‹ La sculpture anversoise aux 15e sièclesChapitre 14 sur 19 · SCULPTEURS DU XVP SIECLE · texte numérisé non relu

SCULPTEURS DU XVP SIECLE

Nous sommes arrivé à une nouvelle ère de l'histoire d'Anvers. A la mort du Téméraire, le beau duché de ce prince fougueux passe sous la domination autrichienne. A peu près vers la même époque, au cours du dernier quart du XV^ siècle, un lent mouvement propice à la pénétration de l'influence italienne s'effectue. Pendant les cinquante années qui vont suivre une révolution complète va s'opérer dans tous les arts.

Au début de notre esquisse nous avons rapidement commenté les grandes courbes de l'évolution de l'art chez nous, jusqu'à la décadence du style gothique, ou plutôt jusqu'à son plein épanouissement. Il nous faut reprendre ce dessin inachevé et brièvement y ajouter quelques traits concernant l'époque immédiatement postérieure. Déjà dans les fragments d'inventaires que nous avons reproduits afin de jeter quelque lumière sur le faste de la maison de Bourgogne, on a rencontré des objets d'art venus de l'Orient. Soit que le texte nous dise que tel objet vient de Venise, soit que nous y reconnaissions l'art italien, il suffit pour que nous apprenions les rapports existant entre les ducs et les nations de la péninsule.

Mais ce n'est pas de là que nous arriva ce prin-

cipe d'art que les critiques flamands modernes ont maudit. En effet, la Renaissance italienne est née au xiv-' siècle, et il lui a fallu longtemps avant d'arriver dans le Nord et d'3^ vaincre.

D'ailleurs, l'Italie influença timidement l'art septentrional bien avant qu'il fut question de Renaissance. Elle était alors purement gothique et ne pouvait donc « romaniser » les artistes de la Cour franco-flamande des ducs. Les Heures du duc de Berry, « lui aussi, admirateur convaincu de l'art franco-flamand », contiennent des miniatures de Jacquemart de Hesdin, de Paul de Limbourg, de Beauneveu, à côté de celles d'artistes gothiques italiens. Les petites peintures (attribuées à Simone Memmi) au Musée d'Anvers (267, 258, iSg et 260) sont des spécimens de cet art gothique italien. Des peintres comme Matteo di Giovanetto, en sont les représentants.

D'autres objets introduisaient chez nous les modes encore primitives de l'Italie. Ce sont les sculptures en os et en ivoire, les selles italiennes que l'on crut longtemps provenir de l'Allemagne, les croix processionnelles nettement italiennes que gardent quelques musées. Mais tout ceci n'offre aucun danger pour la pureté de l'art septentrional. L'art transalpin ne diffère que peu, dans son esprit essentiel, de celui de la Renaissance flamande, de l'art Bourguignon, Brabançon et Flamand.

Les coffrets d'ivoire et les petits retables

Fig. 24. — Retable de Pailhe, xv^ siècle.

Bruxelles, A'Iusées royaux des Arts décoratifs.

Bois polychrome, portant les poinçons d'Anvers.

d'ailleurs destinés à l'exportation, les verres de Venise, les tissus, les orfèvreries, qui précèdent et annoncent la grande et définitive explosion de la Renaissance, s'introduisent en Flandre par le fait des relations de commerce, relations amplement prouvées par les documents. L'Italien et surtout le Lombard est celui avec lequel on fait le commerce. Les Lombards, prêteurs sur gages, financiers, marchands, sont si nombreux que toutes les affaires d'argent semblent entre leurs mains. Dès lors Lo7nbard est sj^nonyme d'homme d'affaire. A Venise, à Paris, il }■ a une rue, anciennement habitée par des marchands, qui s'appelle encore rue des Lombards. Outre que nos voisins, les Français, alors sous Charles VI, entretiennent des relations politiques avec la Péninsule, nous-mêmes sommes constamment en rapport avec les habitants de ce territoire. Car Anvers est ou va devenir le plus grand port du nord. Il est lié aux havres de la Méditerranée, d'abord par son commerce avec les villes mêmes de ses côtes et puis par celles qu'il entretient avec l'Inde.

Mais bientôt le trouble allait entrer dans les esprits traditionalistes de la Flandre. D'abord, en Italie, quelques artistes audacieux se mirent à exhumer les choses romaines. Ils révélèrent les secrets de l'art antique à leurs contemporains qui les reçurent avec enthousiasme. Avec enthousiasme, car le mouvement de la Renaissance avait commencé avant ces

exhumations. Brunellesco (i), le fameux architecte, « a vraiment inoculé au monde moderne le germe du sentiment de l'art antique » et « il lui en a donné une parfaite conscience» (2). Il convertit bientôt des artistes gothiques à ses nouvelles doctrines : Ghiberti, Donatello, Michelozzo, Léo Battista Alberti, Filarete. Ceux-là, adeptes d'un franc réalisme, s'adoucirent au contact de l'antique, il leur fit comprendre l'harmonie, la grâce, la composition et le décor. Ils virent tout différemment la nature. Ils calculèrent l'expression des figures, drapèrent avec plus de mesure. Plus loin nous étudieront Pierre Coeck d'Alost, un des premiers romanisants à Anvers, et nous aurons l'occasion, et il sera nécessaire, de revenir sur l'état de l'art italien au moment où les Brunellesco et les Donatello innovaient. Les Coeck, les Van den Broecke et d'autres introduisirent définitivement et systématiquement l'art de la Renaissance à Anvers.

Sans doute, la maison d'Autriche fut propice à ce mouvement de la Renaissance. Maximilien déjà, à la fin du xv^ siècle, avait appelé, à Anvers, les marchands de Venise, de Florence, de Lucques et d'autres contrées de l'Italie. Pourtant les plus an-

(i) La chapelle des Pazzi, à Florence, offre les premiers symptômes de la Renaissance.

(2) COURAJOD, t. II p. 5i5.

ciennes traces de ce mouvement datent du règne de Philippe le Beau, (dès 1494).

Maintenant, il serait utile, avant de passer à l'étude de quelques sculpteurs du xvi^ siècle, de rappeler sommairement la situation générale de la ville et de la population d'Anvers. Le seizième siècle anversois n'est-il pas célèbre? Et ne sait-on pas que le règne de Charles-Quint marque l'apogée de la prospérité d'Anvers ? De nombreux volumes ont été consacrés à cette époque.

Nous indiquerons aussi les chroniques. Toutefois nous avons déjà dit combien nous nous méfions du panégyriste Guicciardini. C'est flatteur et contradictoire. On trouve aux premières lignes que les habitants d'Anvers sont (c froids, continents, peu adonnés aux plaisirs lascifs ». Plus loin, que l'An- Yer sois est i<^ excessif dans ses plaisirs ^\ et plus loin encore « si les habitants du pays n'étaient si excessifs en leur manière de vivre ». C'est un tempérament que l'on ne s'explique que difficilement, en somme. D'autre part, Guicciardini ne dit rien des troubles religieux qui agitèrent Anvers pendant le long séjour qu'il y fit, de 1642 jusqu'en 1689, époque de sa mort. Par contre, beaucoup d'historiens modernes font de cette période un tableau des plus noirs.

C'est, parfois, une série ininterrompue de fiches mentionnant les scandales et les répressions occasionnés par les Luthériens et les Calvinistes, « Et voilà bien de la couleur ! » dit Charles Bernard qui s'est plu à énumérer beaucoup de ces crimes et de ces vengeances. En effet, tous ces événements groupés en quelques pages, sans aucune diversion, produisent un effet épouvantable, plus épouvantable que s'ils étaient replacés à la distance réelle qu'ils accusent entre eux dans l'histoire. En réalité cette époque est prospère et riche et rien n'a empêché l'art nouveau de s'introniser et de produire.

Pierre Coeck

Il se trouve que le premier sculpteur connu de cette époque soit en même temps assez célèbre. Le cas n'est pas aussi commun que l'on pourrait le croire. D'autre part il est étranger, et l'on sait ce que doivent certains peintres à des erreurs populaires sur la naissance ! Pierre Coeck est en effet né à Alost le 14 août i5o2. En outre, il étudia à l'étranger, à Bruxelles, dans l'atelier de Bernard vanOrley. Plus tard il partit en Italie, voyage déjà traditionnel, d'où il revint sans doute vers i527, car on le trouve inscrit comme franc-maître dans les registres de cette année (i).

(i^ Peter fCoecke) van Aelst, (schilder et printer).

