EN FRANCE
Il y a trois ans, j'écrivais dans la Science sociale une série d'articles sur la question économique, en me basant, pour l'étude de cette question, sur la méthode scientifique que nous pratiquons ici. Ces articles, étendus, complétés, sont devenus un volume assez ample dont les conclusions sont parfaitement claires et précises, et peuvent se résumer en ces quelques lignes (1 j :
1" On ne peut établir, en matière d'échanges économiques, une théorie absolue et universelle , s'appliquant ne varietur à toutes les situations et à tous les peuples;
2° La politique douanière de chaque nation peut être déterminée scientifiquement par l'étude préalable de son état social et économique .
Je souligne le mot social et je le place le premier, parce que c'est en efïet le premier élément à considérer. Un peuple socialement faible, placé dans le pays le plus riche du monde à tous les points de vue, sera amené, par la force des choses, à agir d'une manière tout autre que s'il était fortement constitué. Or, précisément, c'est là un côté des choses que les économistes négligent généralement. Ils parlent avec abondance de la production , de la consommation, des entrées, des sorties, du transit, de la concurrence , du mouvement des prix et des tableaux statistiques de
(1) La Science sociale. 1892, mars à octobre inclus, et Libre-échange et protection, Paris, Didot, 1893.