LIVRE IV, CHAPITRE II
ce terrain eu y logeant quelques ménages, ou en y plantant des pommes de terre*
Il ne vaut rien en littérature. La littérature, en ne s'adreasant pas à la nation entière, perd son premier mérite^ la nationalité. Â force de se po* lir^ elle devient légère , subtile , alambiquée, va* poreuse et d'une fadeur qui ne peut plus être re-» levée que par la pointe du vice.
Vous me direz : Le peuple manque de goût. — - Pour être dans le vrai, dites que son goût a besoin d'être cultivé, et que, en travaillant à le dégrossir^ vous empêcherez le vôtre de se corrompre par l'afféterie. Le sentiment du vrai, du beau» du bon^ se trouve dans les masses, moins développé^ mais souvent plus vif ^ que dans les classes moyennes* L'esprit sophistiqué est le seul qui ne soit pas populaire. On a essayé Euher et Aihalie sur les gens de la rue , et l'effet en a été admirable.
Choisissez vos sujets dans l'histoire chrétienne, dans l'histoire nationale. Évitez, dans la composition, comme aussi dans la mise en scène, tout ce qui s'éloigne de notre éternel modèle, la belle nature. Soyez simples, nobles, majestueux par le fond; soyez-le par la forme, vous tenant à égale distance de la métaphysique et de la trivialité du langage, et vous verrez!
Il ne convient plus que nos augustes mystères
descendent sur le théâtre, ni que le théâtre s'installe dans nos églises, comme au moyen âge, alors que le peuple n'était quelque chose que dans la maison du Père commun. Mais il serait bon, selon moi, que nos populations, au sortir de l'église, pussent aller, de temps à autre, applaudir les vertus qui font les grands peuples, et rire aux dépens des vices et des travers que condamne la morale. Je désirerais même que, sans compromettre sa dignité, le pasteur pût être là, mêlé à ses ouailles, s'associant à leurs joies pour en empêcher la dégénération.
Un prêtre conseillant la profanation du jour du Seigneur par des divertissements, même par des représentations scéniques, quel scandale! s'écrieront beaucoup d'honnêtes protestants, en compagnie de tout ce qui nous reste d'esprits jansénistes.
Voici ce que je répondrai à nos chers confrères de la Bible-religion :
Ce qui m'a le plus confirmé dans mes scandaleuses opinions, c'est l'étude que j'ai faite des résultats moraux de votre législation pharisaïque sur la sanctification du dimanche.
Partout vous avez défendu, et souvent sous des peines très-sévères, non - seulement les travaux agricoles, mécaniques, mais encore la fabrication et la mise en vente des marchandises et provisions