LIVRE I, CHAPITRE it
CHAPITRi; II.
i>r PilitciPB coniUN db vos euibijrs sociàus. — sTSTin dii ifivfr
LBUBS SGLXGTIQtItt,
La scidDoe n'étant que rëv^ntion <l-uti priti-* cipe^ il iinporte grandement de ne pas errer dana le chobi de notre principe. En partant d*un« fauita donnée, la logique, qui sert au dévidage de V9t* reur aussi bien que de la vërilé, nous conduirait^ de déduction en déduction j'usqo'ii Tabsur^e^ Or Tabsurdité, qui périt bientôt parle ridicule quaad j elle est spéculative, finit souvent par Fatroce eo \ matière sociale « Accueillie avec enthousfa^ne par les mauvais instinôts qui ne vivent que de dérai^ soB) elle envahit les masses, et peut conduire au tombeau la nation qui aura dit i Ces idées sont trop absurdes pour être dangereuses.
Que sont, en effet, les théories extravaganiM qui aujourd'hui font trembler l'EiiiîGpeet peuvent demain Pensevelir dans It sang? IMles ne sont que le développement logique du fiaiuK principe admis,
sciemment ou non, par la plupart des publicistes modernes.
Ce principe, c'est Fantique fable de Tespèce humaine apparue , on ne sait trop ni quand ni comment, sur notre planète, vivant d'abord dans un isolement sauvage, qu'on est convenu d'appeler état de nature^ se rapprochant ensuite, sous l'impulsion du besoin, de l'intérêt, du plaisir, pour établir la société.
Comment ce vieux conte, honni par le bon sens païen avant même que le christianisme ne l'eût dissipé comme un rêve stupide, put-il reprendre faveur au sein du xviii* siècle? C'est ce qu'on ne peut expliquer qu'en disant : Les docteurs du dernier siècle en étaient vei¥i0i« ne plus vouloir de l'homme et de la société créés du même coup par Dieu ; il fallait donc qu'ils ressuscitassent l'homme enfanté par l'aveugle nature et la société créée par l'homme sauvage.
Quoi qu'il en soit de l'explication, le fait est indubitable. V homme de la nature est l'éternel canevas sur lequel l'école moderne a brodé, brode encore les belles idées sociales et politiques qui , de révolution en révolution, nous ramènent à la barbarie.
Pour les esprits les plus avancés dans les /amières de l'époque, tels que la Mettrie et Lamarck^ l'enfant de la nature avait toute la valeur d'un
les étrçs organisés^ t. II.
(a) Voy. le Discours de M. de Lacépède, faisant suite aux Œuvres de Buffon.
(3) De r Esprit des lois, Uv. XXVI, ch. xv.
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fait. Ils montraient scientifiqueinent comme quoi notre premier père était, selon toute apparence, V
un marsouin qui a^fait acquis deux pieds en sefen^ f
dont la queue ^ ou un singe dont le nez s* était allongé par un rhume de ce^eau (i).
Quant aux écrivains assez sages pour n'aimer à braver ni le bon sens public ni les croyances re- ..
ligieuses, ils laissaient prudemment dans l'ombre ^
la question embarrassante de l'origine première l^
de notre espèce. Les tins, tels que BufTon et son '•;
continuateur Lacépède, se bornaient, en leur qua- ii
lité de naturalistes, à nous apprendre comment le quadrum>ane humsAuj errant d'abord dans les forêts, avait pu s'élever à l'état social par l'invention successive de la femme, du langage et de tous les arts (a). Les autres, tels que Montesquieu, Ritfisseau, etc., nous faisaient assister à l'intéressant contrat par lequel les hommes, régis jusque-là par les instincts individuels, ont renoncé à leur indépendance naturelle j pour viçre sous des lois politi^ quesy et renoncé à la communauté naturelle des biens y pourvis^re sous des lois ci{>iles (3).
(i) Voy. Philosophie zoologique ^ t. II. — Considérations sur [^
De cet article de foi philosophique ^ qui place Torigine de la société humaine dans la libre dé^^ iermînation d'hommes primitivement égaux entre eux et jouissant d'une complète indépendance, sont nés une foule de systèmes politiques^ qui peuvent sa réduire à trois : le système des niveleurs éclectiques ^ le système des niveleurs radi** cauxy le système des niveleurs consommés.
Les niveleurs éclectiques ^ en gens modérés et de bonne maison^ ont adouci le principe, et par là même les conséquences.
« La société ^ disent-ils , fut une création de l'homme; mais cette création était un progrès et la source de tous les progrès. L'homme de la cité est certainement préférable à l'homme des forêts, doQt au reste le désir de vwre en société était , comme l'a dit le grand Montesquieu, la quatrième loi naturelle (i). Avec le pacte social naquirent les arts nécessaires et d'agrément , les lettres, les sciences, les religions, les libertés civiles et politiques , toutes choses utiles au développement de l'espèce humaine , pourvu qu'elles soient purifiées de leurs abus et dirigées vers le bien gène? rai par un gouvernement sage et éclairé. Or, après bien des essais malheureux, l'Europe arrive enfin àcejustp rnilieu politique qui, conservant et