CN
les tentatives de JaBoULAY, eczémas variqueux suintants,.
ont été traités avec succès.
LERICHE estime que l’on pourrait agir d’une façon analogue dans certaines atrophies testiculaires de la puberté
et dans les dystrophies ovariennes.
Voilà qui confirme de manière éclatante la pathogénie sympathique que nous invoquons pour expliquer les signes endocriniens de la sclérodermie.
Etendant encore le champ de la sympathectomie périartérielle, Paris, Tuévexor Lecueu, LEMONE l'ont appliquée au pédicule rénal dans certaines néphrites douloureuses, dans de petites hydronéphroses particulièrement pénibles, et toujours avec des résultats thérapeutiques excellents. LERICHE pense enfin que son opération serait à essayer dans les rhumatismes chroniques des extrémités, à la phase des douleurs et des contractures, avant la
période des déformations.
Les auteurs allemands, avec Kümmer, Brünnie, ete., l'ont employée avec des résultats divers, dans les tuberculoses fistulisées des extrémités, des synoviales, des articulations, dans les retards de consolidation des fractures,
PR dans l'eczéma calleux et l’hyperkeratose.
En un mot, l'indication générale de la sympathectomie est ainsi définie par Lericne: « Toutes les maladies « ou la nutrition périphérique est entravée sans qu'une « maladie nerveuse centrale soit en jeu et sans qu'il y « ait de causes vasculaires ou sanguines à l’origine ».
I1 paraissait indiqué, d’après ce que nous savons de la
ras
/ 4 d 90 - a a, SE Cou 2 —— =
sclérodermie et de son origine sympathique, d'appliquer =:
à son traitement la sympathectomie périartérielle.. M. Guizranx la conseille pour le malade dont nous relatons l'histoire, mais nous ne croyons pas que l'opération
ait été tentée en France, : :
Wizzx Horn, d'Essen, a opéré une sclérodermie avec.
succès, et voici l’observation de sa malade :
Fraulein B.-B., 23 ans. Aucun antécédent personnel.
« IP y a 3 ans que la malade observe, sur une surface circonscrite ce son avant-bras gauche, un épaississement de
la peau, qui, dans le courant de celte année, s’est étendu à tout le bras, À ce niveau, la peau est de coloration bleuâtre,
depuis six mois, le même processus à envahi l’avant-bras droit. | = |
« La malade fut traitée dans différentes cliniques par des injections iodées, des onguents et enveloppements, des bains,
massages, bains de soleil, rayons X, ete. Comme aucune
amélioration ne survenait et que l’aggravation se précipitait, la malade est admise, le 30 janvier 1923 à la clinique dermatologique, service de chirurgie.
Examen du malade
« Sur tout le bras gauche la peau a une coloration bleu- |
rougeâtre. Les plis, lignes de flexion et les fines rides de
l’épiderme ont disparu. A la palpation, la consistance est.
dure, avec maximum le long du cubitus et au dos de la
main. La peau a perdu toute élasticité, on ne peut la pincer
entre les doigts.
€ Pas de troubles appréciables de la sensibilité. Le bras se trouve un peu lourd par rapport au reste du corps.
« Les mêmes constatations sont à relever sur l’avant-bras
droit, avec cette différence qu'ici les symptômes sont moins
accusés qu'à gauche,
CRE Cela se nn donc nettement comme une he ue mie symétrique.
« On décide d intervenir ne sur le bras gau- .che, atteint le premier et le plus gravement par la maladie.
«€ Opération le 24 j janvier 1923. par le Professeur Kepprer.
« Libération de l'artère brachiale exactement au-dessous LS du creux axillaire. dans la gaine vasculo nerveuse du bras. La préparation d cette libération suscite les plus grosses difficultés. :
4 € Au lieu, de ce tissu lâche et ténu que l'on rencontre habituellement autour des vaisseaux, on. trouve ici l'artère brachiale engainée, avec la veine correspondante dans tm tissu
- épais, fibreux, à | contexture si serrée que l’on à l'impression de sculpter la paroi du vaisseau dans une épaisse gangue.
On décortique et extirpe soigneusement au ciseau l’adventice
sur une étendue de huit à dix centimètres, d’après le procédé. ‘de BRüNNIG.
— ‘ Au cours de la décortication survint un rétrécissement considérable du calibre de l'artère. Nous n'avons pas vu Fe cetle dilatation des lumières artérielles observée par Kümmer. après extirpation de l’adventice, Plaie opératoire fermée par première intention. Evolution absolument normale, Tout de suite après l'opération le pouls n’était plus perceptible, Envi- TS ron trois heures plus tard il était redevenu palpable, et Es a # trois jours après l’opération il retrouvait toute son ampleur
. normale. Tandis qu'avant l’opération la main semblait “engourdie, après sympathectomie elle ressentait une chaleur nette.
« Quatorze jours plus lard on note déjà une régression = des troubles trophiques. L'induration anormale se résoud, La ee peau recouvre à la longue son ancienne élasticité et se laisse à nouveau pincer.
