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CHAPITRE II

L’IÎTRE HUMAIN

Dans son examen de l’être humain, l’occultisme manifeste dès le début ce qui est sa caractéristique générale. Il repose sur la reconnaissance d’une réalité cachée derrière les phénomènes accessibles aux sens extérieurs et à l’entendement qui élabore leurs données. Or, ces sens et cet entendement ne sauraient atteindre qu’une portion de ce que l’occultisme dévoile de l’être humain, la portion qu’il nomme le corps physique. Pour éclairer son concept du corps physique l’occultisme dirige tout d’abord l’attention sur une manifestation dont le mystère étend comme un voile sur toute étude delà vie : la mort, et en corrélation avec la mort, la nature que l’on appelle inanimée, le règne minéral. Ce sont là des réalités dont l’occultisme assume la charge de fournir une explication et auxquelles une importante partie de cet ouvrage est consacrée. Mais auparavant orientons-nous par quelques considérations générales.

L’occultisme appelle corps physique cette partie de la manifestation par laquelle l’homme ressemble

l/ÊTRE HUMAIN

au règne minéral. Tout ce qui diffère par ses caractères du règne minéral ne saurait faire partie, à son point de vue, du corps physique. Un fait domine, aux yeux de Toccultiste, c'est que la mort retranche de l’être humain, ce qui en lui est d’essence semblable au minéral. Le cadavre est composé d’éléments que les minéraux nous présentent sous une forme identique. Nous affirmons avec force que dans cette partie de l’être humain que nous regardons comme corps physique et dont la mort fait un cadavre sont agissantes les mêmes forces et les mêmes substances que dans le règne minéral ; mais nous affirmons de même que la mort pour cet élément physique de l’homme signifie la destruction. Sans doute, disonsnous, il existe dans le corps physique les mêmes substances et les mêmes forces que dans le règne minéral: mais leur activité pendant la vie est soumise à une puissance qui leur est supérieure : c’est à l’instant de la mort seulement que, livrées à ellesmêmes, elles se comportent comme il leur est naturel de se comporter, c’est-à-dire qu’elles agissent en forces destructrices de l’élément physique.

Ainsi la distinction est grande dans l’honime entre le sensible et le caché : c’est cet élément caché qui, pendant la vie, mène un combat de tous les instants contre les forces et les substances du règne minéral.

Et voilà le point où l’occultisme intervient. Sa tâche est de définir l’essence qui mène cet incessant combat. Cette essence est cachée à l’observation des sens : elle n’est accessible qu’à la seule clairvoyance. Comment l’homme arrive-t-il à rendre cette réalité cachée aussi visible que peuvent l’être pour les yeux ordinaires les phénomènes sensibles ^ C’est ce que nous étudierons plus loin, au cours de cet ouvrage.

Pour le moment nous commencerons par décrire ce qui s’offre à la perception clairvoyante, et cela pour une raison que nous avons déjà indiquée : c’est que tout enseignement sur les moyens de parvenir à cette clairvoyance est sans valeur, s’il n’est précédé d’une description des réalités qui se découvrent à la recherche occulte. Dans ce domaine il est possible de comprendre avant d’être à même de percevoir : et la vraie voie qui mène à la vision personnelle est celle qui commence par la compréhension.

Si l’élément humain qui lutte dans le corps physique contre les forces de destruction n’est accessible qu’à la vision supérieure, ses effets sont évidents pour tout jugement sain, même borné à Tobservation sensible. Et ces effets s’expriment par la forme ou structure que conserve durant la vie l’agencement des forces et des substances minérales. Cette forme disparaît progressivement et le corps physique se perd dans le règne minéral quand la mort est survenue. Le clairvoyant peut observer comme un élément distinct dans l’entité humaine, ce qui pen dant la vie empêche les substances minérales d’agir suivant leurs lois propres, c’est-à-dire pour la destruction du corps physique. Tl nomme cet élément distinct corps étherique ou corps Pour éviter que

ces appellations puissent créer des malentendus, faisons aussitôt deux remarques. Nous employons ici le mot éther dans un autre sens que les physiciens de nos jours, qui donnent ce nom au milieu où se propage la lumière. En occultisme le mot correspond à la définition précise que nous avons donnée: c’està-dire l’élément, invisible à la perception extérieure

1. Comme od le verra par la suite, on peut également le qualifier Je corps dynamique. (N. d. T.)

l’être humain

autrement que dans ses effets, qui maintient en une forme définie l'ensemble des matériaux d’essence minérale dont est composé le corps physique. Remarquons en second lieu que le mot « corps » ne doit pas être compris de travers. On est bien forcé d’employer pour les réalités supérieures les mots de la langue usuelle, mots forgés pour exprimer les phénomènes perçus par l’observation des sens. Le mot « corps éthérique » n’implique rien de ce qu’on pourrait appeler corporel au point de vue des sens, quelque subtil qu’on puisse l’imaginer.

