ÉCHELLE DES SONS, D’APRÈS ARISTOXÈNE
NOMS DES NOTES
NOMS DES NOTES
co
Proslambanomenos.
Hypate hypciton.
Parhypate id.
Lichanos. id.
Hypate meson.
Parhypate id.
Lichanos id.
Mese.
Paramese.
Trite diezeugmenon.
Paranete id.
Nete
id.
Trite hyperbolœon.
Paranete id.
Nete id.
Mese.
Trite synemmenon Paranete id.
Nete id.
En examinant les tétracbordes 1, 2, 4, 5, on voit que les deux premiers et les deux derniers sont conjoints, c està-dire ont une note commune ; le 2e et le 4e sont disjoints ; le 2e elle 3e sont conjoints ; mais le 3e et le 5e sont disjoints.
Les notes en italique sont les notes ûxes des divers modes. On voit combien ce système était compliqué et défectueux en comparaison du nôtre, puisque dans le diatonique deux sons identiques portent des noms différents, un dans le chromatique ; l’enharmonique seul a en réalité dix-huit sons différents. Ce qui complique encore c’est l’existence des deux tétrachordes 3 et 4 qui empiètent l’un sur l’autre.
Dans les divers tétrachordes, les notes placées de la même façon ont le même nom en y ajoutant le nom du tétrachorde correspondant; cependant les désignations ne sont les mômes que dans les deux premiers tétrachordes ; d’autres noms se répètent que dans les trois derniers qui suivent le mese ou son médian.
J’ai déjà indiqué le sens des noms attribués aux tétrachordes; pour les notes, les noms ont les sens suivants :
Proslambanomenos — ajouté.
Hypate — supérieure.
Parhypate — près de la supérieure.
Lichanos — éloignée.
Mese — moyenne.
Paramese — près de la moyenne.
Tri te — troisième.
Paranete — près de la dernière.
Nete — dernière.
La première note ne fait partie d’aucun tétrachorde; elle aura été ajoutée, comme son nom l’indique, pour former avec la dernière la double octave.
D’après l’ordre qu’expose Vitruve les notes du tétrachorde 3 ou le synemmenon succédaient au meson avant celles du diezeugmenon.
Ce tableau n’aurait pu être dressé d’après les seules indinations qu’il donne, ayant négligé d’indiquer l’intervalle de chaque note à la précédente ; il ne le fait que pour six notes seulement, disant :
Lea sons mobiles ont des qualités différentes, ils présentent des inter-
valles et des distances croissantes. Leparhypale qui, dans l’enharmonique, diffère de l’hypate d’un dièze, dans le chromatique en diffère d’un demiton, et dans le diatonique aussi d’un demi-ton ; le lichanos dans l’enharmonique est distant de l’hypate d’un demi-ton, dans le chromatique en diffère de deux demi-tons et le diatonique de trois demi-tons. Ainsi dix sons, eu passant d’un genre à l’autre effectuent une triple variété de modulations.
Les deux premiers tétrachordes ont donc les intervalles ainsi disposés :
Enharmonique — 1/4, 1/4, 2.
Chromatique — 1/2, 1/2, 1 1/2.
Diatonique — 1/2, 1, 1.
Les deux premiers tétrachordes ne peuvent donc être que si, ut, ré, mi ou mi, fa, sol, la, dans le genre diatonique. Vitruve précédemment avait donné un ordre différent pour les intervalles du tétrachorde ; cela tient, sans qu’il le dise à ce que d’abord il avait donné le tétrachorde du mode phrygien, et ici celui du mode dorien, évidemment plus employé parles grecs, et abandonné aujourd’hui. S’il avait fourni les mêmes indications pour les autres notes, le travail eût été très facile, au lieu que pour les tétrachordes supérieurs au mese, il faut nécessairement recourir à d’autres ouvrages. Néanmoins les indications de Vitruve, quoiqu’incomplètes, peuvent avoir cela de précieux, qu’elles sont parfaitement concordantes avec celles qu’ont données d’autres auteurs sur le même sujet, et avec la reconstitution totale adoptée pour les tétrachordes dans les trois genres.
En se conformant à l’ordre donné par Vitruve, on disposerait les sons comme dans le tableau ci-joint; le précédent montre mieux comment les tétrachordes 1, 2, 4, 5, forment la gamme dorienne dans les divers modes; probablement l’arrangement du deuxième tableau donne la tablature des instruments à corde.
DIEEUGMENON. MESON.