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LE TRAVAIL COMMERCIAL

C’est une loi absolue. Le travail connnercial y est soumis comme le travail producteur.

Sous le régime de Ja liberté du travail, tout un monde d’intermédiaires, commissionnaires, placiers, agents de dépôt, petits commerçants, s’est interposé entre le producteur et le consommateur, et a fini par peser sur l’un et sur l’autre d’un poids tid qne l’on a créé des sociétés coopératives de consommation pour y échapper, de même que l’on a fondé des sociétés coopératives de production dans l’espoir de se défaire de la domination des chefs industriels. La prospérité générale ne tend-elle pas déjà à disparaître d’elle-même, sans qu’on en précipite la chute par des combinaisons aussi maladroitement ingénieuses?

Dans l’industrie du jouet, l’intermédiaire a une importance considérable, par la raison que pas un fabricant, pas un travailleur indépendant ne produit toutes les sortes de jouets. Le commissionnaire qui les offre, le magasin qui les réunit au choix des amateurs, paraissent done une nécessité, et cependant il n’existe plus guère de commissionnaires en jouets; les marchands se consacrant exclusivement à leur vente peuvent se compter sur le bout des doigts, et personne n’a jamais songé à fonder une société coopérative de consommation du jouet. C’est que la spéculation commerciale détruit d’elle-même tous les intermédiaires dans le commerce du jouet, comme dans les autres

commerces.

IXTRODÜCTIOX A L’IiXÜUSTIUE 1)1 JOUET. 459

Pour tous, Ja parlie manuelle se boroe à la tenue des caisses et des livres, au transport des niarchaudises du producteur au consommateur. La parlie commerciale n’en est que plus importante : elle consiste à acheter le moins cher possible au producteur et à vendre le plus cher possible au consommateur, et impose ainsi ses exigences de gain à l’un et à l’autre. Quant à la partie spéculative, elle consiste pour tout intermédiaire, fùt-il le directeur d’une société coopérative de consommation, à accroître les bénéfices en diminuant les frais généraux et en étendant la vente, de même que le siinj)le ouv rier qui épargne davantage eu dépensant moins et produit d’autant plus qu’il entend mieux son travail, ou que le chef de fabrique qui divise plus adroitement la besogne de ses ouvriers et au besoin les remplace par nue machine. La loi est la même pour les intermédiaires comme pour les producteurs, les profils s’en vont au travail le moins coûteux. C’est la ruine forcée de tous les intermédiaires, à l’exception du grand magasin.

Déjà, dans le moindre village, le mercier réunit à ses marchandises les objets de bimbeloterie les plus recherchés, les jouets qui sont au goût de sa clientèle ; c’est à la fois une diminution des frais généraux et une extension de son marché. Qu’il eu comprenne bien la portée, et, comme l’ouvrier venu eu sabots à Paris peut devenir, grâce à son génie industriel, le créateur d’une

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APPEXDICE.

grande fabrique, le mercier entraîné par son intelligence des affaires quittera le village, s’établira dans un grand centre de commerce, et, à mesure qu’il continuera h diminuer ses frais généraux et à étendre sa vente en abaissant ses piix, il transformera sa mercerie en bazar, réunissant la mercerie, la bimbeloterie, le jouet de tout un quartier de la ville, puis transformera son bazar en grand magasin en augmentant encore le nombre de ses rayons, dont les articles inonderont la capitale, la province, l’étranger.

Sauf lui, tous les intermédiaires disparaissent, les commissionnaires, les placiers, les petits marchands deviennent inutiles. Subsistant par eux-mêmes avec leur famille, indépendants, vendant peu ou point, leurs frais généraux sont trop considérables, leurs prix trop élevés, et ils deviennent l’un après l’autre, — comme le travailleur indépendant est devenu un salarié — des commis de tout grade, effectuant les ventes et les achats, recevant les commandes et expédiant les produits dans un ordre d’autant plus parfait que tout aura été simplifié. Du même coup les rayons peuvent être multipliés, appelant de toute part les acheteurs par le choix et la variété des marchandises, les prospectus, les catalogues, les programmes, les quatrièmes pages des journaux, les expositions périodiques, au point que le jouet luimême, par sa valeur minime, n’y devient qu’un article

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