LIVRE IV, CHAPITRE II
n'allons à l'ëglise que pour reconnaître que Dieu seul est riche, et que, grands et petits, nous ne sommes tous que de pauvres mendiants.
Il y a sans doute encore d'autres choses à faire pour attirer le peuple à l'église. Là où le clergé , cédant à la malheureuse inspiration de faire mieux que l'Eglise universelle, n'a réussi qu'à organiser des offices et des chants qui par leur longueur et leur exécution harasseraient la piété la plus robuste, on comprendra la nécessité de revenir aux traditions de cette Église mère et maitresse qui possède si bien l'art céleste de rassembler les masses autour des autels et de les y faire chanter dans un parfait accord. Je l'ai déjà écrit bien des fois, et je ne me lasserai pas de le redire : La chanson tue la foij quand la foi ne se fait plus chanter par le peuple. Mais je suis sûr que le clergé ne faillira pas à sa mission dans ce péril extrême, aujourd'hui que ses chefs unissent leurs lumières et leurs efforts, sous la direction du chef suprême, pour poser le fondement de la réorganisation gé nérale , la réorganisation du clergé.
Quant à vous, séculiers intelligents, à qui j'ai l'honneur de parler dans ce livre, encore quelques conseils que je vous prie de méditer.
Si vous voulez aider le sacerdoce à dégoûter les masses de la religion du club et du cabaret, il ne suffit pas de leur ouvrir les porles de l'église
374 L^ scijcircs sociale.
et de les v retenir avec vous uoe ou deux heures. Appliquez-vous à leur rendre utile ^ instructif, agréable le repos si nécessaire , mais aussi dangereux y du dimanche et des fêtes. Réunions de bienfaisance ^ leçons publiques , expériences ins*» tructives et amusantes, divertissements honnêtes, voilà ce qu'il faut.
La récréation est un exercice nécessaire et des plus importants dans un plan d'éducation « Vous qui êtes les aînés de la famille, travaillez donc à procurer à vos jeunes frères des récréations qui ne soient pas indignes d'un peuple moral. C'est votre devoir, c'est votre intérêt. Vous connaissez le proverbe des bonnes : On n'entend plus rire les enfants j ils font donc le mal.
Il mériterait bien de Dieu et de la société, le génie qui nous donnerait un théâtre chrétien et populaire. Oui, populaire. Le théâtre qui n'est pas populaire ne vaut rien sous aucun rapport.
Il ne vaut rien en politique, car il divise les grands des petits , et , par là même, il les oppose les uns aux autres.
Il ne vaut rien en morale. Ou vous y encensez le vice, et alors il faut y mettre le feu; ou vous y célébrez la vertu, et alors ouvrez-le à tous; ou si, par impossible, vous ne vous y occupez ni du vice ni de la vertu, vous y enfouissez de précieux capitaux, entreautres, votre temps; utilisez donc