'^ <ii

Coeck rapporta d'Italie les images de tout ce qu'il y avait vu. C'étaient les œuvres des Renaissants que nous avons cités plus haut. Et l'on voit combien de monuments, de tableaux et de sculptures dans le mode nouveau avaient vu le jour depuis l'érection, vers 1420, de la Chapelle des Pazzi à Florence, par Brunellesco. Certes, le Flamand, malgré les descriptions enthousiastes des humanistes de son pays et les objets d'importation qu'il avait pu voir, certes, il ne s'attendait guère au spectacle éblouissant qu'allait lui offrir la Rome payenne nouvelle et revenue en grâce : le Colysée, les thermes de Caracalla, le Panthéon, les Arcs de triomphe, le Capitole et le Forum, le mausolée d'Adrien, les colonnes de Trajan et d'Antonin, les colosses de bronze, les obélisques, les chevaux de marbre des Dioscures. Toutes choses prodigieuses dont on venait de découvrir la beauté, après la longue phase de l'art exclusivement chrétien, et dont on enseignait les immuables principes. Donatello, qui s'était rendu un des premiers aux nouveaux modes, avait changé de manière, il avait sculpté son Christ remettant à St-Pierre les clefs du Paradis, son Scipion V Africain, ses hauts-reliefs et ses profils (i). En 1442, Ghiberti déjà avait achevé les célèbres portes du

(i) Ces œuvres sont reproduites en moulage aux Musées roj^aux des Arts décoratifs, à Bruxelles.

Baptistère. D'autres, avaient eu le temps d'exécuter des merveilles en ce style néo-romain.

L'art italien réformé n'était plus tel que Fouquet (i4i5-t+i48o) l'avait admiré. Outre les œuvres de Ghiberti, les secondes portes (1447) que Michel- Ange admirait, la châsse des saints Protée, Hyacinthe et Nemère (1427), la châsse de saint Zanobi (1446), outre celles de Donatello, le tombeau de Jean de Médicis (1428), la chaire du Prato (1428), la tribune de l'orgue de la cathédrale de Florence, le monument du poète Aragazzi à Montepulcione (1429); outre tout cela, Pierre Coeck peut étudier la souplesse déjà très classique de Luca délia Robbia (i40oti482), le m^^sticisme de Nino de Fiesole (i43oti484), l'énergie de André Verrochio (i435i'i488). Il connut même les travaux, beaucoup plus significatifs au point de vue de la Renaissance, de Bramante, les bases de l'église St-Pierre (1444i5i2) et de Michel-Ange la Piéta de 1499, le David (i5oi-i5o3).

Ces monuments le captivèrent, leur spéciale beauté domina son esprit, comme elle devait plus tard convaincre Frans Floris, celui-ci entièrement préparé à cette domination, désireux de la subir. Si Coeck n'est pas hostile aux principes septentrionaux, on voit, d'autre part, Floris les ignorer presque totalement. Plus intégralement que l'autre, il emploie le chapiteau corinthien, la colonnade,

l'architrave, le pilastre cannelé, les moulures, les cartouches et les modillons.

Ce fut surtout Coeck, le sculpteur, qui emprunta à l'Italie ses nouveaux exemples de décoration antique. D'ailleurs, dans les Pays-Bas, les premiers efifets de la Renaissance italienne sont l'introduction du détail architectural et de l'ornementation de celui-ci. M. Beets a très clairement étudié cette infiltration du décor italien à Anvers, en nous révélant, après Gustave Gluck, l'art de Dirick Jacobsz. Vellert. Nous retrouverons ces éléments, grotesques, dauphins, guirlandes, spirales, dans l'œuvre ornemental de Pierre Coeck et dans quelques sculptures de maîtres anonymes. Qu'il nous soit donc permis de ne pas insister ici sur leurs caractères.

L'œuvre peint de Coeck a disparu. Van den Branden (i) en a trouvé des traces dans des archives. Dans Les mœurs et fâchons de Jaire de Turcz, (2) nous retrouvons son talent de graveur. Il exécuta un autre recueil de gravures pour conserver le souvenir des décors installés à Anvers lors de la visite de Charles V et Philippe en 1649.

(1) Anicverpsche Schildcrschooï. pp. i53, i54, i55.

(2) Le colophon de ce livre porte : Maria Verhulst, veufe dudict Pierre d'Alost. trépasse en l'an M.D.L. a faict imprimer les dictes figures, soubs grâce et privelege de l'Impériale Maieste en l'an mcccccliii.

Ce travail porte un long titre : « De zeer wonderlijcke, schoone, Triumphelijcke Incompst, van den hooghmogendcn Prince Philips, etc. » Enfin, à propos de son érudition et de ses connaissances d'architecte, van Mander nous dit : In 't jaer 1549 maeckte hij de bœcken van de Metselrije, Geometrije en Perspective. En gelijck hij wel begaeft en geleert was, d'Italiaensche spraeck ervaren wesende, heeft hij de boecken van Sebastiaen Serlij in onse spraeck vertaelt, en alsoo door zijnen ernstigen arbeydt in onze Nederlanden het licht ghebracht, en op den rechten wech geholpen de verdwaelde Const van Metselrije » (i). Et que reste-t-il de ses tapisseries, de ses travaux d'architecte?

En somme, ce furent les sculptures de Coeck qui furent le mieux épargnées, si l'on excepte son travail de graveur. Toutes les œuvres du maître ne sont pas connues, sans doute, mais de ce qui reste d'elles on peut s'aider pour étudier son style.

L'œuvre la plus connue du sculpteur appartient au Folk-Lore. C'est la fameuse tête du Géant d'Anvers exécutée en i535. Depuis qu'on la rem-

(i) Van den Branden nous dit que ce livre est : « Die inventie der Colommen met haren Coronementem ende maten vt Vitruvio ende andere diversche auctoren opt cortste vergadert voer schilders^ beeltsniders, steenhouwers, enz. met privilégie,... ter begheerten van goeden vrienden uytgegheven door Peeter Coeck van Aelst, an mdxxxxix men-febr., tôt Antvverpen.

Fig. 26. — Rktable de l'église de Jongsuerg.

Stockholm, Musée des Antiquités nationales.

Bois polychrome, portant le poinçon d'Anvers.

plaça, en 1872, elle est devenue un numéro de collection. Cette grosse tète polychromée porte aujourd'hui le n° 65 (C) au Musée du Steen.

La cheminée du cabinet du Bourgmestre d'Anvers, autre œuvre attribuée à Coeck, est une des curiosités de l'Hôtel de Ville de la dite commune. Ce monument (fig. 82) qui provient de l'ancien prieuré de Tongerloo, a été reproduit par le moulage pour les Musées royaux des Arts décoratifs, à Bruxelles. (n° 2096). Le travail, très faible, ne révèle nullement un grand artiste ; il est lourd et empâté, et sa technique n'est certainement pas aussi spirituelle que certaines œuvres de Coeck dont nous parlerons plus loin.

De la même inspiration, moins chrétienne, et pour de bonnes raisons, mais d'un travail infiniment supérieur, apparaissent les quatre cariatides en bois représentant des satyres. Ces pièces, conservées au Musée du Steen (n° 18), proviennent de l'ancien hôtel de Moelenere-van Dale, plus tard le refuge de Tongerloo, aujourd'hui la maison n° i3, marché St-Jacques, à Anvers. La technique en est plus mûre, plus alerte, plus sincère. Exécutée vers 1644, la frise (n° 19) composée de quatre bas-reliefs représentant des ornements et des satyres, offre les mêmes qualités que les cariatides. Le n° 20 semble une répétition de l'œuvre précédente, et provient du même hôtel de Moelenere.

Coeck est un spécimen de cette catégorie d'ar-

tistes très doués et surtout d'un esprit très assimilateur. Il travailla sans doute avec beaucoup de facilité, encore qu'en tant qu'artiste individuel, il ne fournit guère d'oeuvres vraiment hautes et profondes. En tout cas, son atelier ne chômait point, et Anvers lui fut favorable.

Nous avons dit qu'il y revint vers 1527. A cette époque, il était déjà marié avec Anna van Danicke, qui lui donna deux enfants. Peter et Michiel. Il reçut des élèves dès i529 : cette même année Willem van Breda, en iSSg, Colyn van Nieucastel. Il fut doyen en i537, plus tard, peintre de Charles V. Avant de se remarier, il eut deux enfants naturels, Pauwel et Antoon. Marie Verhulst, peintre de miniatures, (Marie Bessemers), de Malines, fut sa seconde femme. Trois enfants naquirent de cette union : Pauwel, Katelyne et Maria. Cette dernière devint la femme du grand élève de Coeck, Pierre Breughel. Le maître est mort à Bruxelles, le 6 décembre i55o.