Dès que l’occultiste en arrive à mentionner ce corps éthérique, il se heurte aux objections de mainte conception contemporaine. Grâce à l’évolution de l’esprit humain, le seul fait de parler d’un élément humain de ce genre semble à notre époque antiscientifique. Le matérialisme ne veut voir dans un corps vivant qu’une combinaison de forces et de substances analogues à ce qu’il rencontre chez les corps dits inanimés, chez les minéraux, et qui n’en différerait que par un degré supérieur de complication. Il n’y a pas longtemps que d’autres idées se rencontraient même dans la science courante. On se rend compte en lisant les écrits qui remontent à la première moitié du dix-neuvième siècle qu’à cette époque plus d’un naturaliste ou physicien de bon aloi soupçonnait dans le corps physique la présence d’un élément différent du pur minéral. On parlait alors de (c force vitale ». A vrai dire on ne la représentait pas sous la forme que nous avons appelée « corps de vie » : mais son évocation prouve bien qu’il existait chez ces savants une idée vague de cet élément. On imaginait qu’elle venait s’adjoindre aux particules physiques de la même manière que la force magné-

tique s'unit au fer dans l’aimant. Puis vint le temps où la science bannit cette hypothèse, et voulut se contenter en tout et pour tout des seuls corps physiques et chimiques. Actuellement il y a chez maint penseur une sorte de retour en arrière, et plus d’un concède que l’admission d’une semblable « force vitale » n’est pas un absolu non-sens. Mais le savant même qui admet l’idée de cette force ne voudra pas faire cause commune avec l’occultiste sur la question du « corps de vie » et en règle générale il est parfaitement inutile pour l’occultiste d’entrer dans des controverses sur ces sujets. Il fait bien mieux de reconnaître que la conception matérialiste est l’accompagnement normal du grand progrès scientifique accompli à notre époque, et qui repose tout entier sur le perfectionnement des moyens d’observation sensible. Et il est dans la nature de l’homme qu’il ne saurait développer jusqu’à la perfection certaines facultés qu’aux dépens des autres. L’observation précise que la science a si remarquablement fait évoluer, devait forcément laisser dans l’ombre la culture d’autres qualités, de celles justement qui donnent accès dans les mondes cachés. Mais le temps est venu où la culture de ces dernières est nécessaire. Le moyen de faire reconnaître la réalité cachée est de la présenter sous son vrai jour et non pas de partir en guerre contre ceux qui, en la niant, restent parfaitement logiques avec eux-mêmes. Ceux pour qui « le temps est venu » sauront bien la reconnaître.

Ces remarques étaient nécessaires pour éviter que l’on pût reprocher à l’occultisme d’ignorer la science, en parlant d’un corps éthérique, ce qui dans bien des milieux apparaît comme une pure imagina-

l’être humain

Ainsi ce corps éthérique représente un deuxième org’anisme de l’étre humain. Il offre aux yeux du clairvoyant une réalité plus intense que le corps physique. Nous ne décrirons son aspect extérieur que dans une autre partie de cet ouvrage, lorsque sera bien clair le sens qu’il faut attribuer à ces sortes de descriptions. Contentons-nous de dire ici qu’il pénètre de toutes parts le corps physique, dont il faut le regarder en quelque sorte comme l’architecte. Tous les organes physiques sont maintenus dans leur forme et dans leur structure grâce aux courants et aux mouvements du corps éthérique. Au cœur physique correspond un cœur éthérique, au cerveau physique un cerveau éthérique. Mais alors que dans le corps physique les parties sont distinctement séparées, au contraire tous les éléments éthériques sont entraînés dans le remous vivant d’une incessante circulation.

De même que le corps physique est commun à l’homme et aux minéraux, de même le corps éthérique est commun à l’homme et aux végétaux. Tout ce qui vit possède un corps éthérique.

i^artant du corps éthérique l’occultisme s’élève à la considération d’un organisme qui constitue un nouvel élément de l’entité humaine. Il se sert, pour expliquer cette conception, des phénomènes du sommeil, comme il s’est servi du phénomène de la mort pour donner une idée du corps éthérique.

Toute œuvre humaine repose, extérieurement du ^ moins, sur l’activité de l’homme à l’état de veille. Cette activité est possible parce que l’homme trouve dans le sommeil la reconstitution de ses forces épuisées. Action et pensée, joie et douleur disparaissent dans le sommeil. Au réveil l’homme se trouve muni de forcés conscientes, jaillies mystérieusement des

LA SCIENCÏ OCCULTE

sources profondes de rinconscieiit. C'est la même conscience qui pendant le sommeil disparaît dans un abime, et qui surgit à nouveau au réveil. L'élément qui, d'après Toccultisme, ressuscite la vie consciente du domaine de l'inconscient, est le troisième organisme de l’entité humaine. On le nomme corps astral K

