‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 14 sur 50 · DAS · texte numérisé non relu

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fule ganglionnaire, tandis que nous verrons qu’elles sont hâtives et se rencontrent tout au début dans {a tuberculose vraie des ganglions.

«…… Sur des sections minces examinées au micros: cope, on peut suivre peu à peu les modifications les ilots devenus caséeux. C’est d’abord à Poblitération des capillaires qui y sont contenus, puis à Patrophie, à l’état grenu des cellules emprisonnées dans les mailles du réticulum. Lorsque la circulation ne se fait pas dans un d'eux, il se produit un petit espace vide où une séparation incomplète à sa périphérie entre le tissu fibreux des travées et d’ilot.

« Cette altération consiste essentiellement \dans une inflammation chronique du tissu conjonctif et des cellules lymphatiques dans lPépaississement fibreux et a formation de bandes de tissu conjonctif qui parcourent le ganglion, en dissociant, en isolant des ilots du tissu réticulé dont le réticulum et les céllules sont eux-mêmes altérés. Consécutivement à ce processus très lent, là circulation se ralentit et se supprinie dans les ilots qui deviennent caséeux… L'état caséeux et l’induration scléreuse sont les derniers termes de l’évolution de la lésion ».

Cornil s'efforce ensuite d’opposer à cette description celle du ganglion tuberculeux. Il le fait dans les termes suivants :

€ Ganglion tuberculeux. 11 existe une inflammation des tissus lymphatiques qui se dilatent, se remplissent de cellules lymphatiques et dont les cellules endothéliales de revêtement deviennent globuleuses,

« Les tubercules qui sont les analogues des mênes productions des autres organes ne se montrent que très difficilement à l'œil nu, car ils sont très

à petits. Aussi lorsqu'on voit ces néo-formations à Fœil nu, a-t-on affaire à des tubercules conglomérés et déjà opaques à leur centre... Le tissu des tuber cules se continue directement et sans qu'il y ait dé- limitation nette avec le tissu réticulé fin du ganglion, ou, pour mieux dire, le tubercule n’est autre chose qüe le tissu réticulé persistant dans lequel les cellules lymphatiques du centre de l’ilot sont modifiées, en même temps que les vaisseaux de l’ilot sont oblitérés et imperméables à la circulation, de telle sorte que la nutrition de tout le territoire cellulaire est nuile... En étudiant un ilot tuberculeux avec un fort grossissement, on voit que les cellules lymphatiques qui composent son centre sont très r'approchées les unes des autres et qu’elles offrent entre elles une certaine cohésion; les fibrilles du réticulum sont à peine visibles, minces et grenues: le réticulum et les cellules sont unis. Les cellules lymphatiques se colorent uniformément en rose par le picro-carmin et elles n’ont pas de noyau distinct ; él les ont une semi-transparence, bien qu’elles présentent dans leur protoplasma de très fines granulations graisseuses. Elles ont, en un mot, subi la dégénérescence atrophique et caséeuse des cellules du centre du tubercule. Les cellules de la périphérie du tubercule sont, au contraire, des cellules normales au milieu d’un tissu réticulé semblable au tissu ré. ticulé fin non altéré du voisinage. Nous n’admettons

PSE: Pen

nullement l’opinion de Schüppel qui croit que la tuberculose débute par une cellule géante et qui fait naître les éléments nouveaux de la granulation tuberculeuse de la prolifération des noyaux du tissu reticulé.

« On voit combien les tubercules de ganglions différeraient peu du tissu réticulé voisin, si nous n'avions pas comme élément distinctif très impor tant les altérations des vaisseaux.

« L’oblitération des artérioles, des veinules du tissu réticulé envahi est, en effet, absolument constante dès le début et dans toute partie suspecte d’appartenir à un nodule tuberculeux.

Et Cornil de conclure:

« Pour le lecteur qui à suivi attentivement les descriptions que nous avons faites successivement de l’une et de l’autre, il est de toute évidence que |: lésions tuberculeuses des ganglions et l’adénite serofuleuse sont des processus différents, bien que leur

terminaison par l’état caséeux soit la même. Dans

la scrofule, en effet, les ganglions sont très volumineux tandis que dans la tuberculose ils restent petits ou ne présentent que très rarement un graid développement. Dans la tuberculose, au début, ies voies Iymphatiques et les tissus péri-folliculaires sont le siège d’une inflammation très évidente et cons. tante, caractérisée par l’accumulation de nombreuses cellules d’un volume assez considérable dans ieur intérieur : c’est une sorte d’inflammation catarrhale. Dans la scrofule au début, rien de semblable; on à

f NOTES

affaire alors à une formation nouvelle de tissu conjonctif, à une adénite interstitielle.

« Les productions ou formes caractéristiques de la période d’état sont, dans la tuberculose, des tubercules, c’est-à-dire des petits ilots formés de petites cellules rondes pressées les unes contre les autres, devenant rapidement caséeuses, à leur centre, c’est. à-dire, perdant leur noyau, devenant semi-transparentes, granuleuses, cohérentes les unes aux autres, en mêmé temps que dès le début les vaisseaux san: guins sont oblitérés.

« Dans la scrofule, la forme spéciale de la lésion

de là période d’état consiste dans l’isolement, par le tissu conjonctif de nouvelle formation de petits ilots du tissu réticulé, dont les mailles arrondies, limitées par des fibrilles épaissies et molles, contiennent de grandes cellules Iymphatiques à noyau ovoide ou protoplasma granuleux. Ces parties, que nous appelons ilots strumeux, se laissent facilement débarasser de leurs cellules par Paction du pinceau et ils sont réduits à leur tissu réticulé. Dans les tubercules, au contraire, il est impossible de chasser les éléments par le pinceau; les cellules atrophiées font corps avec le réticulum.

