‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 36 sur 151 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

TELLE LA EELIGION^ TELS LB8 HOMMIS,

Nous avons vu que, du berceau à la tombe, l'homme est un poursuivant de Tinfini, mais un poursuivant aveugle qui ne cessera de s'agiter et '{

de fetiguer ses entours, tant qu*on ne l'aura pas orienté.

Quelle est donc la première chose qu'il faut montrer à l'âme de l'enfant, dès qu'elle s'ouvre à la lumière? Montrez-lui, et sous les formes les plus attrayantes, le Père des lumières la source de iout don par/ait ( i ). *

Développer progressivement dans les jeunes

(i) Saint Jacques, Ép.catà.^ ch. i, 17.

âmes la connaissance et Tamour du Créateur et Consommateur des âmes, ce n'est pas seulement une partie de l'éducation, c'est toute l'éducation ; ce n'est pas seulement un devoir religieux pour les proches, c'est l'intérêt temporel suprême des enfaDU, de leurs proches, de leurs complatriotes, de tous les hommes.

Pourquoi? Parce que tel sera l'homme vis-à-vis de Dieu, tel il sera nécessairement vis-à-vis de luimême, vis-à-vis de $es proches, vis-à-vis de tous. ISotre première société étant ai^ec DieUj selon la belle parole du philosophe romain (i), il est mélaphysiquement^ moralement, et même physiquement impossible que nous soyons en désaccord avec le centre éternel des êtres, sans qu'il s'ensuive une perturbation falale dans nos rapports avec l'universalité des êtres.

Il y a sur ce point capital des montagnes de préjugés, et les préjugés ont trouvé place dans les meilleurs esprits. Un exemple entre mille*

« S'il sert beaucoup à l'hoaune, comme itidividuy que sa religion soit vraie, dit M. de Tocqueville, il n'en est pas ainsi de la société. La société n'a rien à craindi*e ni à espérer de l'autre vie; et ce qui lui importe le plus, ce n'est pas tant que tous les citoyens professent It vraie re-

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(i) Voy. liv. I, ch. 5.

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