De même que le corps physique conserve sa forme non par les substances minérales qui le composent, mais bien grâce au corps éthérique qui le pénètre, de même les forces du corps éthérique ne sauraient créer en elles-mêmes la lumière de la conscience. Un corps éthérique livré à lui-même serait dans un état permanent de sommeil et entretiendrait dans le corps physique une vie purement végétative. Un corps éthérique éveillé est un corps éthérique illuminé par l'astral. Pour robser\^ation des sens le corps astral cesse d'agir quand l’homme s'endort. Mais pour l'observation clairvoyante il reste présent, quoiqu'il apparaisse comme séparé et pour ainsi dire soulevé hors iu corps éthérique. Car l'observation extérieure ne connaît du corps astral que ses effets dans le domaine de la manifestation. Ces effets n'existent pas pendant le sommeil. Comme le corps physique est commun à l'homme et aux minéraux, le corps éthérique commun à l’homme et aux végétaux, de même le corps astral de l'homme l'apparente aux animaux. Les plantes sont plongées dans un sommeil éternel. Une réflexion insuffisamment profonde peut seule attribue?- aux plantes une

1. Pour que les multiples aspects des organismes humains soient sans cesse présents à l’esprit du lecteur, nous avons varie les appellations que l’on peut donner à deux d'entre eux, les corps astral et éthérique. C'est ainsi que nous donnons indifféremment au corps astral lesnoms de corps animique, psychique et émotionnel ; au corps éthérique les noms de corps vital et dynamique, chacun de ces noms exprimant réellement une qualité ou une activité du corps qu il dé signe. (N. d. T.) *

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l’être humain

sorte de conscience analogue à celle que possèdent à Tétât de veille les hommes et les animaux. C^est le fait d’une représentation inexacte. Lorsque la plante, dit-on, est l’objet d'une excitation extérieure, on remarque certains mouvements chez elle comme chez les animaux. Et Ton parle aussitôt de la sensibilité de certaines plantes, par exemple de celles qui, sous certaines influences, rétractent leurs feuilles. Or, ce n’est nullement chez un être le signe d’une conscience réelle que de répondre à certaines actions par une réaction appropriée. Conscience signifie expérience intérieure s'ajoutant comme un nouveau phénomène à la pure réaction. Sinon pourquoi ne pas parler de conscience lorsqu’un morceau de fer se dilate sous Tinfluence de la chaleur ? La conscience n’existe que lorsque la chaleur produit dans Têtre intérieur une sensation de douleur.

Le quatrième élément de Thomme d’après l’occultisme est un élément qui ne se rencontre p<.s dans le monde manifesté qui l’entoure. Il est son signe distinctif au regard de ses compagnons d’existence, ce qui fait de lui le couronnement des créatures de sa lignée d’évolution. Pour représenter la nature de ce quatrième élément humain, l’occultisme établit une classification dans les expériences de Têtre humain à l’état de veille. Pour apprécier cette différence, il faut prendre garde que Thomme à Tétat de veille est le théâtre d’expériences multiples, dont les unes vont et viennent par Teîfet de la nécessité, tandis que d’autres ne sont pas soumises à la même loi. Cette distinction devient claire lorsqu’on compare les expériences humaines à celles des animaux. L’animal éprouve avec une régularité parfaite les influences du monde extérieur ; il ressent de toute

nécessité la douleur ou le plaisir, sous Faction du froid et du chaud, la faim ou la soif sous Faction de certains phénomènes organiques successifs. Mais la vie intérieure de Fhomme ne se borne pas à de telles expériences. Il peut développer en lui des passions ou des désirs qui dépassent de beaucoup ce cercle. Chez Fanimal une recherche suffisamment patiente arriverait dans tous les cas à retrouver dans le corps ou hors du corps la cause déterminante d'uné action ou d’une sensation. Il n’en est nullement ainsi pour Fhomme. Il peut donner naissance à des vœux ou à des désirs dont on ne saurait trouver de raison suffisante dans son corps ou en dehors de son corps. Tout ce qui rentre dans ce domaine doit avoir une source particulière. Et cette source on la trouve dans ce que l’occultiste appelle le « Moi » humain. Ainsi Fon considère le Moi comme le quatrième élément de l’être humain.

Si le corps astral était abandonné à lui-même, les sentiments de plaisir et de douleur, de faim et de soif s’y dérouleraient assurément : mais ce qui ne saurait s’y produire, c’est une sensation, c’est une réalité permanente dans cet écoulement de phénomènes. Ce n’est pas l’élément permanent, comme tel que nous définissons sous le nom de Moi, mais c’est l’être qui éprouve le sentiment de ce permanent. 11 faut dans ce domaine préciser rigoureusement chaque concept si Fon veut éviter des malentendus. Avec la constatation d’un élément durable,— permanent dans le défilé des expériences, — commence à naître la conscience du Moi. Ce n’est pas parce qu’un être a faim, qu’il possède cette conscience du Moi. La faim s’empare de cet être quand les conditions de ce phénomène sont données à nouveau : et il s’élance sur sa nourri-

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ture poussé précisément par ces conditions nouvelles. La conscience du Moi existe seulement lorsque ce ne sont plus ces conditions nouvelles qui entraînent Têtre à la recherche de sa pâture, mais bien un désir, né de la satisfaction antérieure de l’appétit, désir dont la conscience est demeurée en lui : de sorte que ce n’est pas l’expérience actuelle de la faim, mais bien Vexpérience passée de l’appétit satisfait qui le pousse à se repaître.