«€ L'amélioration fait encore d’autres progrès par la suite. : “Æ Peu à peu les anomalies de la peau disparaissent, Au bras, 3 les téguments reprennent leur consistance normale,
Le Qi
& Puis l'avant-bras s'améliore, il ne subsiste plus à l'heure actuelle qu'un œdème pâteux à induration très diminuée, une mince bande cutanée le long du cubitus.
« Au niveau de la main la peau s’est assouplie, la comparaison avec l’avant-bras gauche nous à été d’un grand secours pour évaluer be degré de l'amélioration survenue. Grâce à ce témoin, l’évolution est contrôlable.
-« Cet état de choses va-Lil persister, s’amender ou disparaître ? Toujours est-il que la malade .est depuis peu, entrée dans un-élat stationnaire.
« Le fait que l'amélioration survint si vite, el arriva si rapidement à un palier est d'autant plus curieux à expliquer que tous les filets sympathiques commandant le territoire cutané du bras en question, ont été sectionnés. Mais d’un autre côté, l’interrupüon de l’influx perturbé n’a pas été absolue à cause des nombreuses collatérales de la brachiale qui s’anastomosent avec les vaisseaux antibrachiaux. et par où les voies sympathiques sont demeurées intactes et fonctionnent à nouveau.
€ Aussi faut-l pratiquer la sympathectomie d'autant plus haut (c'est-à-dire avant que les anastomoses ne se détachent) que les troubles siègent plus bas. Sinon l’artère doit être décortiquée sur. une surface beaucoup plus considérable, pour détruire le plus de réseaux collatéraux possible,
« En face de l’inefficacité de la thérapeutique pratiquée jusqu’à présent, nous notons les résultats très favorables de notre cas pour être utüles à d’autres applications ou recherches. Autant que j'ai pu m'en rendre compte dans : la lillérature, la sympathectomie n'avait pas été encore appliquée à la sclérodermie en Allemagne.
« Nous nous proposons d'opérer de même le processus morbide du bras droit ».
IT est fort regrettable que nous ne possédions pas d’autres cas analogues qui nous permettraient de dresser des
Statistiques et de juger la méthode au un de vue général. 2 $
Néanmoins, d'ores ét déjà ce facteur thérapeutique
doit avoir une place importante dans la cure de la sclérodermie. A
Voici one comment nous comprenons le traitement : 170218 Nous ne saurions évidemment, devant une maladie
aussi variée, formuler une ordonnance-type ; force nous
est de nous en tenir aux indications générales et à l’éclectisme. : 8 © FNUSSENRE
Etiologiquement, la recherche de la syphilis présente un gros intérêt, devant les heureux résultats que l’on peut obtenir par le traitement spécifique. Mais ceci mis à part, nous savons trop peu de chose pour nous attaquer aux autres maladies possibles. Néanmoins, la cure intes-. tinale, de MM. GueLpA et THIBIERGE, inoffensive sem- | É ble-t-il, doit être essayée.
On pourra prescrire les préparations opothérapiques, capables d'agir sur l'état général et sur certaines compli- | | cations. Enfin, l'opération de Lericue est une arme nou- LC velle, douée d’une réelle valeur. Pratiquée avec succès au niveau des membres, on pourra probablement en étendre les indications en la tentant au niveau de Ja thyroïde et des organes génitaux, comme cela à déjà été fait dans d’autres affections. La topographie complète du sympatique, nous l'avons dit, élargira encore son domaine d'action.
Mais ceci ne doit pas faire négliger la médication symp-
tomatique qui a donné de bons résultats entre les mains
des auteurs qui les imaginèrent successivement au lit du malade. On doit la conserver à titre d'adjuvant même si l'opération de LERICHE est tentée, et si lon ne peut intervenir, pour une raison ou pour une autre, son arsenal contient les seuls palliatifs auxquels on puisse recourit. Il faudra peut-être en essayer plusieurs, mais dans leur nombre il peut se trouver un procédé efficace, qui nous rendra service pour le cas que nous pouvons rencontrer. :
Quant à la cure de la cataracte, il est évident qu'elle répond aux mêmes indications opératoires que de coutume. Elle ne saurait donc sortir du domaine de l’ophtal-
mologie.
ADDENDUM. — Au moment de confier notre travail à : Péditeur, nous apprenons que la sympathectomie a été pratiquée pour la seconde fois dans sclérodermie par LERICHE lui-même. Voici le compte rendu qu’en donne la « Presse Médicale » du 10 juin 1925. ;
Résultats d'intervention sur le sympathique dans la sclérodermie. — MM. LERICHE, M. WOLrF ei R. FONTAINE présentent un cas de sclérodermie évoluant depuis 14 ans, qu’ils ont pu notablement améliorer par des opérations sur le sympathique. Ils ont pratiqué une première fois de chaque côté une sympathicectomie péri-humérale, qui a eu une influence très heureuse sur la sclérodactylie. Quatre mois plus tard, ils ont fait à droite l’ablation du ganglion cervical supérieur et à gauche la section des rameaux communicants cervicaux inférieurs, A fa suite de ces deux dernières interventions, la beau des deux mains est redevenue plus souple, mais Pamélioration cette fois s’étendait également à la face.
elle-même con-