LIVRE IV, CHAPITRE I
négliger pour se l'assurer glorieuse par Vabon-dance de ses bonnes œuvres. Quand , par ses épargnes personnelles ou celles de ses aïeux , cesse pour lui la nécessité quotidienne du travail manuel j il tombe plus spécialement sous la loi du noble travail de l'esprit et de la bienfaisance.
'^^ Travaillez utilement. — Quelle que soit la nature de vos travaux, dirigez-les si bien qu'ils ne dévient jamais du but divinement assigné à tous les travaux humains : la bonne éducation des hommes! Les œuvres qui, de près ou de loin, ne tendent pas là, vous seront d'une parfaite inutilité, eussent-elles été couronnées par toutes les académies du monde. Tout ce que vous ferez sciemment contre ce but vous mènerait droit au royaume des éternelles douleurs.
Si vous faites partie des travailleurs de la parole et de la plume, loin de jamais flatter les mauvaises inclinations de vos frères (chose ignoble, et, de plus, infernale), étudiez-les pour les redresser. Passionnez-vous et passionnez les autres pour ces vérités , ces biens et ces beautés dont l'amour, si doux dans les épreuves de la vie, en adoucira surtout l'heure la plus terrible.
Etes-vous adonnés aux arts agricoles, mécaniques, industriels, préférez toujours le nécessaire à l'utile, l'utile à l'agréable. Il n'est pas défendu d'obliger la terre à embellir notre existence; mais
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il faut qu'elle remplisse sa première charge : nourrir ses habitants. L'agrément principal^ pour un propriétaire et un industriel chrétiens, est de savoir que nulle famille dans leur voisinage ne manque de pain ou de choses équivalentes.
IL Économisez l — Économisez modérément^ constamment; placez utilement vos épargnes.
i^ Économisez modérément. — Que l'ardeur de l'épargne ne vous conseille jamais des profits contraires à votre santé morale et physique, ni à la santé morale et physique de ceux qui dépen* dent de vous. Ce serait un bien mauvais calcul, et devant Dieu, et aussi devant les bons écono« mistes. Ceux-ci vous diront qu'il en est du tra^ vailleur comme de la terre t il rend en proportion de ce qu'on lui donne. Tenez pour certain cet axiome : Vou\>rier que ton paye le moiiis {Vesclaçe) est f en dernière analyse j celui qui coûte le pluSk Rien de moins prospère que les pays à esclaves.** Traitez donc en frères, comme le veut la religion, ceux qui travaillent sous vos ordres, et vous ver* rez bientôt que vous y gagnerez, pas seulement de beaux écus, mais ce qui vaut encore mieux: le cœur de Dieu et le cœur des hommes.
fk" Économisez constamment. -^ C'est encore un proverbe que les grandes et durables fortunes naissent des petits et honnêtes profits , Quand vous avez une allumette souftée par les deux bouts^ gat^
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de^-vous de la jeter après en avoir allumé tin ; quand vous voyez une épingle à terre, Côurbez- VOU8 pour la ramasser; ce dera le moyen plus tard de bâtir une belle maison , au sein d'une jolie propriété, pour vos enfants ^ ou , ce qui «erâit plus noble encore, de bâtir ou de doter une école pour votre village. L'économie chrétienne consiste à éviter toute dépense inutile à &oi et aux autres.
3** Placez utilement vos épargnes- -** Qu'elles ne moisissent pas à l'ombre, sans profit pour Vous et pour les autres; mais ne visez pas égoïstement à l'utilité d'aujourd'hui ou de demain ; faites des placements solides et durables plutôt que brillants : La maison croule^ h papier brûle ^ la terré resté.
I. Donnezl — Donnez toujours, donne:^ de grand cœur, donnez utilement.
i** Donnez toujours. — Tant que le Père céleste vous fera l'aumône de la vie, le Fils fait homme sera là dans un de vos frères pour tendre la main et vous dire : Aidez-moi à vivre. Il nous l'a promis : Fous aurez toujours des pauvres au milieu de vous (î). Laissez aux fous les plans pour l'abolition de la misère , dont la seule discussion amortit le travail, dont l'application le tuerait Sans rétour. Appliquez-vous à soulager les misérables ,
(i) Saint Matthieu, ch. x^vf , ti.
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vrai moyen d'en réduire le nombre et de vous élever devant Dieu.
a» Donnez de grand cœur. — Le plus petit don, quand il part du cœur, va au cœur; et c'est surtout le cœur qu'il faut élever dans le pauvre. N'oubliez jamais ceci : Ce n'est pas seulement un frère, c'est le Très-Haut lui-même que vous obligez (i); vous faites donc un placement des plus sûrs , des plus avantageux, même pour le temps. — Que le pauvre prie ou ne prie pas, vous n'y perdrez rien : s'il prie, il vous rend plus que vous ne lui donnez; s'il ne prie pas, votre aumône n'en sera pas moins une prière toujours présente devant Dieu, qui est la caution des ingrats.
3* Donnez utilement. — Donnez au corps les soins qu'il réclame; mais allez à la source de toutes nos misères et aussi de nos grandeurs : l'âme! L'aumône faite à l'âme est la plus méritoire, la plus efficace de toutes. On abolirait la misère si l'on parvenait à détruire l'ignorance de la religion et l'amour du vice^ dans le riche et dans le pauvre. Travaillez-y selon vos forces.
Maintenant je m'adresse aux hommes compétents, et je leur dis : Que pensez-vous de ces principes d'économie politique? Si on pouvait
-(i) Ce que vous avez fait au moindre de mes frères, c'esi ii moi que vous l'avez fait» Saint Matthieu, ch. xxv, 40.