Le plus important des sculpteurs qu'il nous faut citer après Coeck est sans contredit C. Floris. On connaît le nom de plusieurs autres qui vécurent avant lui, mais on n'en possède que les noms. Nous ne pouvions donc, dans notre rapide esquisse, rassembler beaucoup de documents d'un genre aussi peu objectif. On verra que c'eiît été une étude très froide, dénuée d'intérêt véritable pour l'historien

d'art qui base ses études sur les œuvres. Il fallait pourtant jeter un peu de lumière sur cette face de la question qui nous occupe.

Retournons, un instant, vers la fin du xv<= siècle.

Dans les comptes de l'église N.-D. d'Anvers, on trouve un certain Reynken ou Reynier (i) qui restaura quelques sculptures après l'incendie de 1434 (?). Nous le retrouvons en 1438 (2), ayant travaillé aux pupitres et aux lutrins du chœur.

On ignore le nom de l'apprenti de Jan de Bye, le sculpteur, qui travailla aux portails de l'église en 1450 (3). A cette époque de Bye travaillait aussi au buffet des orgues (4).

Trois autres sculpteurs aidaient de Bye dans ce travail : Aert van Clyen, Jan Coddeman et Willem van Vorspoel. Ces trois ouvriers furent confrères dans la Gilde vers l'année 1453. Coddeman ne fut reçu maître qu'en 1455.

De Burbure, qui a réuni les données précédentes

(i) 1434. Item Reynken de beeldsnydere van dat hy verdiende aen Onser Vrouwen tafele die ghebroken was in den brant ende aen meer dinghen iij x : g. (Ch. de Burbure).

(2) Septembre et octobre.

Item Reyneere den beeldsnidere van de lessenare te sniden xxxvj X : gr. (Ch. de Burbure).

(3) 1450. Item Jans Byen knape van aent portael te snyden ixg.

(4) 1450. Item Jan Bye van den houte toten dueren (van het orgel) xviij x. (Ch. de Burbure).

cite aussi les quelques renseignements qu'il a pu trouver sur la nature du travail fourni par ces trois sculpteurs :

1450. Den cost van de orgelen :

Item item

Item (p)ayé) Aert van Cleyen van eene borde te snyden, xij g.

Item Jan Coddeman van den positiven (petit orgue, à côté des grandes) te snijden, vij se.

Item Willem van Vorspoel van der vullingen van de orgelen (grandes orgues) te snyden, viij x.

C'est un Jan van Vorspoel qui sculpta, en 1473, le poteau sur lequel trônait la fameuse Vierge miraculeuse d'Anvers.

Bartholomé Rapost

Bertelmeus Rapost, reçu bourgeois d'Anvers le 7 janvier 1436 (i435 v. st.), est sans doute le Bartlielomi van Raporst (i) dont le nom figure dans le célèbre Compte des ouvrages et aussi des

ENTREMETZ ET PAINTURES FAICTS A BrUGES, AUX NOPSES DE M S LE DuC CHARLES, EN L'ANNÉE COMMENÇANT EN MARS, ANNO LXVIJ, BaILLÉ A COURT PAR LE DIT FASTRE, LE XIIJ^ DE MARS

A° LXX (2) . Certaines erreurs relevées dans ces précieux comptes nous permettent de mettre en doute

(i) Les Ducs de Bourgogne (Preuves)^ T, II, p. SSg. (2) Les Ducs de Boiirgogjte [Preuves], T. II, p. 292.

Fig. 27. — Retable de l'église de Lôfta ; xv^ siècle.

Stockholm, Musée des Antiquités nationales.

Bois polychrome, portant le poinçon d'Anvers.

la mention « en ce comprins sa venue de Brouxelles au dit Bruges ». Le trésorier comptait des frais de voyage réclamés, mais il ne pouvait naturellement connaître le lieu d'origine de chacun des individus qui formait l'armée artistique appelée à Bruges. Et, ce n'était d'aucune importance pour lui. Quant à la différence de nom, elle se réduit presque, en somme, à une simple particule. Du reste, comme pour nous prouver qu'il ne faut pas s'}" arrêter, nous retrouvons cette particule dans les Lettres scabinales (i) et sur sa pierre tombale (2) ; mais elle est absente dans les Comptes de l'église (3).

(i) « JBarthélemi van Raephorst, sculpteur J', décédé le aO' février 1484 (1485, nouveau style) d'après son inscription sépulcrale conservée autrefois dans l'église des Falcons, à Anvers. — Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers^ tome IV, 32i. V. B,

Voir Raephorst, par Génard (extrait du Taelverbond, anno i853).

(2) « Barthélemi van Raephorst, sculpteur, et Thomas van den Winckele,... régents des pauvres maçons de la ville d'Anvers ». Lettres scahinales du 21 décembre 14/Ç. — (Chev. L. de Burbure).

(3) Item, reçu du testament du sculpteur Barthélemi Raport, par l'entremise de Jean de Maerscade, xx esc. — Compte de ^'église de N.-D. de la veille de Noël 1484-1485.

Item, reçu du testament de la veuve Raport, peintre (et sculpteur), xx esc. — Compte de l'église de N.-D. de la veille de Noël i5o5-i5o6. — Le chev. L. de Burbure a découvert dans le compte des mayeurs (majoresj du chapitre du 24 juin i5oii5o2, que cette veuve s'appelait Elisabeth Verbeke. — (Voir L. de Burbure et Liggeren).

Les dates des événements que nous connaissons renforcent encore notre affirmation. Inscrit comme maître de la Gilde en 1455, mort vers 1484, il est très admissible qu'avec d'autres tailleurs d'images et des peintres d'Anvers il ait collaboré aux décors des fêtes du Téméraire, en 1468 (i). Enfin, la mince bibliographie de cet imagier est complète quand on a cité la réception d'un élève, Pierre van Orsselaer, en 1472 (2). Ces quelques dates et faits forment pourtant un ensemble que l'on souhaiterait vivement posséder au sujet des Maître de Mérode ou des Maître de Gustrow, etc.

Malheureusement, on n'a pas retrouvé une seule des œuvres de l'ornemaniste des fêtes de 1468. Ce furent, on peut le supposer, des décors taillés dans du bois, tels que de petites images de saints patrons, des frises, des culs-de-lampe, des fleurons, toutes choses que les ateliers soignaient souvent comme de véritables œuvres d'art.

Nous connaissons les noms de plusieurs autres sculpteurs, également veufs de leur œuvre. Les

( I ) A Barthelomi van Raporsf, paie pour xj jours qu'il a ouvré, en ce comprins sa venue de Brouxelles au dit Bruges, à xij s. pour jour, vj 1 xij s. (Les ducs de Bourgogne, p. SSg».

A Barthelemi van Raporst, pour xvj jours, à xv s. pour jour, xij liv. {Les ducs de Bourgogne, p. 374), T. II, preuves.

(2) Peerken van Rosselaer geleert by Bertelmeus Raport (Raephorst beeldsnj^der). Liggeren 1472. — « Pierre van Orsselaer, fils de Jean, sculpteur ». Lettres scabinales du g février I4yg (1480, nouveau style). Chev. L. d. B.

Liggeren de la Gilde anversoise de St-Liic, les inventaires et les comptes reproduits dans Les Ducs de Bourgogne, du Comte de Laborde, les différentes communications des Pinchart, des Ruelens et d'autres, contiennent des indications qu'il est utile de grouper en attendant que viennent s'y joindre de nouvelles lumières que l'on ne peut espérer que des hasards de la fouille des archives. Grâce aux savants archivistes, nous possédons aujourd'hui de fort nombreuses révélations ; parmi les documents que chaque jour ils découvrent et publient, on peut présumer que la critique trouvera à glaner des pièces précieuses pour l'histoire de la sculpture. C'est grâce à des révélations de cette espèce que l'on sait à qui attribuer, ici les patrons des images, là les sculptures elles-mêmes de tel hôtel de Ville (Louvain), de tel Saint Michel dressé sur quelque célèbre édifice (Hôtel de Ville de Bruxelles). Nous n'espérons pas obtenir des indications aussi précises sur Rapost ou sur les autres imagiers que nous citerons plus loin ; car tout ce qui fut réalisé à Bruges est probablement détruit (i). Mais au point de vue bibliographique, du moins, il existe sans aucun doute des notes qui dorment encore dans les liasses mystérieuses des

(i) Sans doute, il en subsiste des traces comme celles publiées en 1877 par P. Hahn dans : Les graveurs de 1468. Les armoiries de Charles le Téméraire, gravées pour son mariage avec Marguerite d'York.

archives de Gand, de Bruges, de Bruxelles, de Lille, d'Anvers, de Louvain et dans les registres des églises et des anciennes gildes.

