I-VTRODUCTION A L’IXDÜSTRIE DU JOUET
de réclame et un moyen de plus pour écraser petits bazars et petits magasins.
Rien au monde ne saurait résister à cette marche triomphante de la spéculation commerciale. C’est au point que la grande fabrique elle-même y succombe. Achetant partout au meilleur compte possible, à l’oninder indépendant, au petit patron, faisant venir les produits du dehors, s’adressant aux pays oii on les fabrique dans les meilleures conditions, à l’Allemagne, à l’Angleterre, à l’Amérique, à la Chine, au Japon, le grand magasin ne laisse finalement à la grande fabrique d’autre débouché que le trottoir avec ses camelots et ses baraques des jours de fête. A moins que la grande fabrique, et c’est sa dernière issue, se livrant à son tour à la spéculation commerciale, n’établisse à tous les coins de rue des commis détaillants, dans des magasins construits d’après le même type, soumis à la même surveillance et à la même direction. Cela n’est guère possible pour les jouets ni pour les modes, qui sont des objets de fantaisie et ne s’imposent que par leur variété; mais c’est facile pour les productions alimentaires, les besoins de nourriture étant partout et toujours les mêmes.
Quoi que l’on fasse, l’anarchie du travail a pour conséquence fatale la victoire des grands magasins sur les moindres dans les objets de fantaisie, du grand producteur sur les petits dans les objets d’alimentation, partout
APPEXDIGE .
la victoire du fort sur le faible et l’asservissetiient de ce dernier. Le capital, la concurrence, la division du travail n’y sont pour rien ; parce qu’ils ne sont que des effets et non des causes. La cause profonde, unique, est la spéculation industrielle et commerciale qui, née du génie humain, crée le capital, suscite la concurrence, divise le travail, et, du même coup, fonde la domination des uns, rive l’asservissement des autres, d’après une loi immuable allant toujours au travail le moins coûteux, comme les corps tombent selon leur poids et leur vitesse acquise.
Cette loi vaut pour le travail de la machine et de l’esclave comme pour celui de l’ouvrier salarié et du commis, et, de même que les corps, dans leur chute, écrasent à volume égal ceux qui sont doués d’une vitesse moindre, le travail de la machine, de l’esclave, du salarié, du commis, ruine tous les intermédiaires et travailleurs indépendants, quelque grands que soient leurs efforts et leurs privations. Encore si ses effets s’arrêtaient là! La spéculation, troisième élément du travail, se détachant de plus en plus des deux autres, en arrive, sans produire quoi que ce soit ou sans échanger la moindre marchandise, à prélever ses gains rien que sur Ja fluctuation des valeurs, leurs hausses et leurs baisses successives.
IXTRODUCTIOX A L’IXDUSTRIK DU JOUET. 403