LIVRE r, CHAPITRE IX
Mettez ces trois fragments de rhomme sous deux ou trois législations et deux ou trois gouvernements, pas seulement distincts, mais séparés en gouvernement des âmes, chargé des intérêts puremeot spirituels, et en gouvernement des corps, chargé des intérêts purement matériels; suivez ]
exactement la maxime du père des idéologues, qu'o/2 ne doit point statuer par les lois (U\fines ce
qui doit F être parles lois humaines , puis vous '
verrez. ;
£h 9 mon Dieu , l'Europe ne doit-elle pas voir ce qu'elle a gagné aux manipulations politiques des phraséologues ignorants! IS'est-il pas temps qu'elle revienne à ces éternelles données du bon sens philosophique et de la raison chrétienne?
L'homme est un être mixte, mais indivisible, qui, par toutes les tendances de sa nature, se rattache à Dieu, son auteur; il est essentiellement religieux; c'est parce qu'il est religieux^ c'est-àdire vivant en société avec Dieu, qu'il est politi^ que, c'est-à-dire, propre à vivre en bonne harmonie avec ses semblables; et ce n'est qu'en déployant ses facultés sous l'influence des institutions religieuses et politiques, étroitement unies entre elles, qu'il devient tout-puissant dans l'industrie.
Religion, politique, industrie, voilà les trois puissances qui, par leur harmonieux accord, ainsi que je le disais au commencement de ce livre.
86 LA SCI«NGR SOCIALE.
élèvent rhomme. Ne les confondez pas, distingu^^les comme vous distinguez les facultés multiples de l'àme des organes multiples du corps^ à la bonne heure; ce sera et science et sagesse : mais les diviser, mais les opposer entre elles, c'est une barbarie impie et stupide, c'est travailler à la dégradation temporelle et éternelle de l'homme.
4'' Enfin, on s'exprime inexactement quand on parle de la société chrétienne et de la société païenne, de la société civilisée et de la société barbare, comme de sociétés radicalement différentes.
Il n'y a jamais eu , il n'y aura jamais qu'une société, dont Dieu, comme nous l'avons dit, est le centre parfait et immuable; la matière pleine d'imperfection, mais inintelligente de son état et incapable de s'améliorer, occupe la drconférence ; entre deux est la famille humaine, douée d'une iûlelligence et d'une volonté illimitées dans leurs tendances, cotnlamnée en même temps à se tour^ nervers Dieu et à retourner la terre, sous l'incessante pression de ses besoins moraux et physiques. Dans cette grande famille, les uns, obéissant à l'attrait divin, lui subordonnent tous leurs penchants, et se servent des biens et des maux de la terre pour s'élever à la possession de Dieu ; les autres, s' abandonnant à l'attraction terrestre, abusent de tout, de la religion, de la politique.