Souvent, hélas, les renseignements consistent en un simple acte de paiement. Ainsi, on n'a retrouvé nulle part ces Govart d'Anvers, (i), ces Hejinequm van Berchem (2), ces Claes de Urne (3), cités dans le même compte que Rapost. Les deux derniers figurent parmi les tailleurs d'images. Le premier est-il un peintre, un sculpteur ou est-ce un autre ouvrier ? Sont-ils tous trois d'Anvers ? (4)

Parfois, on est autorisé à faire certains rapprochements dont rien, toutefois, n'établit la justesse Nous en indiquons un parmi beaucoup d'autres,

(i) A Govart d'Anvers, paie pour x jours qu'il a ouvré, comprins sa venue, à xmj pour jour. VIJ 1. — De Laborde Preuves T. II, p. 337.

(2) A lui paie, pour Henneqidn van Berchem, pour les dits ix jours, à iij s. pour jour, lxxis s. — Preuves T. II, p. 641.

(3) A Claes de Urne, pour xij jours, à vj s. par jour, oultre sa dépense de bouche, iij 1. xij s.

A Claes Deurem, pour semblable, idem. — Preuves T. II, pp 363 et 374. — Il s'agit très probablement du même individu, qui semblerait désigné par le nom de la commune qu'il avait habité : Deuren-lez-Anvers. La seconde citation suit immédiatement le nom de Rapost avec lequel il a travaillé le même nombre de jours au même salaire.

(4.) Les Liggeren de la Gilde anversoise nous donnent une longue série de noms de sculpteurs qu'on trouve assez souvent cités dans les registres de l'église N.-D. ou dans les Lettres scabinales.

afin de faire saisir ce que de tels rapprochements ont de vague et de téméraire. Nous nous abstiendrons d'entrer plus avant dans la voie de ce genre d'hypothèses. M. Willim Colleman est cité avec Govart d'Anvers dans le Premier paiement fait aus dits paintres, tailleurs d'Y mages et attires ouvriers, le dit XVj^^jeur d'avril l'an mil IIIJ^ LXVIJ avant Pasques (i). D'autre part, les registres de la Gilde d'Anvers inscrivent comme maître, en 1454, un Willem Codden, sculpteur, fils de Jean Coddeman, exerçant la même profession (2). Seulement, le Colleman des fêtes de Bruges ne figure pas dans la liste des imagiers, ce qui, toutefois n'induirait pas à détruire l'hypothèse. D'autres faits suffisent à l'ébranler.

Voilà le genre des spéculations que l'on peut tenter et l'on voit qu'il n'est pas productif.

Robert Moreau

Après l'étude que le savant archéologue, M. Fernand Donnet, a consacrée au Sculpteur Robert

(i) A Willim Colleman, paie pour xiij jours qu'il a ouvré, comprins sa venue, à xij s. par jour. Yij 1. xvj s. — Preuves T. II, p. 334.

(2) Willem Codden, (beeldsnj'der) « Guillaume Codde, sculpteur, vend à son frère, Jean Codde, également sculpteur ». Lettres scabinales du 20 janvier 1465 (1466 nouveau stj'le). « Guillaume Coddeman (ou Codde) fils de Jean ». Lettres scabinales du iq août I47(j. — Jean Coddeman, le vieux, était décédé en 1465. (Chev, L. de B.j.

MoreaiL (i), il ne reste plus guère qu'à chercher à identifier les œuvres de cet artiste. En effet, on ne connaît aucune sculpture de Moreau, et l'auteur inlassable et clairvoyant que nous citons, a sans doute épuisé toutes les sources de documents. Nous le suivrons donc fidèlement, n'ayant rencontré que des pièces et des notes déjà utilisées par M. Donnet.

Quoique Moreau ait déclaré lui-même dans un acte officiel être né à Paris, il m'a été impossible de retrouver des renseignements permettant de préciser plus ou moins la date de sa naissance.

On sait, heureusement, qu'il s'établit à Anvers dans le deuxième quart du xv!*^ siècle. « Nous trouvons en effet dans le compte de Jean Moys, conseiller et receveur général de l'empereur pour le quartier d'Anvers, que pendant l'exercice i532 à i533, Robert Moreau fiit reçu bourgeois (i) ».

Il lui fut dès lors permis de solliciter son inscription comme membre de la Gilde de St-Luc. On trouve dans les registres de la corporation à l'année i533, sous les doyens Clément De Myddelere et Martin Peters :

(i) Chez De Backer, Anvers, 1899.

(2) Archives générales du Royaume. Chambre des comptes, no 4981.

(3) Rombouts et Van Lerius. De Liggeren der Antwerpsche Sint-Lucas gilde.

Robbert Moau, beltsnydere.

Trois autres sculpteurs furent inscrits la même année. On verra plus loin que Jan Mandin, le peintre, faisait partie de la corporation. Cette année on trouve encore parmi les nouveaux maîtres, le verrier Tomaes Jonghelynck.

Moreau fut un artiste fort apprécié, même à l'étranger.

« Les minutes du notaire Shertogen (i) nous fournissent à cet égard un premier exemple.

L'évêque de Dunckell, en Ecosse, avait envoyé dans nos provinces un de ses serviteurs, André Mansion, avec mission de s'adresser aux artistes flamands, et de leur commander un monument funéraire. Mansion se mit en rapport avec Robert Moreau, et le 2 juillet i536, lui commanda toute la partie sculptée du tombeau. L'artiste s'engageait à travailler six pièces de marbre noir, poli, de qualité supérieure, pour servir d'encadrement à une plaque en cuivre. Cet encadrement devait avoir un pied de largeur et devait évidemment être sculpté, car il était laissé à Moreau un délai jusqu'à la mi-carême suivante pour terminer cette œuvre. Le prix de ce travail fut fixé à dix shillings par pied pour les parties polies, et à 5 shillings pour celles qui ne l'étaient pas ».

(i) Archives communales d'Anvers, i5 avril iSSj.

Van den Branden parle de l'intervention de Mandin qui peignit le portrait de l'évêque sur une lame de cuivre (i).

ce Mais Moreau devait bientôt entreprendre un travail plus important. Le 17 juin i537, il s'engageait par un contrat passé par devant le notaire Shertogen, à exécuter une nouvelle commande qui lui était proposée par le frère Bernard Lalmant, religieux profès, agissant en qualité de mandataire d'Antoine Papin, abbé de l'abbaye de Gembloux. Il s'agissait de sculpter un retable en bois pour l'autel de ce célèbre monastère.

» Cette œuvre d'art devait être exécutée en bois du Nord de qualité supérieure, d'après le dessin soumis à l'artiste ; elle devait être haute de 26, et large de i3 pieds.

» Chose curieuse, à partir de l'année 1640, nous perdons complètement la trace de notre artiste. Alla-t-il s'étabUr à l'étranger? C'est peu probable. Bourgeois d'Anvers, membre de la Gilde St-Luc, marié avec une Anversoise, il n'est pas à présumer qu'il ait abandonné une ville où il était complètement établi, et où sa réputation était si avantageusement répandue que les commandes affluaient à son atelier tant de l'intérieur du paj's que de l'étranger. Il est plus probable que c'est par suite du décès de Robert Moreau que désormais les

[) Geschiedenis der Aniwerpsche schilderschool, p. 161.

Fig. 29. — Retable d'Oplixter ; xvi^ sièct.e.

Bruxelles, Musées royaux des Arts décoratifs.

Bois poJychyomé, portant les poinçons d' Anvers.

archives restèrent muettes sur son compte. Mais, malheureusement, malgré nos recherches les plus minutieuses, nous n'avons pu découvrir aucun indice certain à cet égard. Nous devons donc pour le moment nous borner aux conjectures.

» Eut-il une descendance qui continua à habiter à Anvers? La certitude fait également défaut ici. Nous rencontrons, il est vrai, à la même époque et quelques années plus tard, un certain tailleur de diamants, diamant slyper, portant les mêmes nom et prénom que Robert Moreau, et achetant en i53g de Michel et Guillaume Van Riemen, une maison située rue Oudaen, qu'il revendait l'année suivante à Corneille van Eeckeren. L'intervention de ce dernier porterait à croire qu'il s'agissait ici peutêtre d'un fils du sculpteur, portant le même prénom que son père. Mais là s'arrêtent nos renseignements.

» Quoi qu'il en soit, il est profondément regrettable que les œuvres du sculpteur Moreau aient disparu. On l'a vu par les descriptions que nous en avons données, que ses travaux étaient importants, et que le talent de l'artiste devait être incontestable, puisque de toutes parts les commandes lui étaient adressées ».

Corneille de Vrient

Comme Pierre Coeck, de Vrient {alias Floris) mériterait d'être présenté dans une monographie

fouillée. Elle ne semble guère difficile à construire et, d'autre part, les œuvres bien conservées de l'artiste ne manquent pas.

