‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 37 sur 151 · LIVRE Vf GR/IPITRK I. ^f · texte numérisé non relu

LIVRE Vf GR/IPITRK I. ^f

ligioii, mais qu'ils professent une religion (i). ^ J'en demande bien pardon à l'honorable pu* blicisle : la maxime est de tout point insoutenable, et le raisonnement à l'appui n'est en réalité qu'un sophisme*

Que la société^ abstraction faite de ses membres^ n^ait rien à craindre ni à espérer de Vautre vie, c'est évident. Je dis dis même qu'il importe fort peu à cet être abstrait que \e% citoyens aient ou n'aient pas une religion. Mais il importe grande* ment aux citoyens de n'avoir pour concitoyens que des hommes qui croient à l'autre vie, et dont la croyance repose sur le fondement immuable de la vérité. La raison en est dans cette loi com« titutionnelle de notre nature : telle est notre religionj tels nous sommes* Autant la religion descendue de Dieu améliore et élève les hommes^ autant les religions sorties des conceptions de l'homme avilissent, dégradent, dénaturent leurs dévots. C'est un fait écrit en caractères épouvan-^ tables à chaque page de l'histoire du genre hu* main.

Ne voulant pas reproduire ici leô preuves historiques que j'en ai données ailleurs (â), je nie

(i) De la Démocratie en Amérique, t. II , p. ao4 (ta* édU.)4 (a) Voy. la Science de la #f>, t. II.

9^ Lit SCIENCE SOCIALE.

bornerai à quelques aperçus généraux sur la fatale puissance des erreurs religieuses.

A une époque reculée, les hommes dirent : U nous faut une rdigion, mais une religion bonne et appropriée aux faiblesses humaines. Celle du Dieu créateur est trop parfaite , trop asservissante ; réformons4ay et donnons*nous des dieux qui sympathisent mieux avec les enfants de la terre. Et les voilà qui se mirent à façonner des religions, des dieux et des déesses à \ image et ressemblance des hommes. Une fois en train, on voulut naturellement fabriquer des religions pour tous les goùts> des dieux de toute taille, de toute condition, et pour tous les pays. Et voici les résultats que l'on obtint partout :

1® Affranchie du joug de la religion donnée « par le Père universel, chaque nation fut e imKistillée par une religion qui lui dit, au nom des dieux nationaux : Si tu veux que nous te protégions, déteste les dieux étrangers et ceux qui les adorent ! De là, d'affreuses, d'éternelles antipathies de peuple à peuple; de là l'accord de presque toutes les langues à faire du mot étranger un synonyme ai hostie ou de victime.^

2*^ A l'exemple des dieux vweii^^ '^de l'Olympe, qui se chamaîllaien'l sans fip, et dont les gros yexaient , pressuraient de toute manière les petits^ et précipitaient sur la terre les enfants qui

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