‹ La sculpture antiqueChapitre 120 sur 163 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

taille, complète ce reposant tableau d'une famille unie dans la mort comme elle le fut sans doute dans la vie. Il est difficile, par malheur, d'exprimer la profondeur du sentiment re-

ligieux

qui anime cegroupe, donnant aux trois visages une sérénité majestueuse, ce que les Grecs appelaient le ceixvov.

Sans doute on peut relever dans cette œuvre bien des défaillances du ciseau, quelques fautes contre l'anatomie, comme à la main de Proklès, et des mollesses, comme dans la poitrine de Prokleidès et le bras

d'Archippé; mais que sont ces faiblesses, rachetées et bien au delà par l'inspiration et l'impression profonde d'idéal?

L'influence de Phidias s'est étendue dans bien des sens; on l'a retrouvée un peu partout. Pour citer au

Fig. 127.

Stèle de Proklès, Prokleides et Archippé.

hasard de nos souvenirs, nous croyons la reconnaître très franche dans la stèle d'Eleusis, composition d'une simplicité religieuse, dessin d'une élégance sobre et

pure, où l'on voit Déméter et Koré faire don à Triptolémos d'un grain de blé (fig. 128), et dans une fort belle métope d'un temple de Sélinonte (fig. 129, Musée de Palerme). Elle représente lemariagemystique (ispoç ya^-o;] de Zeus et d'Héra.

Le Roi des dieux, le torse nu, comme dans la frise des Panathénées, est assis sur un rocher, et de sa main droite tendue il saisit le poignet gauche d'Héra pour i"attirer à lui. La déesse est debout, enveloppée des grands voiles des fiancées. La composition de la scène est simple et chaste, le modelé du nu, la draperie des voiles sont d'un grand style, et si la tête de Zeus, surtout la coiffure et la barbe, comme les plis de la robe d'Héra, gardent quelques réminiscences archaïques, il semble

T'ig. 128. — Démêler, Koré et Triptolémos. (Stèle d'Eleusis.)

Page 1