‹ La sculpture antiqueChapitre 70 sur 163 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

de Gjœlbaschi, transportée à Vienne, nous montrent la persistance en Grèce.

Enfin, quand au relief donné par le ravalement du fond s'adjoignit le relief dû au modelage des figures

F'g- 59- — Stèle du Discobole (Acropole d'Athènes).

saillantes; quand furent découvertes et admises les conventions de la perspective, les sculpteurs n'eurent plus rien à acquérir que la prestesse de main et raffinement du goût. On sent bien, à l'étude des monuments qui nous restent, les tâtonnements des primitifs. Ainsi, il est un fait, que le profil de l'homme, corps ou visage, est plus net, plus caractéristique que la face ou le trois quarts. L'œil, au contraire, est d'une forme plus simple vu de face que de côté ; il en résulte que les bas-reliefs archaïques, comme les dessins de vases,

nous montreront, à l'exemple de l'Egypte, des profils d'hommes et de femmes dont les yeux seront de face.

Tel est le fragment de stèle funéraire d'un Discobole trouvé dans le mur de Thémistocle, à l'Acropole d'Athènes. Nous n'hésitons pas à considérer cette tête (fig. 59) comme un des plus anciens monuments qui nous soient parvenus de la sculpture grecque en basrelief, contemporain de quelques-unes des figures viriles étudiées au début de ce chapitre. Sans parler de son rire, qui a pourtant la valeur d'une date, nous trouvons une ressemblance frappante entre ce visage et celui de l'Apollon de Ténéa : front plat et fuyant, œil 'en amande, très près du nez ; nez pointu, menton en retrait, cheveux divisés par un lien en zones horizontales et parallèles. Du corps, on n'a rien retrouvé ; mais nous supposons volontiers qu'il était nu, dans l'attitude des Apollons archaïques, sauf la main gauche, relevée pour maintenir le disque derrière la tête.

La stèle si connue d'Aristion , œuvre d'Aristoclès, nous paraît moins ancienne (fig. 60). Ce soldat, qu'on appelait à tort Soldat de Marathon, armé, cuirassé, casqué, date à peu près de la LXXe olympiade, c'est-à-dire du vie siècle avant Jésus-Christ; mais l'allongement de son visage, la frisure de sa barbe, de ses cheveux, l'ajustement et la coloration de son armure — car la peinture s'est conservée — malgré la position du bras pendant, de la jambe gauche avancée, dénotent un art plus habile et plus complet que la tête du Discobole; il y a la même distance

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