Il est le chef de cette fameuse lignée des de Vrient artistes, à Anvers. Son père, également tailleur de pierres, mort le 17 septembre i538, n'a laissé qu'un nom dans l'histoire. Comme sa mère, Marguerite Goos, décédée le 2 octobre 1677, et sa femme Elisabeth Machiels, morte le 23 avril i5yg, Corneille fut enterré au cimetière des Récollets.

Franc-maître en iSSg. Dès 1540 les Registres de la Gilde mentionnent les noms de ses parents : la dite année Frans Floris, peintre, en i55o, Hans Floris, potier, en i55i, Jaekes Floris, verrier, en i577, fils Corneille le jeune, peintre. L'artiste est mort le 20 octobre i5y5 (i). On sait que Corneille dressa les plans de quelques grands édifices élevés au milieu du xvi^ siècle. (Hôtel de Ville, i56i ; Maison Hanséatique, 1564).

Ses sculptures sont, d'ailleurs, de véritables édifices. Cependant, s'ils sont grands, ils ne sont pas les merveilles que l'on a dites. On a été jusqu'à attribuer le fameux tabernacle de Léau à un artiste florentin de l'école de Buonarotti ! Or, ce travail qui est grand, (cent pieds de haut), est assez faible et infiniment trop chargé. Notre gravure 33 reproduit

(i) Voir pour la famille Floris : les Liggeren, T. I.

cet objet du culte dont les Musées royaux des Arts décoratifs, à Bruxelles, possèdent un moulage.

« Notre artiste fut appelé en 155/ à faire le maître-autel de la chapelle du St-Sacrement des Miracles de l'église Ste-Gudule de Bruxelles, d'après les dessins de son frère Franz. Georges Robin ou RoBYNS d'Ypres en exécuta les travaux en pierre. Cet autel fut brûlé par les iconoclastes » (i).

On attribue de même à Corneille le jubé de la cathédrale de Tournai (2). Celui-ci est formé de trois arcades à plein-cintre, reposant chacune sur un entablement porté par deux colonnes d'ordre dorique. Plus haut figurent des bas-reliefs représentant les mystères de la Passion.

Dans la revue De Vlaamsdie School de 1882, il est parlé d'une suite de scènes à l'italienne concernant la glorification de la Vierge, scènes dont l'une est reproduite dans la dite publication et que l'on y attribue à Cornelis Floris alias De Vrient. Cette série qui semble fort jolie et dans le style de Floris est conservée dans l'abbaye des Bénédictins de Solesmes près du Mans (France).

Pour finir, notons ce qu'écrit M. A. Galesloot au sujet d'œuvres qu'il croit pouvoir donner à Corneille.

(1-2) Voir E. Marchal, ouvrage cité dans notre Bibliographie.

M. Galesloot (i) a longuement parlé, en effet, d'un tombeau élevé dans la cathédrale de Roeskilde, ville jadis capitale du Danemark. Ce mausolée fut érigé en i55g par Frédéric I'^'', à son père Christian III. M. Galesloot prouve que l'œuvre appartient au célèbre Corneille. Plus loin il tend à lui attribuer un autre tombeau, que je n'ai pu voir, même en reproduction photographique.

« Ce tombeau est celui de Gustave Wasa. Il est magnifique comme celui de Roeskilde, du même style et presqu'entièrement de la même forme. Gustave y est représenté, aussi de grandeur naturelle, entre ses deux femmes. Le nom de l'artiste est inconnu, mais on sait positivement que cette belle œuvre est due à un sculpteur des Pays-Bas. Or, la date de ce monument (i56o), sa ressemblance frappante avec celui de Christian III, la beauté de l'exécution, tout concourt à fournir la preuve qu'ils sont tous deux du même auteur ».

Parmi les sculpteurs qu'il nous faut négliger, arrêtons-nous un instant à Jacques van den Broeck, inscrit à la Gilde en i537. Nous le remarquerons surtout parce qu'il eut l'honneur d'être le maître de Jean de Bologne.

(i) Le Tombeau de Christian III et celui de Gustave Wasa.

— Notice par M. A. Galesloot, dans les Annales de l'Académie roj^ale d'Archéologie de Belgique. XXVI, 2^ série, I. 6*.

— Une reproduction du tombeau de Wasa accompagne la notice.

-te

cû

« Jacques du Brœuck, écrit Pierre de Bouchaud (i), était natif de Saint-Omer. On lui doit le tombeau de l'évêque d'Arras, Eustache de Croy, enterré dans la cathédrale de Saint-Omer. Il a sculpté dans la même église une madone fort joliment disposée en forme de médaillon. Il avait terminé le jubé de l'église de S^^-Waudru, à Mons. Du Brœuck avait visité l'Italie. C'était un italianisant ».

Vasari fait l'éloge du maître ; Guicciardini ne manque pas de le citer. Pinchart a retrouvé des documents qui le concernent ; on rencontre son nom dans le Dictionnaire de Stanislas Lami, plusieurs auteurs en ont parlé (2).

(i) Jean de Bologne (1524-1608^. Paris, Lemeire 1906. — M. A. Dubrulle, dans son article sur Jean de Boïogyie, nous donnera bientôt de nombreux renseignements au sujet de du Brœuck et de ses oeuvres.

(2) Un autre sculpteur, dont il faut faire mention, vivait à Anvers vers la même époque : Jacques Fourmanoir. qui fit en 1593 un grand écusson en pierre aux armes de Philippe II, destiné à orner le perron de l'hôtel de la Monnaie, à Anvers. Van den Brulle, d'Anvers, fit à Venise vers i55o, la belle boiserie du chœur de l'église de St-Georges-le-Majeur. Corneille Struyf et Philippe de Vos exécutèrent plusieurs travaux pour les églises d'Anvers ; Henri Mauris exécuta divers travaux à Gand, à Courtrai, à Bruxelles, à la fin du xvi^ siècle.

— i66 — Jacques Jonghelinck

C'est à l'ouvrage de M. le chevalier Edmond Marchai (i), que nous empruntons tous les documents qui suivent sur ce sculpteur anversois. Jacques Jonghelinck, né à Anvers le 21 octobre i53o et mort dans cette ville le 3i mai 1606, appartient quelque peu par cette date au commencement du xvii^ siècle. Fils de Pierre Jonghelinck, de naissance noble, et d'Anne Gramaye, il fut tout à la fois habile sculpteur et fondeur de métaux; il excella aussi comme graveur de sceaux et de médailles. D'après les privilèges du corps des monnayeurs, auquel appartenait son père, il ne fut point obligé de se faire inscrire dans la corporation de St-Luc. Son maître nous est inconnu. A l'époque de sa jeunesse, il existait aux Pays-Bas divers graveurs et sculpteurs italiens de grand mérite, tels que Léon Leoni, Jacques da Trezzo, Jean-Paul Paggini qui travaillèrent durant les années du règne de Charles-Quint. Jonghelinck fut peut-être l'élève de l'un d'eux. Un de ses biographes assure qu'il alla étudier en Italie, et que dès son retour aux Pays-Bas, il se fixa à Anvers. Sa présence a été constatée à Bruxelles par une lettre du 22 avril i567, de Marguerite de Parme, au magistrat de cette ville, lettre autorisant l'artiste

(i; Mémoire sur la sculpture aux Pays-Bas, pendant les xviie et xviii« siècles, précédé d'un résumé historique.

à jouir de la franchise des maltôtes. Il avait épousé Françoise Van der Jeught, dont il eut deux enfants : Gaspard et Jeanne. Il fut enterré le 2 juin 1606, dans l'église St-André d'Anvers, devant l'autel de la Sainte-Croix. Une épitaphe, en vers latins, qui n'existe plus, y fut consacrée à sa mémoire.

