‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 104 sur 151 · LIVRE m, CHAPITRE IX. 3o'J · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE IX. 3o'J

DOUX (i). » Avec tout cela, Tidole royale n'est que le premier serviteur du parlement. « Ce sont les ministres, dit M. Faucher, qui exercent le patronage réservé à la couronne, et Ton a vu le moment où la reine d^Angleterre allait être réduite à recevoir ses femmes de chambre de la main de sir Robert Peel (2). »

M. Faucher se moque, et avec grande raison, des rêves ridicules de Montesquieu sur la prétendue distribution et pondération des pouvoirs consacrées par la constitution anglaise. Il montre trèsbien que ce corps législatif, composé de deux parties, Tune enchaînant Vautre par sa faculté mutuelle d empêcher, toutes deux liées par la puis" sance exécutrice, qui le sera elle-même par la législatii^e; il montre, dis-je, que cette machine gouvernementale, décrite à grands frais d'imagination dans V Esprit des lois (3), peut être un très^ bon thème pour des écoliers y mais qiCelle est entiè* rement inapplicable aux affaires dune grande nation ; que si la constitution anglaise a marché et marche encore, c'est qu'il n'y a en Angleterre qu'un pouvoir réel : l'aristocratie (4).

(i) Lettres sur V Angleterre et la Franee^ par M. À* Noogftlède de Fayet» t. II , p. 28a*

(2) Études sur V Angleterre f 1. 1> introduction, p* 19.

(3) Liv. XI,ch. VI.

(4) Études sur V Angleterre f t. II, p. l^ix et suiv.

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Montesquieu dit : a 11 n'y a point de liberté si la puissance déjuger n'est pas séparée de la puissance législative et de Texécutrice. Si elle était jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la liberté et la vie des citoyens serait arbitraire ; car le juge serait législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d'un oppresseur (i). » Or, il est notoire que par la constitution anglaise la chambre des lords est en même temps chambre législative, cour de justice, cour d'appel, cour de cassation, et que dans tout le Royaume-Uni les fonctions de législateur et de juge se réunissent dans la même personne : le propriétaire (ii).

(i) Esprit des lois, liv. XI, ch. vi.

(a) « Pour devenir Juge de paix d'Angleterre ou d'Irlande, dit M. de Beaumont , il ne faut pas étudier Fart de rendre la justice, il suffit d'acheter un grand domaine ; on peut dire, en termes généraux , que dans ces deux contrées il n'y a pas un riche qui ne soit juge de paix, et pas un juge de paix qui ne soit riche. Nul d'entre eux ne peut, à la vérité, être juge de paix que s'il a reçu la commission royale ; mais en fait quiconque est grand propriétaire ne manque point d'en être investi. Il y a en Angleterre environ dix-huit mille juges de paix ; en Irlande à peu près trois mille. Constater le nombre des juges de paix d'Angleterre et d'Irlande, c'est presque faire la statistique des grandes propriétés de ces deux pays... On croit pouvoir affirmer qu'il n'y a pas un membre de la chambre des communes, et pas un lord d'Angleterre, qui ne soit un juge de paix. Le duc de Wellington est juge de paix

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