‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 120 sur 151 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DOmiÉBS DU CBIISTUKISIIE EN MATIÈEE IMDUSTaiBLLE ET ÉCONOMIQUE.

L'industrie est la connaissance de nos rapports nécessaires a^^ec la nature matérielle.

Rien de plus mystérieux que nos rapports avec l'univers physique. Si l'homme avait dû les dë« couvrir^ il les chercherait encore; car ils rayonnent du fond inconnu de notre propre nature au fond encore plus inconnu de la nature universelle. Dieu nous a épargné ces recherches impossibles, en nous donnant dans sa loi les bases de la science industrielle.

La question capitale de la science industrielle ou économique est celle-ci : La terre est^elle le tout de t homme j le terme de son existence^ ou

36a LA SCIENCE SOCliLLE.

n*en esUelle que le commencement^ un lieu dé^ preuve^ Jtéducation^ pour s^éles^er à une existence supérieure ?

Vous connaissez la «olutioo chrétienne. Vous înspire-t-elle des doutes? Approfondissez-la et dissipez vos doutes; car aussi longtemps qu'ils subsisteront, vous ne ferez que rêver en science économique, et les rêves en cette matière peuvent être suivis d'un réveil fôcheux.

Repoussez-vQUs franchement cette solution , en (lisant avec les libres penseurs : Notre foi aux promesses de la vie future est trop faible pour que nous renoncions aux jouissances de la vie présente? Il ne me reste plus qu'à vous donner un conseil d'ami.

Puisque vous appartenez à la religion de$ jouissancesy songez à défendre les objets de votre culte contre les entreprises de vos coreligionnaires* Dérobez quelques heures au plaisir pour vous exercer au maniement des armes, à l'art de soutenir un siége^ d'opérer une retraite, etc., attendu que la religion des jouissances a, comme toute autre religion, une tendance nécessaire à s'universaliser et à s'élever de la vie domestique à la vie pu-* hlique.

Or, voici ce que je vous annonce pour le jour (demain peut-^étre) où l'oo inaugurera solennellement dans votre ville ou votre bourg le culte

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des jouissanees. Des dëvots iront frapper à la porte de votre sanctuaire, et exigeront qu'on en transporte les idoles sur la place. La demande sera de toute justice^ s'ils sont nombreux et bien armés, et Timpiété de votre refus appellerait un châtiment terrible. Si vous êtes le plus fort et que vous les mettiez en fuite, ou que vous les jetiez sur le carreau, vous serez dans votre droit; mais vous devez veiller à ce que les fuyards ou d'autres ne viennent pas, avec du fer et des torches, user du droit qu'ils auront de vous offrir en holocauste au dieu de la vengeance et du plaisir.

Vous devriez le voir, si vous étiez capables de voir quelque chose , messieurs les libres penseurs : chaque religion a ses inconvénients. Quand, à force d'ignorance et de sophismes , on est parvenu à s'affranchir de la crainte des jugements du Dieu des dieux y voilà que l'on tombe sous le jugement encore plus impitoyable des libres penseurs en guenilles. Ne dirait-on pas que le monde a été expressément bâti pour l'épreuve de ceux qui s'appliquent à penser en religion , et pour le supplice de ceux qui ne songent qu'à se panser?

Que si vous admettez la solution chrétienne avec la puissance de conviction et d'application que lui donne l'Eglise' catholique (i), la science

(i) Voy. plus haut, Uv. II, ch. vi.

industrielle ou économique est vite trouvée ; elle est toute dans ces trois mots : TravaiUezj économisez^ donnez.

I. Tramillezl — Travaillez modérément, constamment, utilement.

I ^ Travaillez modérément. — N'oubliez pas que rhomme a été placé quelques jours sur cette terre, non pour en être possédé, absorbé , mais pour la posséder et se l'assujettir. — Il n'a pas été fait pour le travail , mais le travail lui a été imposé comme moyen et d'expiation et d'éducation. — Il doit s'élever, s'ennoblir, se diviniser par le travail. Or, le travail excessif dégrade , abrutit, animalise.

Regardez donc les populations que la science économique fondée sur le culte des jouissances a vouées à un travail plus prolongé que celui des forçats! Des cent soixante-huit heures de la semaine, on en donne cent aux fâcheuses nécessités du travail pour en consacrer an moins vingt- ({uatre aux jouissances de la débauche. L'amour des jouissances rendant insupportable la nécessité du travail , on discutera les moyens de jouir sans travailler, et toutes les délibérations des dix mille parlements du cabaret aboutiront à ce refrain: A bas les accapareurs du capital !

sà^ Ti^^vaillez constamment. — Le chrétien ne voit de repos que dans l'éternité ; il ne doit rien

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