Gomme le corps physique meurt quand l’éthérique ne maintient plus sa cohésion, comme l’éthérique tombe dans l’inconscience quand l’astral ne l’éclaire plus, de même l’astral ne peut que laisser tomber le passé dans Voubli si le Moi ne s’en empare pour le conserver au présent. Oublier est pour [ l’astral ce que mourir est pour le physique et dor- j mir pour l’éthérique. On peut aussi dire que Tapa- { nage du corps éthérique est la vie^ l’apanage du corps astral la conscience et le bien propre du Moi la mémoire.

Plus aisée que l’erreur d’attribuer aux plantes la conscience est celle d’accorder à l’animal la mémoire.

Il est si naturel de parler de souvenir quand le chien reconnaît son maître qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Mais en vérité cette reconnaissance repose non sur la mémoire, mais sur un phénomène tout différent. Le chien éprouve une certaine attraction vis-àvis de son maître, attraction due à la nature même de ce dernier. Cette nature même cause au chien une joie chaque fois que son maître est présent. Et chaque fois que cette présence se renouvelle, se renouvelle naturellement aussi la même joie. Mais il n’y a souvenir que si un être est ému, non seulement par ses expériences présentes, mais par celles qu’il a conser*

vées du passé. A vrai dire, on pourrait, tout en faisant cette concession, demeurer dans l’erreur que le chien possède le souvenir. On pourrait dire ceci : le chien s’afflige lorsque son maitre l’abandonne ; c’est donc qu’il en conserve le souvenir. C’est là également une conclusion inexacte. Par la vie en commun avec son maître, le chien ressent le besoin de sa.présence; par suite il en éprouve l’absence tout comme il éprouverait le sentiment de la faim. Il faut faire ces distinctions pour arriver à concevoir les conditions de l’existence sous leur vrai jour.

Le souvenir et l’oubli sont pour le Moi des phénomènes équivalents à ceux de la veille et du sommeil pour le corps astral. De même que le sommeil fait disparaître dans un néant les soucis et les inquiétudes du jour, de même l’oubli étend un voile sur les expériences fâcheuses de la vie et éteint ainsi toute une portion du passé. Et comme le sommeil est nécessaire pour répai’er les forces vitales épuisées, de même il faut que l’homme efface de son souvenir certaines parties de son passé afin de pouvoir aborder les expériences nouvelles, libre et sans prévention.

C’est justement grâce à la faculté d’oubli qu’il trouve la force de percevoir les phénomènes nouveaux. Songez par exemple au travail d’apprendre à écrire. Tous les détails que l'enfant doit s’assimiler pour apprendre à écrire, il les oublie. Ce qui lui reste, c’est la faculté d’écrire. Comment écrirait l’homme, s’il lui fallait à chaque fois qu’il prend la plume se remémorer toutes les expériences qu’il a dù traverser pendant qu’il poursuivait cette étude ?

Il y a dans le souvenir plusieurs étapes, plusieurs degrés. La forme la plus rudimentaire du souvenir

l’être humain

est la représentation que garde Thoînme après s’être détourné de Tobjet qu’il vient de percevoir. Cette représentation s’est édifiée en lui-même pendant qu’il percevait l’objet en question. Un phénomène s’est produit auquel ont collaboré son corps astral et son Moi. Le corps astral a fait passer l’impression extérieure à l’état conscient. Mais la connaissance de I objet ne durerait pas plus longtemps que sa présencCy si le Moi n’était là pour recueillir cette connaissance et se l’approprier.

C est à ce point précis que l’occultisme distingue entre ce qui est corporel et ce qui est du domaine de 1 âme. Aussi longtemps qu’il s agit de connaître un objet présent, c’est le corps astral qui fonctionne. Mais I élément humain qui confère à la connaissance sa durée est Vàme, On voit tout de suite combien est étroite 1 union dans l’homme entre le corps astral et cette partie de Tàme qui confère à l’expé rience sa permanence dans l’être. Tous deux forment en quelque sorte un organisme unique dans l’être humain* Aussi, SI l’on veut des dénominations précises, doit-on appeler le corps astral de l’homme corps aniinique et 1 ame, âme-sensibilité dans la mesure où elle est unie à ce corps.

