‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 49 sur 50 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1) L’ensemble des manifestations cliniques désigné depuis longtemps sous le nom de « scrofule » répond. à un type clinique fréquemment observé à tous les âges de la vie. Ce terme mérite done d’être conservé.

2) La scrofule ne représente cependant pas une entité morbide. Les aspects sous lesquels elle s’observe sont tels qu’elle paraît être, suivant les cas, tantôt d’origine tuberculeuse, tantôt d’origine syphilitique : mais il n’existe très souvent aucun critérium qui permette de rapporter avec certitude à l’une plutôt qu’à l’autre de ces deux affections la cause déterminante de la scrofule. *

3) Chez tous les strumeux que nous avons examiné, nous avons pu déceler la tuberculose, soit au niveau des lésions scrofuleuses, soit à distance d’elles: il ne nous à pas été possible de trouver des symptômes différentiels permettant, par exemple, de ranger certaines adénites strumeuses dans le cadre de la scrofule proprement dite, et certaines autres dans celui de la scrofulo-tuberculose.

La tuberculose nous paraît donc être un des facteurs étiologiques dominant de la scrofule.

4) Maïs la recherche de la syphilis chez les scrofuleux nous à également permis de la mettre fréquem- ! ment en évidence. Ses manifestations en sont généralement très discrètes: les antécédents des malades doivent être minutieusement fouillés, les signes et

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stigmates doivent être recherchés avec le plus grand soin sur tous les organes et appareils de l’économie si l’on veut en trouver quelque trace. Les réactions sérologiques se montrent d’ailleurs assez souvent négatives, Car la syphilis de ces malades est toujours très ancienne: parfois acquise, elle est le plus souvent héréditaire. LEUR

5) Cette infection syphilitique de longue date, par les modifications humorales qu’elle provoque, crée îe « terrain syphilitique », particulièrement propice au développement de la tuberculose.

Celle-ci, sur ce terrain spécifique, peut rester latente, mais quand elle se développe, elle le fait sui. vant ‘un processus particulier, tendant aux localisations, et évoluant d’une façon lente, torpide, froide : la scrofule.

6) La scrofule ne saurait, par conséquent, créer dans l’organisme une immunité vis à vis de la tuberculose pulmonaire: de fait celle-ci est très fréquente chez les scrofuleux. Mais l'influence sclérosante du terrain syphilitique oriente dans le sens fibreux cette localisation pulmonaire de la bacillose qui, sous la forme scléro-calcaire, nous paraît devoir être considérée comme un stigmate important de spécificité.

7) Le traitement spécifique doit, en conséquence, toujours être tenté chez un scrofuleux, même si l’on n’a décelé chez lui aucun stigmate de syphilis: la constatation d’une tuberculose froide constitue une présomption suffisante en faveur de cette infection pour autoriser semblable thérapeutique.

À condition de respecter les contre-indications propres à chaque médicament employé et de s’astreindre à une étroite surveillance clinique et radiologique de ces malades, on peut sans danger, soumettre tous les scrofuleux au traitement anti-syphilitique.

Wil est appliqué correctement, à doses suffisantes : et pendant un assez long temps, on peut en attendre les plus heureux effets. C’est une des modalités de I « hétérothérapie » qui, en modifiant favorablement le terrain sur lequel se développe cette tuberculose. accentue son évolution naturelle vers la sclérose.

C’est ainsi qu’un peu plus d’un tiers des maiades présentant des adénites scrofuleuses, suppurées ou non, que nous avons ainsi traités, ont complètement et rapidement guéri. La plupart des autres ont été très améliorés: aucun n’a vu ses lésions s’aggraver, du fait de cette thérapeutique.

IT est d’ailleurs indispensable d'appliquer en même temps à ces malades Île traitement général indiqué chez tous les tuberculeux.

Vu VUS:

— { : Aus Le Doyen, Le Président de thèse, ROGER. Emile SERGENT.

Vu et permis d'imprimer Le Recteur de l'Académie de Paris, MAURELLET.

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