LIVRE DEUXIEME
L'animal, corps ramassé, croupe ronde, jambes fines, tête nerveuse, ne déparerait pas la frise des Panathénées ; le guerrier, cavalierconsommé, élégant et ferme sur sa monture, fait honneur à la jeunesse dorée d'Athènes; le combattant vaincu a su tomber avec grâce, et d'un geste courageux semble vouloir lutter contre la défaite, comme dit Aristophane; il est bien de la race des aïeux qui, tombés sur une épaule, secouaient la poussière, se redressaient et niaient leurchute(fig. 124).
On a cité maintes fois la pierre tombale d'Aménokleia, fille d'Androménès, celles de
Polyxène (fig. 125), celle surtout d'Hégéso, fille de Proxénos (fig. 126), où l'on voit la morte chastement enveloppée de voiles et de draperies, l'air grave et
Stèle de Polyxène.
doux, illuminée d'un rayon d'outre-tombe, reflet de béatitude élyséenne, converser familièrement avec une servante favorite.
Le grand bas-relief dont nous donnons pour la première fois le dessin "V | (fig. 127) se distingue
par l'ampleur de la conception et du style. Trouvé au cimetière du Céramique, il est déposé au Musée National d'Athènes. Devant Prokleidès, fils de Pamphilos, vieillard à longuebarbe,à longs cheveux, le torse nu, assis sur une chaise dans une attitude familière, son fils Proklès est debout, lui tendant la main.
C'est un soldat revêtu de sa cuirasse, et tenant le fourreau de sonépée; son corps est robuste et bien musclé, sa tête énergique et belle dans la sobriété de ses lignes, dans la simplicité de ses cheveux et de sa barbe; il abaisse un regard tranquille vers son père, tandis que derrière eux Archippé, fille de Mégaklès, femme et mère des deux héros, d'une maturité un peu lourde, mais très digne, de matrone, écartant d'une main son voile, ramenant de l'autre ses manteaux contre sa
Fia. 126.— Stèle d'Hégéso.