C'est à Philippe II que Jonghelinck dut sa première commande. Par lettres patentes du 3 août i558, on lui confia l'exécution du tombeau de Charles le Téméraire, tué le 5 janvier 1477 sur le champ de bataille devant Nancy. Ce tombeau (i), destiné au chœur de l'église Notre-Dame, à Bruges, devait faire face à celui de Marie de Bourgogne, fait par Pierre de Beckere pendant les dernières années du xv^ siècle. Jonghelinck prit ce monument comme modèle et exécuta son œuvre dans les mêmes proportions, en l'entourant d'ornements semblables. Bien que le monument de de Beckere soit remarquable, celui de Jonghelinck le surpasse de beaucoup. Il a coûté environ 17,000 livres, de 40 gros de Flandre la livre ; le métal ne paraît pas avoir été compté dans ce chiffre. Par contrat du 9 octobre i559, notre artiste avait entrepris la sculpture et la fonte, avec tous les accessoires en cuivre

(i) Le catalogue des Musées royaux des Arts décoratifs de Bruxelles attribue les dessins de ce tombeau à Marc Gheeraerds, l'exécution des sculptures à Josse Aerts, Pierre de Rom et Jehan De Smetz, la fonte à Jonghelinck d'Anvers.

doré et émaillé, de la statue de Charles. Le prince, revêtu de son costume de guerre, repose sur un riche manteau d'hermine ; à ses côtés sont ses gants et son casque, à ses pieds le lion s3'mbolique. A droite et à gauche du sarcophage se trouvent les arbres généalogiques avec écussons émaillés de ses ascendants mâles et femelles. La statue, ainsi que les armoiries et autres ornements, furent fondus sur les dessins de Marc Gheeraerts. Josse Aerts, Jean De Smedt et Pierre De Ram exécutèrent toute la partie en pierre de touche et en marbre du monument, achevé en i562. C'est une œuvre de très grand caractère, et tout à fait conçue dans le style gothique.

En i563, il répara le tombeau de Marie de Bourgogne ; vers i5yo il exécuta huit statues représentant Apollon, Bacchus, Diane et les figures allégoriques des planètes : Saturne, Jupiter, Mars, Mercure, Vénus, qui devaient décorer l'hôtel de ville d'Anvers lors de l'entrée triomphale d'Alexandre Farnèse. Dans le contrat ayant trait à ces statues, il s'engage à ne pas les laisser mouler ni contrefaire; de plus, à ne pas permettre d'en prendre copie sur papier ou sur toile, sans le consentement du futur propriétaire. Jacques s'oblige, en outre, à ne pas faire d'autres sujets de mêmes personnages dans les mêmes poses et avec des ornements semblables. La propriété de ces statues devint, plus tard, la cause d'un long procès, et aujourd'hui elles

Fig. 3i. — Puits dit de « Mktsys » ; xvi^ siècle. Anvers, Marché aux Gants. — Fer forgé.

figurent peut-être dans quelque palais ou villa de l'ancien duché de Parme, dont Farnèse était duc.

Jonghelinck est aussi l'auteur de la célèbre statue en bronze, de i5 pieds de hauteur, que le duc d'Albe se fit ériger le 19 mai iSyi, au milieu de la citadelle d'Anvers. On connaît l'histoire de cette effigie qui ne resta pas longtemps debout.

Notre sculpteur avait exécuté en bronze, en i566, par ordre de Marguerite de Parme, un Cupidon et un petit Neptune, ainsi que deux mascarons, de même métal, destinés à la nouvelle fontaine de la Teuillée, située dans le parc privé de l'ancien palais des ducs de Brabant, à Bruxelles. Plus tard, en i5g7, il lui fut commandé un autre Cupidon en bronze, ainsi que plusieurs nouvelles statues.

Les De Nole.

Parmi les derniers maîtres-sculpteurs qui travaillèrent à la fin du xvi^ siècle, sont ces probes et trop sages Jean Colyns de Noie et son frère Robert. On conserve plusieurs de leurs travaux dans les églises d'Anvers. Quelques-unes furent réalisées avant la fin du siècle, d'autres, appartenant soit aux de Noie, soit à leurs nombreux disciples se rangent dans la production du xvii^ siècle. Les sculpteurs de l'école des de Noie (i) sont

(i) Outre André de Noie qui, comme fils de maître, obtint la franchise en payant la dépense du vin, plusieurs sculpteurs

aisément reconnaissables, pour peu que l'on soit renseigné sur le travail mou et fatigué des chefs ; — du reste, elles ne concernent plus notre sujet. J'indiquerai, seulement, les œuvres connues ou attribuables aux deux frères.

Pourtant, il est indispensable de réunir quelques notes biographiques sur ces artistes, dont il ne fut jamais traité spécialement.

Robert (Colyns) de Noie (beeltsnyder), est inscrit dans les registres, comme franc-maître, en i5gi, sous le doyennat de Huybrecht Breda ou Beda dont nous avons parlé, (pp. 125-26). Robert, fils de Jacques, naquit à Utrecht et, d'après les découvertes du Chevalier de Burbure, fut reçu bourgeois d'Anvers deux ans après son inscription à la Gilde, (le 21 mai i5g3). Son atelier dut être très florissant, si l'on songe que non seulement il travaillait avec son frère, mais que l'on trouve consignée l'entrée de plusieurs élèves sous sa direction : en i5g5, Gilbeert van Brussel ; en 1600, Melcior van Boven, celui-ci maître quinze années plus tard. On le trouve exerçant les fonctions de doyen en i6o5, de Opperdeken (premier doyen) l'année suivante ; enfin on accole encore le titre de doyen à son nom en 1614, dans les comptes de la Gilde, où, au titre d'ancien

imitèrent la manière des célèbres frères. L'œuvre d'André appartient au xyii^^ siècle.

doyen, il figure en dernier lieu à la date 1622 (i). Entretemps, on le rencontre dans les mêmes comptes de 161 1 (2), de 1614 (3), et enfin aux années 1616- 161 7, sur la liste du détail de la « recette extraordinaire faite par le doyen en fonctions tant parmi les doyens que parmi quelques amis, pour la mise en liberté d'Abraham Grapheus, fils de notre concierge » (4), Outre les renseignements que nous mentionnerons plus loin, les fameuses Archives (5) d'Alexandre Pinchart nous apprennent que « par lettres patentes des archiducs Albert et Isabelle, en date du 24 mars 1604, Robert de Noie nommé « maistre sculpteur de l'hostel de leurs Altèzes », sans aucuns gages <c avec pouvoir de apprendre à ses serviteurs soudict art, sans estre assubjecty à ceulx du mestier ».

Jean de Noie (5) est associé à son frère, et sou-

(i) Autres recettes des frais annuels paj-és par les Anciens Doyens. — Robrecht (CoUyns) de Noie fbeeldhouwer).

(2) Item, voor i5 V» ponden tens iétains) vercochtaen Robert Colyns l^de Noie, beeldhouwer,) de somme van 7,i5.

(3) Ontfangen van den deken Robrecht Colyn [de Noie), over 't slot synder rekeninge gl. 12. i3 ; et plus loin, du doyen Robert (Colyns) de Noie, les obligations suivantes.

(4] Jean de Noie, figure aussi sur cette liste.

(5) Tome II, 3o2.

(6.1 Jean de Noie, fils de Jacques, natif d'Utrecht, sculpteur, « fut reçu bourgeois d'Anvers, le 7 mai iSgS. [Clicv. L. de Biirbure). 27 octobre 1624, « Reçu pour avoir tendu le grand chœur, aux funérailles du capitaine Collyns, 4 fl. (( Journal de Véglise St-jfacques de 1623-1626. Jean était capitaine de la Garde

vent les payements se font uniquement à celui-ci. Néanmoins, on le trouve à la tête de la Gilde successivement en i6o3 et en 1604.

Ce furent les frères Robert et Jean de Noie qui taillèrent les deux statues des SS. Pierre et Paul à l'érection desquelles le romaniste Etienne Hercules contribua, et qui furent placées sur l'autel du Saint- Sacrement, à l'église Notre-Dame d'Anvers (i). Ces œuvres sculptées dans le bois étaient de grande taille.

Les frères semblent principalement s'être occucupés de statues de ce genre. En effet, les statues en bois des Saints Cliristophe, Mathieji et Hiibert, sculptures assez morcelées et trop rocailleuses, d'une polychromie sans doute souvent retouchée, qui surmontent l'autel de la chapelle St-Hubert, à l'église St-Jacques d'Anvers, leur sont également attribuées, ainsi que quelques-unes des têtes d'ange qui

bourgeoise. — 25 janvier 1644, « Reçu des héritiers de la veuve Colj'ns, pour droit de présence de 2 Marguilliers, tendu le grand chœur, placement de la bière et la sonnerie de première classe, le matin, ensemble 29 fl. 10 sous, » Journal 1641-1644. Jean CoUyns de Noie, sculpteur, décédé le 14 september 1624. Il fut enterré dans l'église de St-Jacques, à Anvers. Inscriplions funéraires et monumentales de la province d'Anvers, II, i5o. - Sa veuve, Susanne de Bruyn, paya les frais du couronnement de l'autel de la chapelle de St-Norbert dans l'église de l'abbaye de St-Michel, à Anvers. Au bas du tableau de l'autel, se trouvait une inscription. Voir, Les Liggeren par Rombouts et Van Lerius.

(i) Archives de la gilde des Romanistes. V. Liggeren p. 256.

