conscience. Le sentiment et le désir ne sont pas ju

gulés par cette croyance trompeuse. Ils aspirent toujours à la connaissance de l’invisible. Lorsque cette possibilité leur est enlevée, ils acculent Thomme au doute, à Tincertitude, et finalement au désespoir. L’occultisme qui nous découvre le monde caché nous apprend à triompher de cette détresse, de cette incertitude, de ce désespoir, en un mot de tout ce qui affaiblit la vie de Tindividu et rempêche de jouer son rôle dans révolution générale.

C^est le fruit le plus précieux de la science occulte que de donner à la vie la force et l’assurance, au lieu de satisfaire uniquement la curiosité humaine. La source à laquelle l’occultiste va puiser la force et la confiance, est intarissable. Quiconque est une fois parvenu jusqu’à cette source pourra y re venir aussi souvent qu’il le voudra ; il s’en retournera toujours fortifié dans l’existence.

Il y a des hommes qui ne veulent rien savoir de l’occultisme, parce qu’ils estiment que c’est une occupation malsaine. Si l’on regarde la vie superficiellement, ces gens ont entièrement raison. Ils ne veulent pas voir s’atrophier ce qui représente pour eux la réalité de l’existence. Il leur semble une faiblesse de se détourner dés choses réelles pour chei"cher leur salut dans un monde caché, qu’ils considèrent comme une pure imagination. L’occultisme qui ue veut pas tomber dans des rêveries maladives et débilitantes, doit reconnaître ce qu’il y a de bien fondé dans ces objections. Elles reposent sur un jugement sain, qui verrait toute la vérité s’il pénétrait dans le fond des choses, au lieu de demeurer à leur surface. Si l’occultisme était vraiment de nature à affaiblir la force de vivre et à détourner l’homme de la réalité, les objections que nous venons de signa-

1er pourraient bien ébranler cette doctrine. Même contre ces opinions Toccultisme aurait tort de présenter son apologie au sens banal du mot. 11 doit laisser parler pour lui son propre enseignement, et ce qu’il donne à celui qui s’y adonne : la force et l’énergie dans l’existence. Au lieu d’affaiblir l’homme, il le fortifie, en l’armant non seulement des énergies puisées dans le monde manifesté, mais aussi de celles qui procèdent du monde occulte, dont le manifesté n’est que l’expression. Il signifie l’enrichissement et non l’appauvrissement de la vie. Le véritable occultiste n’est pas un ennemi du monde : c’est un homme qui aime la réalité, puisqu’au lieu de jouir du monde invisible comme d’un rêve lointain et mystérieux, il enrichit l’univers sensible de forces toujours nouvelles, qu’il puise aux sources invisibles qui ont créé et qui continuent à féconder la nature.

Bien des obstacles se dressent devant l’homme qui entreprend l’étude de l’occultisme. En voici un : c’est que dès les premiers pas il se trouve effrayé d’être mis au courant des détails minutieux qui concernent un milieu avec lequel il doit se familiariser à force de patience et d’abnégation. On lui enseigne une foule de choses sur l’être humain, sur des phénomènes précis du monde dont la mort nous ouvre les portes, sur l’évolution humaine et terrestre, sur le système solaire. Lui qui avait espéré pénétrer d’un bond dans le monde hyperphysique, il se dit : (c On m’offre là une nourriture pour mon esprit, non de quoi réchauffer mon âme. Je cherche à approfondir mon être et à me trouver en moi-même. Ce que je poursuis, c’est ce qui conduit l’âme dans sa propre jDatrie, ce qui l’élève au niveau de la divinité et non des communications relatives à l’être humain

et à révolution cosmique. » Ceux qui parlent ainsi ne se doutent pas qu’en s’abandonnant à ces sentiments ils se ferment précisément l’accès de ce qu’ils cherchent. C’est seulement en approfondissant en toute liberté d’examen, mais avec une patiente dévotion, les enseignements dont l’esprit se nourrit qu’ils trouveront la satisfaction dont leur âme est altérée. Le chemin qui conduit l’âme à l’union avec le divin, est celui qui lui ouvre la connaissance des œuvres de Dieu. La compréhension des créations de l’Esprit est le levier grâce auquel l’âme s’élève.

Aussi le début de l’occultisme consiste-t-il dans les enseignements relatifs aux domaines du monde spirituel. C’est par ces descriptions que commence cet ouvrage. Ce qu’il y a en l’homme de mortel ou d’immortel apparaîtra en pleine lumière, si l’on étudie sa place dans le milieu où il évolue.

Nous passerons ensuite aux moyens d'éveiller les facultés latentes qui permettent à l’homme de pénétrer lui-même dans le monde hyperphysique. Nous ne dirons de ces moyens que ce qu’il est permis d’en publier. Il pourrait paraître plus naturel de commencer par l’étude de ces moyens : la première chose, pourrait-on croire, est de faire connaître à l’homme les moyens de s’élever par ses propres forces à la contemplation des régions supra-sensibles. Beaucoup diront : « A quoi bon les enseignements des autres sur les mondes supérieurs ; je veux les observer moi-même. » Mais l’occultisme est ainsi fait que ^ pour observer avec fruit les mystères du monde caché, la connaissance préalable de certains faits occultes est indispensable. On verra pourquoi il en est ainsi au cours de cet ouvrage : quant à ces vérités que l’occultiste enseigne avant de parler des moyens

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de les vérifier, il serait inexact de croire qu’elles exigent pour être comprises l'emploi de la clairvoyance qui résulte de répanouissement des facultés latentes. Ce n’est pas le cas. Les investigations dans le monde hyperphysique demandent la clairvoyance : sans elle on ne peut découvrir les réalités supérieures. Mais une fois découvertes, leur description est de nature à entraîner la conviction de tout homme qui les examine et les juge sans parti pris. Si l’on vient prétendre qu’on ne peut les comprendre, ce n’est pas parce que la clairvoyance fait défaut : c’est que l’on n’a pas encore mis en activité ces forces de la connaissance, qui sont le propre de l’homme en dehors de toute clairvoyance,

La méthode moderne consiste précisément à présenter les résultats des investigations occultes sous une forme telle qu’ils satisfassent pleinement la raison. Si Ton élimine tout préjugé, on peut acquériiv «ans la clairvoyance, une conviction profonde. D’aucuns estimeront peut-être que le mode de présentation employé dans cet ouvrage contraste avec les formes habituelles de leur entendement : cette objection tombera s’ils poussent jusqu’à leurs dernières conséquences leurs modes habituels de raisonnement.

Lorsque l’homme, en perfectionnant sa pensée normale s’est assimilé et a adopté un certain nombre de vérités occultes, le moment est venu pour lui d’appliquer à sa propre personnalité les méthodes d’investigation occulte qui ouvrent le chemin des mondes invisibles.

En examinant les choses en esprit et en vérité, un savant ne trouvera aucune contradiction entre les procédés Je la recherche supra-sensible, et sa science

fondée sur les phénomènes perceptibles aux sens physiques. Le savant se sert de méthodes et d’instruments, élaborés avec les éléments que la nature lui fournit. L’occultiste lui aussi se sert d’un instrument : cet instrument est l’homme même. Il faut qu’il soit construit en vue de l’investigation supérieure. Il lui faut transformer en pouvoirs plus hauts les facultés et les forces que la nature a déposées en lui. C’est ainsi que l’homme fait de lui-même l’instrument de ses recherches dans le monde invisible.

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