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draperies volantes (fig. i3o). Mais les personnages sont courts et trapus, sans cette fleur d'élégance et ces justes proportions où nous a maintenant habitués l'Ecole attique, et, il faut bien le dire, un mauvais goût qui nous surprend a dominé le dessin de certaines attitudes, la composition de la plupart des groupes. Que dire, par
Fig. 13 1. — Fragment de la frise de Phigalie.
exemple, de cet enchevêtrement bizarre : un Lapithe a été saisi par derrière par un Centaure qui le mord à la nuque; le malheureux peut néanmoins plonger un poignard dans le poitrail du monstre; mais celui-ci. sous l'aiguillon de la douleur sans doute, lance une ruade qui va frapper le bouclier d'un second Lapithe, lequel recule avec effroi? Et comme il reste de la place dans le champ delà frise au-dessous du Centaure ruant, le sculpteur a étendu à terre un second Centaure blessé, tombé la face contre le sol, dans une posture si compliquée de la tête et des membres que l'on a peine à s'y
reconnaître (fig. i3i). Il y a là, si Ton veut, de l'imagination, mais mal réglée ou plutôt déréglée, et qui, par malheur, n'a pas à son service pour sauver ses hardiesses maladroites un bien habile ciseau; la frise de Phigalie n'est, en somme, que la manifestation médiocre d'un art provincial.
POLYCLETE
Polyclète, le plus illustre contemporain de Phidias, né à Sicyone, mais Argien en réalité, était égalé par les anciens au maître attique ; quelques-uns même Pavaient déclaré supérieur. Leurs œuvres pourtant ne sont pas comparables, et c'est témérité que de vouloir assigner des rangs à des génies si divers.
Polyclète passa presque toute sa vie à Argos. Nous savons quel centre artistique fut avant lui cette petite ville; nous avons nommé Agéladas, près de qui vint étudier Phidias dans sa jeunesse; il fut aussi le maître de Polyclète. Polyclète avait bien des raisons pour rester dans sa province qui, même en face d'Athènes, gardait ses traditions et sa gloire; ce séjour détermina la voie qu'il suivit. Phidias, ami de Périclès, au moment où Athènes débordant de richesses allait se couvrir de monuments superbes, était porté par les circonstances mêmes à déployer son génie dans de grands ensembles décoratifs; de là sortit la conception des métopes du Parthénon, de la frise et des frontons. Polyclète, au contraire, dut en quelque sorte replier ses ailes et restreindre son essor à des œuvres moins vastes et moins superbes; mais sa gloire n'y a rien perdu; elle
est justement d'avoir atteint la perfection dans un genre qui, sans avoir le sublime de Phidias, ne manque pourtant ni de noblesse ni de grandeur.
Polyclète sculpta quelques statues de divinités, un Zeus à Argos, une Aphrodite à Amyclée, un Hermès à Lysimacheia(Chersonèse taurique), peut-êtreun groupe de la trinité délienne, Léto, Artémis, Apollon, sur le mont Lyconé. L'Héra Chryséléphantine, qu'il fit pour un temple d'Argos, était surtout célèbre. « La déesse, dit Pausanias, très grande, est assise sur un trône; elle est d'or et d'ivoire; elle porte un diadème où sont sculptées les Charités et les Heures; d'une main elle tient une grenade, de l'autre un sceptre; on dit qu'au sommet du sceptre est posé un coucou, parce que, selon la fable, Zeus, amoureux de la vierge Héra, se changea en coucou pour la poursuivre. » Strabon prétend que pour l'habileté technique cette statue l'emportait sur toutes les autres, mais le cédait à celles de Phidias pour la perfection et la grandeur. Quelques bustes, surtout l'Héra Farnèse au Musée de Naples, sont peut-être inspirés de ce chef-d'œuvre.
Nous avons du moins des copies à peu près authentiques des trois statues qui donnaient la note exacte du génie de Polyclète, le Doryphore, le Diadumène, l'Amazone blessée.
Quintilien a dit que sous le ciseau du maître argien le corps humain prenait trop de beauté, les dieux pas assez de majesté. Il semble en effet évident que les dieux de Polyclète perdaient à être comparés aux dieux de Phidias ; mais, pour les hommes, ce n'est pas sans raison que le Doryphore, par exemple, a mérité de servir