LIVRE DEUXIEME
vons-nous noter quelques traces de progrès, plus, il est vrai, dans l'attitude d'Apollon, qui est presque de face, et d'Hermès, dont les jambes nues sont dessinées avec assez de science, que dans la représentation des femmes.
Est-ce à dire que ces différents types, statues ou bas-
Fig.'(37. — Bas-relief d'Assos.
reliefs, se rencontrent exclusivement à ces époques primitives partout où la civilisation grecque commença à se répandre ? Est-ce à dire même que dans une même région, dans une même ville, comme à Athènes, ils se rencontrent seuls? L'art, même à sa naissance, n'était pas si étroitement borné, et les monuments sont nombreux qui, sans infirmer en rien, croyons-nous, les conclusions auxquelles nous avons abouti, doivent être signalés à titre d'importantes et curieuses exceptions. En Asie, des statues archaïques, comme celles qui décoraient l'avenue sacrée du temple des Branchides (fig. 49) , œuvres froides et impersonnelles, des bas-reliefs comme la frise du vieux temple dorique d'Assos, sur laquelle des bandes d'animaux passants ou affrontés alternent avec des scènes de combat entre hommes et dieux
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marins, des scènes de banquet, ou bien des Centaures poursuivis par Héraklès (fig. 67), portent la marque indéniable de l'influence orientale.
L'Héra trouvée à Samos (fig. 68), les jambes prises dans une robe qui les enveloppe comme une gaine ronde, donnant à l'ensemble l'aspect d'une colonne, s'éloigne fort du type ordinaire ; mais si l'on en croit l'inscription, la statue remonte à peine au commencement du ve siècle, tout au plus aux dernières années du vic, et déjà à ce moment l'art était plus libre, moins enfermé dans ses conventions, et d'ailleurs l'Héra de Samos n'est sans doute que la reproduction quelque peu affinée et comme enjolivée de l'antique Héra Sanis, ou Héra — planche que vénéraient les Samiens, sœur de l'Héra Kiôn, ou colonne, chère aux habitants d'Argos.
L'Artémis ailée de Délos (fig. 69), œuvre des Chiotes Mikkiadès et Archermos, fils de Mêlas, est certainement plus ancienne; on peut l'attribuer à la fin du vne siècle; elle n'est pas droite et immobile, comme les autres statues déliennes; elle veut courir, et le sculpteur naïf, pour donner l'illusion de ce mou-
Fig. 68.
Héra de Samos.