Le Moi s élève d’un degré lorsqu’il dirige son activité sur le résultat des perceptions extérieures dont il a fait son bien. Cette activité est celle, grâce à laquelle le Moi s’abstrait de plus en plus des objets de la perception pour élaborer ce qu’il s’en est assimilé. La partie de l’âme où s’accomplit ce travail peut s’appeler âme-raison ou entendement.

Ces deux activités de l’àme, sensibilité et raison, ont pour objet d’élaborer les matériaux dus à la perception des objets extérieurs et conservéîj?^*t^Pjf^j^mémoire

L’âme clans ce travail est confinée dans ce qui lui est venu de l’extérieur. Car ce qu’elle s’est assimilé par la mémoire vient comme le reste de l’extérieur. Mais l’activité de l’âme peut s’élever à de plus hauts objets. L’occultisme peut donner une idée de cet essor en se référant à un fait d’expérience très simple qu’il suffit de comprendre dans toute sa signification : c’est qu’il y a dans la langue humaine un mot qui par son essence se distingue de tous les autres : nous voulons dire le mot : Moi. Les autres mots peuvent être appliqués à l’objet qu’ils représentent partout individu. Le mot « Moi » applicjué à un être n’a de sens que s’il lui est appliqué par cet être lui-même. Jamais le mot (c Moi » ne peut venir de l’extérieur frapper une oreille humaine : l’être seul peut l’employer à se désigner soi-même. Je suis un « Moi » pour moi seul : pour tout autre je suis un « toi » et tout autre est pour moi-même un «toi ». Ce fait est l’expression sensible d’une vérité profonde. L’essence réelle du Moi est différente de tout objet extérieur : c’est pourquoi aucun être étranger à lui ne saurait prononcer son nom en s’adressant à lui. Les confessions religieuses qui ont su maintenir leur lien avec l’occultisme appellent le mot Moi « le nom inexprimable de Dieu », locution qui interprète notre pensée même. Aucune force extérieure ne saurait avoir accès à cette portion de l’âme humaine que nous considérons actuellement. C’est ici le « sanctuaire caché » de l’âme et seul un être peut y pénétrer dont l’essence est semblable à celle de l’âme même. « Le Dieu qui habite dans l’homme se révèle quand l’âme se reconnaît comme Moi ». De même que l’ame-sensibilité et l’âme-raison vivent dans le monde extérieur, ainsi la troisième activité de l’âme plonge dans le monde

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divin, en tant qu’elle s’élève à la conscience de son essence propre.

On pourrait aisément se méprendre sur notre pensée et croire que l’occultisme considère le Moi comme « un )) avec Dieu. Il ne dit pas que ce Moi est Dieu, mais qu’il est de même essence que Dieu. Prétendon que la goutte d’eau échappée de l’océan soit l’océan même, quand on dit qu’elle est un composé de même substance que l’océan? Si l’on veut employer une comparaison, on dira que le Moi est à Dieu dans le même rapport que la goutte d’eau et l’océan. L’homme peut trouver en soi un élément divin parce que la racine même de son être est venue du divin. Ainsi par la troisième activité de son âme l’homme acquiert une connaissance intérieure de soi-même comme il acquiert par le corps astral une connaissance du monde extérieur. Aussi l’occultisme nomme-t-il ce troisième aspect de l’âme, âme-conscience^ et d’après lui l’âme se répartit ainsi en trois fonctions : âme-sensibilité, âme-raison et âme-conscience, comme l’élément corporel en trois parties : le corps physique, l’éthérique et l’astral.

C’est dans l’âme-conscience que se révèle la nature propre du « Moi ». Car tandis que l’âme dans ses activités de perception et de raison s’adonne à d’autres objets, au contraire elle pénètre comme âmeconscience dans sa propre essence. Aussi ce « Moi » ne peut-il être perçu par râme-conscience que grâce à une activité intérieure toute spéciale. Les représentations des objets extérieurs se forment d’après les allées et venues de ces objets extérieurs, et sont élaborées par rentendement grâce à leur force propre. Mais pour que le « ]Moi » se perçoive lui-même, il ne suffit pas qu’il se licve^ il faut

extraire de ses profondeurs sa substance propre par son activité propre pour en avoir ainsi conscience. Avec la perception du Moi, la soi-conscience, commence l’activité intérieure du Moi. Grâce à cette activité la perception du Moi dans ràme-conscience a pour l’homme une tout autre signification que l’observation de tous les objets qui pénètrent jusqu’à lui par les trois éléments corporels et par les deux autres fonctions de l’âme. La force qui manifeste le Moi dans l’âme-conscience est assurément la même force qui s’exprime dans le reste de l’univers. Toutefois dans le corps et dans les fonctions inférieures de l’âme, elle ne se manifeste pas immédiatement, mais bien par des activités qui lui servent de chaînons intermédiaires. La plus basse manifestation s’élève échelon par échelon jusqu’à celle qui a pour théâtre l’entendement. On peut dire qu’à chaque échelon tombe eu quelque sorte un des voiles qui enveloppent la réalité cachée. Dans l’âme-conscience la réalité cachée pénètre pour ainsi dire nue et sans Amiles dans le sanctuaire intérieur de l’âme. Elle y apparaît comme une goutte détachée de l’océan de l’uaiverselle réalité originelle. Mais c’est pourtant là que l’homme doit tout d’abord la saisir, cette réalité originelle. Il doit la reconnaître de soi-même avant de la découvrir dans l’univers qui la manifeste.

