LA STATUAIRE EN BOIS ; D.EDALE
que leur vanité avait à y gagner; l’Athénien Dædale, au lieu de n’ètre que le père de la sculpture attique simplement, devenait le père de la sculpture grecque en général. Soit luimême en personne, ou par ses élèves — on pourrait quasi dire ses apôtres, — il avait répandu, de l’Asie Mineure à la Sicile, les inventions dont Athènes avait eu la primeur. Athènes devenait ainsi la métropole de l’art, la cité élue d'où était sorti le Messie chargé de révéler à toute la Grèce le langage, nouveau pour elle, de la beauté plastique1.
La période dædalienne de la sculpture grecque est terminée au vne siècle, avant l’an 600. On peut l’espacer en arrière sur toute la longueur du vme siècle et peut-être du ixe. — Ce qu’était Athènes alors, les Athéniens des âges suivants ne le savaient pas bien eux-mêmes. Un vague souvenir s’était conservé de quelques révolutions intérieures, de certaines institutions nouvelles succédant à d’autres plus anciennes, d’un lent et laborieux progrès politique et social; mais aucun événement ne s’était produit qui donnât à l'Attique l’occasion de jouer quelque rôle considérable dans le monde grec. Elle croissait obscurément, pauvre et sans commerce encore, sans marine sérieuse 2, bien moins puissante et de bien moindre renom qu’Ægine ou Corinthe. — Ce qu’était alors l’industrie athénienne, nous l’entrevoyons par les objets divers et surtout les vases de terre cuite trouvés dans les tombeaux du Dipylon : elle est, d’une façon générale, peu avancée, et, quand l’ouvrier s’avise de quitter les modèles consacrés par un long usage, abandonne la pure ornementation géométrique et essaie d’imiter librement la nature vivante, son ambition, toute généreuse et méritoire qu’elle soit, ne lui réussit guère; ces parties du décor de son œuvre sont d’une enfantine gaucherie. — Faut-il se représenter les ouvrages des premiers
démarqués de celle d'Héraclès : cf. le joli mémoire de M. Pottier : Pourquoi Thésée fui l'ami d'ilercule (lecture faite à la séance publique annuelle des cinq Académies, 25 octobre 1900). — C’est vers la Qn du vr siècle que la légende de Thésée a pris tout son développement ; ce doit être en même temps qu’on mit la dernière main à celle de Dædale. 11 est à noter que les deux légendes se touchent en certains points et que les deux héros sont apparentés l'un à l’autre.
1. M. C. Robert (Arch. Mærchen, p. 4 et 5) a très clairement exposé comment, dans la fable de Dædale, tout avait été combiné pour la plus grande satisfaction de la vanité athénienne.