«€ Les ilots strumeux subissent, il est vrai, à un moment donné, une dégénérescence caséeuse, c’est-àdire que leurs cellules s’atrophient et deviennent grenues en perdant leurs noyaux. Maïs cette altération se fait en masse dans tout l’ilot strumeux, et elle est lente à se produire, tandis qu’elle est pri. mitive et rapide dans la tuberculose où elle com-

RAT tes us

mence au centre du tubercule. I en est de même des

oblitérations vasculaires qui, dans la tuberculose sont primitives, de la même époque que le début des tubercules, tandis qu’elles viennent tardivement dans

les ilots strumeux et dans le tissu conjonctif qui les

entoure.

« L'apparition du tissu fibreux sous forme de fais

ceaux et de petits nodules vient dans la tuberculose longtemps après son début, dans des ganglions at

teints de tuberculose chronique, tandis que le tissu conjonctif embryonnaire se développe autour des vaisseaux dès le début de PEN SCEOENIENEES

« Aussi, en entrant dans le détail histologique des lésions tuberculeuses et scrofuleuses des ganglions, ne, pouvons- NOUS pas admettre l'identité complète de ces lésions, qui est professée par Thaon dans sa thèse de doctorat (1877) et dans un récent article du Progrès Médical. Schüppel, qui donne comme la caractéristique des tubercules les cellules géantes, n’hésite pas à dire que les tubercules se rencontrent toujours dans les ganglions scrofuleux, puisqu'on y trouve aussi des celles géantes. |

(€ Il est certain que les écrouelles et les tuberctles ont un air de parenté par la dégénérescence caséeuse qui est leur stade ultime et commun, et par la faci. lité que possèdent les petites cellules du nodule tuberculeux, aussi bien que les grandes cellules lymphatiques de l'ilot strumeux à cesser de vivre et à devenir granuleuses; mais le début de la lésion et sa période d’état suffisent à établir une distinction

Lino

‘anatomique. La distinction étiologique et clinique n’est pas moins nette ». EP

Grancher qui rapporte lui-même ce passage de Cornil insiste sur létroite parenté qui unit la scro-

fule et la tuberculose, écrivant même que la scrofule

est «une tuberculose atténuée, une tuberculose nais- k sante, une tuberculose au premier degré ». Il s’ap. puie d’ailleurs, lui aussi, sur. l’histologie, pour | étayer sa thèse. 53; € J'ai plus que tout autre insisté, dit-il, sur ce |. fait que la granulation de Laënnec est un tubercule nt, adulte, qui a passé par des phases embryonnaires et passera par les phases 1e la vieillesse: caséification

ou sclérose. rte

« Or, dans les phases embryonnaires se rencontrent 1}

précisément ces produits que Virchow désignait sous.

le nom un peu vague de: tissu de granulation, tissu ; dans lequel Schüppel a surtout étudié les Riesen-Zel- 28e len, et Küster un certain groupement de cellules : tu- Mat bercule primitf. Mais il arrive souvent que, dans le

% lupus, par exemple, on trouve à côté de follicules tu-

F berculeux assez bien formés d’autres associations cellulaires plus ou moins informes, ou même une simple infiltration dans tous les tissus sous-dermiques de cellules embryonnaires et de cellules géantes, dispo-

Sées sans ordre précis, Sans coordination particuliére 4

« Eh bien, ce tissu de granulations et ces nodules

fo microscopiques informes ou irréguliers forment ma. nifestement le premier âge de la tuberculas>; c'est d’eux que peut naître la granulation tuberculeuse ou le tubercule pneumonique. ;

Se -u

« Mais si le tubercule adulte ne se forme pas, quel nom donner à ces productions anatomiques de nature tuberculeuse, mais de structure et de texture imparfaite? Je propose de désigner sous le nom de serofulomes ces « tissus de granulations » (Virchow). ces (ilots strumeux » (Cornil), ces € tubercules primitifs » (Kôster), qui ne sont certainement pas des inflammations simples, puisqu'elles aboutissent natu rellement à la caséification, et qui ne sont cependant pas encore des tubercules parfaits.

« Dénommer et classer. ainsi ces processus anatomiques, c’est, à mon avis, le seul moyen de Sortir de la confusion qui règne aujourd’hui dans la scieners sur ce point. C’est faire la part de la tuberculose rt de la scrofule, tout en les associant, c’est donner à la clinique une traduction aussi exacte que possible dans le domaine de l’anatomie pathologique; enfin, ce qui vaut mieux encore, c’est être d’accord avec les faits. |

« Mon expérience en ces matières me permet d’affirmer en effet que le tubercule est le produit le plus parfait d’un processus anatomique inférieur: inflammation chronique ou tissu de granulation sur un terrain scrofuleux; et toujours, même quand il s’agit d’une tuberculose miliaire aigüe, ce tissu de granulation se retrouve dans les gaines lymphatiques, ie long des vaisseaux ou des canaux, et forme ces trai. nées que j’ai désignées dans ma thèse sous le nom de tubercule infiltré ou tubercule diffus.

« La dégénérescence caséeuse ou la transformation scléreuse les atteint comme le tubercule lui-même et

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