CHAPITRE X
LES absolus: la totalité des phénomènes
L'absolu existe; la métaphysique a donc un objet. Mais est-ce un objet accessible? — La défitiilion que nous en avons donnée, et dont on ne saurait au nom d'aucun système contester la légitimité, n'est, pour ainsi dire, que le tracé d'une limite. Celte liniite, pouvonsnous la franchir, et pénétrer dans ce qu'elle enferme ; en un mot, sans métaphore, pouvons-nous déterminer les conditions internes qui sont le fondement et la raison intime de l'existence en soi?
Ce problème peut sembler déjà résolu par tout ce qui précède. N'avons-nous pas, en effet, tout d'abord recherché les caractères, les procédés et les limites de la science? N'avons-nous pas vu que son objet unique est de découvrir les lois des phénomènes, et ses procédés de décomposer l'expérience actuelle pour composer l'expérience future? Et n'avons-nous pas conclu de là, -légitimement, que l'absolu lui était fermé. 11 faudrait s'en tenir à cette conclusion, et ne pas poser de nouveau un problème résolu, si tout, dans la science, était fourni par l'expérience. Mais la critique a introduit dans le problème des éléments nouveaux qui le Irans-