Cette réalité qui comme une goutte d’eau pénètre dans l’âme-conscience, l’occultisme la nomme esprit. Ainsi l’âme-conscience est reliée à l’Esprit, ou réalité cachée de toute manifestation. Si l’homme veut maintenant saisir l’Esprit en toutes choses, il doit procéder de la même manière que pour saisir le Moi dans l’âme-conscieuce. Il doit étendre à l’univers manifesté l’activité qui l’a conduit à la perception du

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Moi. Et c’est là qu il évolue vers des manifestations plus hautes de son être. Aux éléments corporels et animiques il en adjoint d’autres grâce à cette activité supérieure. La première étape consiste à conquérir la réalité cachée dans les portions supérieures de l’âme : il y parvient grâce à un travail du Moi sur râine. On peut comprendre la nature de ce tra vail de l’homme, si l’on compare un individu tout entier adonné à la sensualité et aux passions inférieures à un idéaliste élevé. Le second peut sortir du premier si celui-ci renonce à certains instincts terre-à-terre pour s'appliquer à des inclinations plus hautes. 11 a agi par la vertu du Moi de façon à spiritualiser et à ennoblir son âme. Le Moi est devenu le maître dans la vie animique. Ce progrès peut aller assez loin pour qu’aucun désir, aucune passion ne pénètre dans l’âme sans que le Moi soit la puissance qui lui en ouvre la porte. De la sorte Tâme entière devient l’expression du Moi, ce qui n’était auparavant le cas que pour l’âme-conscience.

Au fond toute civilisation et tout effort spirituel de l’homme consiste en un travail qui a pour but la maîtrise du Moi. Et tout homme actuellement vivant est entraîné à ce travail, qu’il le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou non.

Mais par ce travail, l’activité s’élève jusqu’à des degrés plus hauts de l’être humain. Cette activité fait évoluer en l’homme des organismes nouveaux. Ces organismes ont pour base la réalité cachée derrière la manifestation. Lorsque par le travail que le Moi accomplit sur la substance animique l’homme est devenu maître de cette substance de telle sorte que l’âme voit surgir en elle la réalité que cachait sa forme manifestée, il peut étendre ce travail à un

autre domaine: le corps astral. Ainsi le Moi se rend maître à son tour de ce corps astral en s^unissant avec la substance spirituelle latente dans ce corps. Ce corps astral conquis par le Moi et transforme par lui s’appelle en occultisme le Moi-Spirituel (c’est là l’organisme que la théosophie désigne par le mot oriental Manas). Le Moi-Spirituel constitue une réalisation supérieure de l’être humain qui existe en tout temps à l’état de germe chez l’individu et qui surgit progressivement au cours de son travail d’évolution.

De même que l’homme se rend maître de son corps astral en pénétrant jusqu’aux forces cachées qu’il recouvre, de même il peut transfigurer au cours de l’évolution son corps éthérique lui aussi, mais le travail sur la matière éthérique est plus intense que dans l’astral, car le substratum de Téthérique est voilé deux fois de matière, tandis qu’un seul voile recouvre l’astral. L’occultisme peut donner une idée de la différence qui sépare ces deux stades en se référant à certains changements qui surviennent chez l’homme dans le cours de son évolution. Songeons, tout d’abord, comment se développent certaines qualités morales de l’homme pendant que le Moi travaille à transformer l’âme; comment se métamorphosent le désir et la passion, la joie et la douleur. Reportons-nous au temps de notre enfance. Quels étaient alors les objets qui provoquaient en nous la joie et la souffrance? Quelles connaissances nouvelles avonsnous acquises en plus de ce que nous savions à cette époque? Toute notre évolution s’exprime par la domination croissante du Moi sur le corps astral. Car c’est ce corps qui est le siège du plaisir et du déplaisir, de la douleur et de la joie. Comparons par contre

