‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 7 sur 151 · M ■! ' IJ · texte numérisé non relu

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[i) De V Esprit des hié, Uv. I, ch. it.

LfVRB I, CHAPITRE II; Il

coQoiUant tntre eux les principaux élémenlt du passé y pose le fondement des progrès de l'avenir en accordant à toutes les lumières ^ à toutes les capacités, la liberté de se produire au grand jour. Mais ne précipitons rien ; car les révolutions, qui nous ont aidés à sortir de la barbarie théocratie que du moyen âge, pourraient nous jeter, sous le nom de démocratie, dans une anarchie irrémédiable. »

Mettant la politique au-dessus de la religion et de rindustrie , les niveleurs éclectiques veulent bien donner une place à la première , mais à la condition expresse qu'elle n^en sortira pas pour se mêler de Tordre politique, attendu que ceiui-^ ci est une affaire à régler exclusivemenè par les lois. Or^ le mécanisme qu'ils jugent le plus pro* pre à donner de bonnes lois, c'est le régime re* présentatif ainsi constitué: au sommet, un toi qui règne sans gouverner; à côté, des capacités qui 4iscutent , légifèrent et fonctionnent sans con«trainte; au-dessous, des masses qui admirent, travaillent et payent sans murmurer.

Cette école , qui s'est appelée d'abord le paréi libéral y et qu'on a désignée depuis par le nom de parti doctrinaire ou jusie milieu^ a incontestablement pour chef Montesquieu. VEsprit des lois^ d^iis lequel op adipirera tPMJour$uoe vaste érpdition, des détails et des aperçus d'une grande jus-

la TiA SCIENCE SOCIALE.

tesse, u'en est pas moins la Babel qui a produit la confusion de^slansues, qui a substitue le règne des idées decûtisui^ a celui des doctrines, et préparé le gâchis social au milieu duquel nous pataugeons.

De cette erreur capitale, que la société est un établissement humain, Montesquieu conclut avec raison que le droit des gens, le droit politique et civil , en général, toutes les lois humaines, sont indépendants, par leur origine^ par leur objet, par leur nature j de toute loi supérieure; qu'ils ne doivent être Tœuvre que de la réunion des volontés humaines déterminées par diverses influences, notamment par celles de la forme gouvernementale et des accidents physiques du pays, de sorte que la n^tturedes lois humaines est d^étre soumises à tous les accidents qui arrii^entj et de varier à mesure que les volontés des hommes changent (i).

De là l'amnistie qu'il octroie aux institutions et aux usages les plus injustifiables ; de là, dans son école, cette légomanie qui ne reconnaît d'autres limites au pouvoir législatif que la puissance des idées reçues et des faits accomplisy qui appelle juste et conforme au droit tout ce qui est légal, et veut que la loi, au lieu d'être la règle des volontés humaines, soit l'expression variable de leurs ca-

(i) Voy., entre autres passages, liv. I , ch. m; liv. XXVI , ch. a.

(i) Liv. XX, ch. VII.

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