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Fig. 32. — Cheminée du cabinet du bourgmestre, A l'Hôtel de ville d'Anvers, par Pierre Coecke (iSoj-iSSo).

Pieyre.

le décorent, et peut-être, selon Van Lerius (i), l'autel en bois lui-même.

Une autre statue isolée de la Ste-Vierge des de Noie fut placée au-dessus de la porte occidentale de l'église N.-D., ainsi qu'il résulte des comptes de cette paroisse (1594-1595).

Le plus vaste travail de ce genre (statues isolées) fut sans doute la série de statues en pierre détruites en 1798, et dont les registres de la Gilde van O.-L.-V . LoJ, parlent comme suit :

Cejourd'hui iiij mars i5g7, les administrateurs de service de la gilde des Saluts de N.-D., assistés de la plupart des anciens administrateurs, dont quelques-uns étant absents, se sont engagés à approuver la présente, ont contracté avec maîtres Robert et Jean de Noie, pour la sculpture de huit statues de bonne véritable pierre d'Avesnes, la meilleure pour la sculpture d'images; et celles-ci sur piédestaux ou socles, savoir : la base de marbre et le chapiteau de pierre noire, convenablement ornés d'albâtre ou de marbre, le tout selon le modèle qui en a été fait, présentement ici montré à chacun, à savoir : le piédestal de la hauteur de trois pieds, et chaque statue de cinq pieds, plutôt plus que moins, selon que les proportions de l'ouvrage l'exigent, et de placer et fixer les dites statues

(i) Notice des œuvres d'art de l'Église de St-Jacques, à Anvers.

au nombre de huit, et tout ce qui y appartient, chacune à la place lui assignée, sans frais ni charge ultérieurs des dits administrateurs, et de supporter toutes les dépenses qui en résulteront; c'est pourquoi les dits administrateurs de la gilde du Salut de N.-D. seront tenus de payer aux dits maîtres Robert et Jean de Noie, pour chaque statue avec susdits piédestaux et accessoires comme il est convenu, au nombre de huit, pour chacune d'icelles la somme de quatre-vingt-quatre florins. En foi de quoi les présentes sont signées. Robert de Noie, — Jean de Noie >\ — Ces statues représentaient les prophètes Moïse, David, Salomon, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Daniel et Aggée.

Les plus grands travaux de ces maîtres sont des monuments funéraires. On connaît le style de la sculpture d'ornement de cette époque, et l'on sait combien, un peu plus tard, on va les surcharger encore davantage. Les compositions des de Noie sont sages, très pondérées si on les compare à celles des imitateurs de Quellin. Les églises N.-D. et St-Jacques, à Anvers, celle de Ste-Gudule à Bruxelles, et d'autres possèdent des spécimens de ce groupe d'œuvres.

La tête d'ange du monument Pierre Hellemans^ aumônier d'Anvers, offre seule quelque intérêt à notre sujet. Ce monument de la fin du xvi'^ siècle, visible dans la chapelle du Saint-Sacrement, à l'église St-Jacques, comporte un simple cartouche

en marbre avec des armoiries et la dite tête. Un vase en albâtre de « l'école d'André Colyns de Noie, le jeune « (i), orne depuis une cinquantaine d'années ce décor commémoratif.

Robert de Noie fut chargé par ces maîtres, les archiducs, de l'exécution du monument funéraire qu'Albert érigea à la mémoire de Ernest, son frère, également archiduc d'Autriche et gouverneurgénéral des Pays-Bas, mort dans la nuit du 20 au 21 février i5g5.

Le prince y est représenté comme une figure gisante, en albâtre, sur un socle de pierre noire. « L'artiste entreprit l'exécution de ce mausolée, pour la somme de 2,200 livres de 40 gros de Flandre, par accord du 11 mars 1601, et s'engagea à le livrer endéans les dix mois » (2).

Le célèbre mausolée de l'évêque Mirœus naguère dans le chœur de l'église N.-D., dû aux frères de Noie, a disparu dans les troubles de 1798. Il était sans doute achevé en i6i3, puisque l'on trouve à cette date, dans le Compte de la mortuaire de Vévêque Jean Mirœus : (c Item, payé à Robert et Jean de Noie, pour avoir sculpté la tombe et la sépulture de sa grandeur, selon contract avec eux, la somme de viijc florins «.

C'est au commencement du xvii^ siècle que fut

(1) Van Lerius : Op. cit. p. 102.

(2) PiNCHART ; Archives, s. I, Tom I, i33.

érigé, à l'église St-Jacques (2), le sarcophage orné de Helman. Ce monument est très estimé des artistes et des connaisseurs, et, en effet, les de Noie semblent avoir consacré à cette œuvre le meilleur de leur talent.

Pierre Helman le consacra « à la mémoire de son père Ferdinand Helman, ancien échevin et ancien aumônier d'Anvers, et de la seconde femme de celui-ci, Catherine Van der Veken, ainsi qu'à la mémoire de Cornélie Van der Veken, femme de Pierre Helman. — Ce monument est orné, entre autres, d'une fort belle statuette du Sauveur ressuscité et de deux figures assises représentant la sincérité chrétienne et la gravité, vertus caractéristiques de Ferdinand Helman » (2).

Nous citerons, dernières œuvres de Robert de Noie, celles qu'il exécuta pour l'église de Montaigu, et dont Alexandre Pinchart nous donne cette note dans ses Archives (p. 253) : « A Robert Noie, tailleur des ymaiges, la somme de ij™ livres, sur et entantmains de xiij™ iij^ x livres, à quoy reviennent les pris des parties par luy à livrer en l'églize de Notre-Dame, à Montaigu, ensuite de deux accordz faictz et arrestez avecq luy par l'architecte Wenzel Cobberger et par Son Altesse et les seigneurs des finances, aggréé le xiiij^ d'april xvj^ xxij, ançavoir :

(i) Près du Portail méridional.

(2) Van Lérius : Op, cit. p. 79,

33. — Tabernacle sculpté en i552 par Corneille II Floris de Vriendt (i5iS-i575).

Léa. Ésrlise St-Léonard. — Pierre.

vij™ ij*^ XX livres pour la livraison de l'ornement de la paincture du grand autel, selon le model de pierre par luy faict, monstre à sa dicte Altesse, à en estre payé en trois termes ; et par le second contraict vj"" Ixxxx livres, à livrer xiij 3'maiges de la façon et haulteur contenu audict second contract, aussy pour la dicte églize, à en estre payé aussi en trois termes.»

Omer van Ommen.

Orner van Ommen le jeune travailla à la fin du xvi^ siècle et au commencement du siècle suivant. Il est cité, dit M. Marchai, dans les comptes de l'église St-Jacques d'Anvers, de la Noël, 1619-1620, « pour avoir sculpté une statue de Saint Michel, destinée à être placée sur les orgues ». Cet artiste, ou son père, exécuta, d'après les comptes de i585i586, de la même église, deux ornements destinés aux faces antérieure et postérieure du baldaquin porté au-dessus du Saint-Sacrement; d'après ceux de i588-i589, il confectionna deux sièges de chantres ; d'après ceux de 1606-1607, il fit les sculptures des stalles du chœur ; enfin d'après ceux de 1611-1612, les ornements d'un hémicycle à la porte de l'église, du côté sud, en dessus de la statue de Notre-Dame. Il acheva, en i5g4, le maître-autel de l'église St-André.

Le 10 décembre 1610, Omer van Ommen entreprit un maître-autel pour la cathédrale St-Rombaut,

à Malines. Les statues de la Vierge et de Saint Jean-Baptiste, d'une part, et celle de Saint Jean l'Evangéliste, d'autre part, devaient s'y trouver, ainsi que deux anges destinés au sommet des colonnes.

C'est par cet artiste que se clôt notre revue de quelques maîtres du xvi'^ siècle. D'autres, nés vers l'année i5y5, travaillèrent aux côtés des célèbres Quellin, Willemsen, Verbruggen, Kerricx qui firent du xvii^ siècle une des plus riches périodes de la sculpture de l'école de Rubens. Leurs personnalités, trop peu connues, et leurs œuvres, dont beaucoup existent encore, tenteront sans doute quelque curieux de l'histoire de l'art anversois.

SCULPTEURS INSCRITS A LA GILDE ANVERSOISE AUX i5« ET i6^ SIÈCLES.

(Classés par ordre chronologique).

1453 Aert Vercleyen.

» Daneel de beeldesnydere (Daneel de Ryeke ?). » Willem van Vorspoel.

1454 Willem Codden.

1455 Jan Codden.

)) Bertelmeus Rapost, voir p.