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avec ces changements le caractère pour ainsi dire immuable de certaines autres qualités ou dispositions, qui constituent le tempérament deThomme, les traits les plus profonds de sa personnalité. Un enfant impatient ne conserve-t-il pas dans son évolution ultérieure, du moins en grande partie, la même disposition ? La chose est si claire qu'il y a des philosophes qui nient absolument toute possibilité de transformer le caractère d’un homme ; ils admettent qu'il y a chez tout être une physionomie morale qui persiste à travers le cours de toute son existence, un élément permanent qui se manifeste de manières multiples. Mais ce jugement repose sur un défaut d'observation. Pour celui qui est à même de percevoir ces choses, il est évident que le caractère et le tempérament se modifient eux aussi, sous l’influence du Moi. Assurément cette transformation, comparée aux modifications qui surviennent dans les dispositions superficielles dont nous avons parlé plus haut, se distingue par une lenteur remarquable. On peut comparer ces deux ordres de changement pour leur vitesse relative au mouvement de la petite aiguille d'une pendule par rapport à celui de la grande aiguille. Les forces qui permettent cette transformation du caractère et du tempérament résident dans le domaine caché du corps éthérique ; elles sont de même nature que les forces qui régissent les lois vitales, c'est-à-dire tout le domaine de la croissance, de la nutrition et de la reproduction. La suite de cet ouvrage les placera en pleine lumière.

Ainsi, ce n’est pas en se livrant simplement à la joie et à la douleur, au plaisir et à la peine que le Moi travaille à transformer le corps astral, mais au contraire, en modifiant dans leur caractère propre

ces états d’âme ; et de même, c’est seulement quand le Moi consacre ses soins à transformer ses traits de caractère, qu il étend son activité au corps éthérique. Et il est également vrai que tout homme, consciemment ou non, accomplit une partie de cette œuvre. Les instincts les plus puissants qui, dans la vie ordinaire coopèrent à ce travail, sont les sentiments religieux. Lorsque le Moi se laisse influencer par les inspirations qu’il trouve dans la religion, ces inspi^ rations finissent par former en lui une force qui agit profondément sur le corps éthérique et le modifie, de la même manière que des inspirations moins fortes agissent sur le corps astral dans le cours de Texistence. Ces inspirations moins fortes que l'homme trouve dans l’étude, la réflexion et l’affinement des sentiments, sont caractérisés par la variété et la multiplicité ; au contraire, les inspirations religieuses impriment à la pensée, au sentiment et à la volonté la marque de l’unité. Elles répandent progressivement dans toute la vie de l’âme la clarté harmonieuse de l’unité intérieure. Les pensées et les sentiments de l’homme changent naturellement du jour au lendemain et cela pour les causes les plus diverses, mais celui qui, par ses croyances religieuses, a la divination d’une réalité unique qui se perpétue à travers tous les changements rapportera à cette base ses pensées et ses sentiments d’aujourd’hui de même que ses expériences de demain. C’est pourquoi la religion pénètre profondément dans la vie de l’âme, et son influence ne fait que s’accroître avec le temps parce qu’elle demeure la même sous tous les changements. Aussi a-t-elle le pouvoir d’agir sur le corps éthérique. Il en est de même de l’influence qu’exerce sur l’homme l’art véritable. Lorsqu’à travers la forme

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extérieure, la couleur ou le son d^une œuvre d^art, il peut par la force de son sentiment et de son imagination pénétrer jusqu’au substratum spirituel de cette œuvre, les impulsions que reçoit alors le Moi so transmettent en réalité jusqu’au corps éthérique. Si l’on creuse suffisamment cette pensée on peut mesurer l’importance capitale de l’art dans l’évolution humaine. Et nous ne voulons ici parler que de ce qui est de nature à agir sur le coiq)s éthérique. Il y a beaucoup d’influences analogues dans la vie humaine, mais l’observation ne les découvre pas aussi aisément. Ces exemples suffisent déjà à faire voir que l’homme possède le germe d’un nouvel organisme que le Moi élabore progressivement en lui. L’occultisme considère cet organisme comme le deuxième aspect de l’esprit dans l’homme, il l’appelle VEsprit de Vie. (La théosophie lui donne le nom oriental Ae Buddhi.) L’expression Esprit de Vie est parfaitement exacte parce que l’Esprit qu’elle désigne est animé par les memes forces que le corps de vie. Mais Ces forces lorsqu’elles se manifestent dans le corps de vie n’ont rièn à faire avec l’activité du Moi au lieu que le Moi les pénètre profondémenî de son activité lorsqu’elles animent l’Esprit de Vie.

L’évolution intellectuelle de l’homme, la purification et l’ennoblissement de ses vouloirs et de ses sentiments, tel est le critérium de la transformation du corps astral en Moi spirituel. Ses expériences religieuses et autres s’impriment dans son corps éthérique et le transforment en Esprit de Vie. Mais, alors que ces changements se passent dans le cours delà vie ordinaire plus ou moins inconsciemment, Vinitiation consiste en ce fait que grâce à l’occultisme, l’homme apprend à connaître le moyen de procéder à ce tra

vail en pleine conscience. Les procédés dont il s’agit seront exposés dans une autre partie de cet ouvrage. Pour le moment il ne s’agissait que de montrer comment dans l’homme l’esprit peut être actif tout comme l’âme et le corps, et nous verrons plus tard comment cet esprit constitue l’élément éternel de riiomme en opposition avec le corps, son élément transitoire.

