‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 9 sur 151 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Si les niveleurs éclectiques, généi^lement satift<faits des libertés conquises , veulent clore Fère des révolutions violentes, et ne se soucient nullement de rappeler la société à la stricte exécution des clauses du pacte primitif, il en est autrement des niveleurs radicaux , dont le catéchisme commence par ces mots : V homme est né libre ^ etpar* tout il est dans les fers (i).

a Égalité, liberté, fraternité, voilà, disent-ils aux niveleui*» éclectiques, les prérogatives inaliénables des hommes; ils en jouissaient avant le pacte social, et vous convenez vous-mêmes qu'ils ne stipulèrent celui-ci que pour mieux s'en assurer la jouissance. Eh bien, que sont devenues ces prérogatives, sinon de vaines paroles, grâce à Tégoïsme infernal de caste et de famille, qui n'a cessé de

(i) Rousseau > Contrat social^'&^.l^ ch. i«

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vouloir cumuler dans les mains de quelques-uns le pouvoir et les richesses dévolus à tous par le droit de nature? Le christianisme parut un instant vouloir ramener les hommes à leur loi première ; mais bientôt, corrompu par l'ambition des prêtres et des grande, il n'a fait que fomenter par êes palliatifs les iniquités sociales. Vos institutions politiques ne sont qu'un léÂrre; il nous faut une réforme radicale de la société, et malheur à qui s'y opposera ! d

Ici y les niveleurs radicaux se divisent en plu«sieurs sectes, qui peuvent se réduire à deux : les radicaux /7o////(^£^^^ , les radicaux industriels.

Les premiers, plus jaloux de leur indépendance que de leur bien-être matériel, veulent une organisation politique qui diminue le moins possible cette royauté de soi-même que chacun de nous tient de la nature. Une république qui placerait et maintiendrait l'universalité des citoyens sur le pied d'égalité complète, sous le rapport de l'éducation et de l'exercice des droits politiques; qui donnerait la liberté à tous, en ne les soumettant, en matière religieuse, politique et civile, qu'aux lois et institutions établies par le suffrage des citoyens : voilà ce que les niveleurs radicaux poli-tiques se proposent et ce qu'ils se flattent de pouvoir obtenir par l'application des idées du Centrât social.

l6 LA SCIENCB SOCIA.LË.

Les niveleurs industriels j considérant rhomme comme un lube digestif qui n'aspire qu'à se remplir^ demandent une organisation sociale et politique qui procure à tous^ d'abord le nécessaire, ensuite le possible, en matière de jouissances. Pour cela, les uns réclament le partage instantané ou graduel du capital foncier et mobilier, soit la division de la propriété entre tous , et on les ap* felle partageux ; les autres, appelés communistes ou communautaires, veulent l'indivision de lapro* priété, mais ils diffèrent entre eux sur la meilleure manière d'en organiser l'exploitation et d'en étendre la jouissance à tous. Beaucoup, pour conserver une ombre de famille et de liberté individuelle, voudraient que, en restant seul propriétaire absolu, l'État laissât aux citoyens la propriété restreinte ou la simple possession, s'appliquant par de bonnes lois sur les successions à empêcher l'accumulation des terres, et aussi des capitaux mobiliers. De peur que la possession ne dégénère en propriété, d'autres substituent des métayers ou fermiers aux possesseurs. D'autres, enfin, ennemis de ces lâches transactions avec l'infâme svstème quia prévalu jusqu'ici, veulent l'abolition du tien et du mien par la franche application du principe de communauté ; et si l'on ne peut y arriver ni par les combinaisons attractionnelles des fouriéristes, ni par les théories de M. Louis Blanc sur Xorga*

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