1455 Jan vander Clocken.

1458 Jan Veleyn.

1461 Lenaert van Berghen.

1470 Hennen Kerstiaens (apprenti).

1471 Ariaen Wyjaer (apprenti).

1472 Claes Dooren.

» Peerken van Rosselaer (apprenti).

1473 Jan Mertens.

1474 Jan Nuyens.

» Joos Peter Beldekens sone.

» Jan Piersen vander Goes (apprenti enlumineur ?). 1477 Joesken Bollens (apprenti).

1481 Heynken Happaert (apprenti).

)) Fransken Joerdaens (apprenti).

1482 Peerken van Hulst (apprenti).

)) Bertram Protekyn (apprenti).

1483 Dierick Peterssone (apprenti).

» Lanken Cleeren (apprenti).

1484 Heynken Snellaert (apprenti).

)) Heynken van Wouwe (apprenti).

14S4 Gilleken vander Sluys (apprenti).

» Neelken Dul (le vieux), (apprenti). i486 Augustyn (le sculpteur).

» Joseph (apprenti).

1487 Tonken Vermolen (apprenti).

» Henneken de Sconere (apprenti).

» Tomaes Reyniers (apprenti).

1489 Gheert van Yssche.

1490 Gillis vander Slu3-s.

)) Jasper Vermolen.

1493 Meester Jacob (beeldebackere).

)) Plennyn wt Zonien (apprenti).

1494 Antonis van Witrick.

» Hennen de Muelenere (apprenti).

1495 Cornelis Dul.

» Thomaes iVdam (apprenti).

)) Valentyn Hudyn (apprenti).

» Hennen van Yssche (apprenti).

» Imbrecht (apprenti, maître en i5o2 ?).

1498 Pauwels van Nerven (apprenti).

1499 Jan Barizen.

» Cornelis Hazaert.

» Neelke de Mayere (apprenti).

» Henneken Pauweles (apprenti).

» Peer van Berkelaer (apprenti).

i5o2 Lucas BuUens.

i5o3 Loduwyc Corten (apprenti).

)) Coppen Leesmestere (apprenti).

i5o5 Jan Pauwels.

» Embrecht vander Meermolen.

)) Peeter Vorspoel, Laureyssone.

» Hansken Yerheeren (apprenti).

i5o7 Aerdt Napelteren (apprenti).

» Neelken de Vos (apprenti).

i5o8 Peeter van Berkelaer.

» Jan van Delft.

» Jan Beenken.

)) Hennen van Tienen (apprenti).

') Hennen Peete (apprenti).

» Bernaert de Jonghe (apprenti).

i5og Peerken Tshalen (apprenti).

i5io Olivier (apprenti).

I) Gielken de Neve (apprenti).

i5ii Peeter Ymans.

:5i2 Jan Ghenoots.

)) Hennen van Lovene (apprenti).

» Zeghere van Venloo (apprenti).

» Neelken Provoost (apprenti).

» Frans van Steenlant (apprenti).

» Hennen Prekere (apprenti),

» Merten Croch (apprenti).

i5i3 Daneel van der Eedt.

» Jan Wraghe, Gillessone.

» Wouter vande Venne (apprenti).

» Austeyn vander Cammen (apprenti).

i5i4 Gheert Dul.

» Cornelis Dul. H

» Peter Dul.

» Gielken de Hertoghe (apprenti).

» Joos Dueghens (apprenti).

» Ariaen van Huesdonc (apprenti).

i5i6 Joes Bodyn (sculpteur et enlumineur).

» Hennen Quintens (apprenti).

» Machiel Croton (apprenti).

i5i7 Lieven Vermeren.

» Willem van Endhoven.

» Stoffele Versypt.

» Pauwels Willemssen (apprenti).

i5i7 Merten van Staelbemt (apprenti).

» Stoffele wt Geldere (apprenti).

» Hennen Bouwens (apprenti).

» Gommaer van Yssche (apprenti).

» Hennen Claes Bursemakens (apprenti). i5i8 Frans vander Herstee.

') Gheert Scoof.

» Rochus (apprenti).

» Willem van Berchim (apprenti).

i5i9 Karle de Mozole (tailleur de pierres).

» Cornelis van Utrecht (tailleur de pierres).

» Bastiaen (tailleur de pierres).

» Gheert de Vriese.

» Hennen van Hom (apprenti).

» Wynant Roost (apprenti).

» Henneken Vekemans (apprenti).

i520 Matheus Boentyn (tailleur de pierres).

» Teunken Tielman (apprenti).

» Thysken Vermeren (apprenti).

» Henneken Bacvvit (apprenti).

i52i Jan van Lovene.

» Jacob Leesmeestere.

» Crispyn van Laken (apprenti) (tailleur de pierres ?)

» Bastiaen (apprenti).

» Huysson Bisscob (apprenti) (tatUeur de pierres ?).

» Lanken Suys (apprenti).

i522 Coppen van Leyen (apprenti).

» Fransken Boers (apprenti).

i523 Jan van Achtere.

i524 Balten Janssone Costere.

» Merten van Dormale.

» Ariaen Nys (apprenti).

i526 Heynken van Rome.

i527 Peter Coecke (d'Alost).

i528 Casen van Duffele (tailleur de pierres).

» Hanneken Mertens (apprenti).

i52g Pauwels Ackerman.

» Antonis Janssone.

» Jan Peeten.

» Willem van Breda (apprenti).

i53i Willem Bonefaes.

» Peter Janssone (tailleur de pierres). i532 Tomaes Gérons (apprenti).

i533 Wauter van Elsemar.

» Peter Raest Coeninckx.

» Glaudeus (Floris),

» Aert van Praet (apprenti).

» Hanneken Wouters (apprenti).

i535 Willem vander Borcht.

» Jeronimus.

» Huberecht Lancvelt.

» Cornelis Mertens (apprenti).

» Hanneken vanden Bulke (apprenti).

» Gheerebrant van Berghen (apprenti), i536 Jan van Boestrum.

)) Adriaen van Breda (tailleur de pierres).

» Maître Coenraet (Meyt).

» Joost Batens (apprenti).

i537 Jacop vanden Broeke (apprenti).

i538 Thielman Waerichem.

» Jan Valensoen.

i539 Cornelys Floris (le vieux).

» Daneel Smoers.

» Jan van den Perre.

» Andries Mertens.

» Walraven Sciepmans (apprenti).

1540 Jan Hellaert.

» Piefson Rogery.

1542 Willem de Rêver.

1544 Pauwels Clays sone Colve ? (apprenti).

1546 Claes (van Beren alias) van Diest (apprenti).

» Frederick. Heyns.

1647 Hans Simoens (sculpteur et fondeur eu cuivre).

)) Heyndrick Syna}'.

» Jan van Rykenroyen.

» Andries Mans (apprenti).

1549 Jan van Lare.

i552 Daniel Leyman.

)) Staes Tysman.

» Peeter van Sellaer.

» Hansken (apprenti).

1554 Jacob Struys.

i555 Jan vanden Broecke.

» Andris Smans.

i556 Jacop van Biervliet.

» Frans Wagenaert (tailleur de pierres).

» Cornelis Janssen (tailleur de pierres).

» Ambrosius Mol (van Liere).

)) Hansken van Campen (apprenti).

» Frans Wellens (apprenti).

1557 Lauwereys Boes (apprenti).

» Hans Heyns (apprenti).

i558 Steven van Hertwyck.

1559 Phelips de Vos.

)) Nicolaes Van Beren (allias van Diert).

» Vander Elstmer (fils).

» Jan de Haze (apprenti).

i56o Franchois Schippers.

» Nicolaes Biesmans.

» Kerstiaen Covelens (apprenti).

i56i Jan van Délie.

» Flips Terwyn (tailleur de pierres).

i56i Antoiii de Meyere.

» Hans van Campenhout.

1564 Augustyn (Gommaerts ?).

i567 Hans van Brebos (apprenti).

1577 Cornelis Floris (III).

i582 Servaes vanden Blocke.

1584 Mester Perter Timmermans.

» Chesaer Verbecke (apprenti).

i585 Rafaël Paludrnus (van den Broeck).

i588 Salomon van Turenhout (apprenti).

i5gi Robert (Colyns) de Noie.

» Abraham Losschaert.

i5g3 Philippe de Sain.

i5g4 Niclaes Janssen.

i5g5 Niclaes Fago.

^) Gilbeert van Brussel (apprenti).

» Gillis van Papenhoven (apprenti).

i5g6 Hans de Noie.

» Thomas van Oudendycke (apprenti).

1697 Hansken van Urssele (apprenti).

1699 Hans Hemelr3^cx (albastwercker).

1600 Gilis Paffenhoven.

» Jaques Tissenack (van ^Mechelen).

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