Mais le travail sur le corps astral et sur le corps éthérique est loin d’épuiser toute l’activité possible du Moi : cette activité s’étend aussi au corps physique. On peut voir un symptôme de cette influence du Moi sur le corps physique, lorsque, par suite de certaines impressions, l’homme pâlit ou rougit. Dans ces circonstances, c’est le Moi qui est la source d’un changement dans le corps physique. Lorsque, grâce à l’activité duMoi, des transformations se produisent quimanifestentson influence dans le corps physique, on peut dire que le Moi estvéritablement uni aux forces secrètes de ce corps physique,à celles qui régissent les phénomènes physiques. C’est ce que l’occultisme appelle le travail du Moi dans le corps physique ; mais il faut éviter un malentendu qui consiste à croire que ce travail agit sur la matérialité grossière. L’élément matériel grossier que nous voyons dans le corps physique n’est que la manifestation derrière laquelle résident les forces cachées de son être. Et ces forces sont d’essence spirituelle. Ce n’est pas avec la matière sous l’aspect de laquelle apparaît le corps physique que le Moi s’unit, mais avec les forces invisibles qui président à la croissance et à la mort du corps physique. Dans la vie ordinaire, ce travail du Moi sur le corps physique peut à peine être conscient. Il n’apparaît en pleine lumière et ne peut être vraiment compris que lorsque, sur les conseils de l’occultisme, l’homme en

l’être humain

prend lui-même consciemment la charge. Alors se manifeste en l’homme un troisième organisme spirituel que l’occultisme nomme VHomme-Esprit par opposition à l’homme physique. La littérature théosophique lui donne le nom A'Atma,

On peut facilement tomber dans une erreur au sujet de l’Homme-Esprit, erreur qui provient de ce que l’on considère le corps physique comme la partie la plus basse de l’homme, et qu’on a par suite peine à se représenter que le travail accompli sur ce corps éveille l’activité la plus haute del’étre humain. Mais c’est précisément parce que la substance physique enveloppe sous un triple voile l’esprit qui réside en elle, qu’il faut le plus haut effort de l’activité humaine pour unir le Moi au substratum spirituel de cette substance.

Ainsi pour l’occultisme l’homme est un composé de différents organismes. Les organismes corporels sont : les corps physique, éthérique et astral. Les organismes psychiques sont : les âmes-sensibilité, raison et conscience. C’est dans 1 âme que le Moi répand sa lumière. Et les organismes spirituels sont le Moi-Spirituel, l’Esprit de Vie et THomme-Esprit. On a vu plus haut que l’âme-sensibilité et le corps astral sont étroitement unis et forment pour ainsi dire un tout unique. De même l’âme-conscience et le Moi- Spirituel forment un tout. Car c’est dans l’âme-conscience que rayonne l’esprit pour éclairer de là les autres organismes de la nature humaine. Et c’est pourquoi l’occultisme reconnaît aussi la classification suivante des organismes de l’homme : l’âme-raison qui participe à la nature du Moi et qui, dans une certaine mesure se confond avec ce Moi quand il n’a pas encore conscience de son essence spirituelle, est

désignée par simplification sous le nom de Moi. Et c^est ainsi qu'on arrive à distinguer dans Têtre humain sept parties : 1‘^ corps physique; 2"^ corps éthérique, vital ou dynamique; 3^ corps astral, animique, émotionnel ou psychique; 4*^ le Moi; 5<> le Moi-Spirituel; 6® l’Esprit de Vie; 7® l’Homme-Esprit.

Cette division en sept principes ne doit pas apparaître meme aux matérialistes comme ayant le caractère mystérieux et magique qu’ils lui reprochent souvent, s’ils étudient de bonne foi les considérations qui précèdent. Cette septuple division représente pour l’occultisme, uniquement le résultat d’une observation supérieure. Il parle des sept principes de l'homme comme des sept couleurs du spectre ou des sept notes de la gamme, lorsqu’on considère l'octave comme une répétition de la première note. La nature humaine malgré son unité réelle, nous apparaît en sept principes ou plutôt sous sept aspects différents, exactement comme nous percevons la lumière en sept couleurs et le son en sept degrés. Et la superstition n’a rien à voir dans le premier cas de plus que dans les deux autres. Nous avons dit une fois déjà au cours d’un enseignement oral qu<^ la répartition de la lumière en sept couleurs est inexacte cai* il y a au delà du rouge et du violet des couleurs que l’œil ne perçoit pas mais qui n'en existent pas moins. On peut dire de meme en considérant l’être humain que d’un côté l'homme se prolonge au delà du corps physique et que de l’autre il s’étend plus loin que l’hommeesprit. Mais ces prolongements sont aussi invisibles à l’observation spirituelle limitée, dont trâite l’occultisme, au moins dans ses premières leçons, que les couleurs au delà du rouge et du violet sont invisibles pour l’œil physique. Cette remarque ehiit nécessaire,

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