‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 111 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 133 sqq · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 133 sqq

9. 11 y aurait quelque arbitraire, comme je l’ai dit, à vouloir déterminer si cette initiative revient plus spécialement à l'un ou à l'autre des Pisistratides. La part prépondérante est dévolue d’habitude à Ilipparque; Curtius (Hist. gr., tracl. Bouché-Leclercq, I, p. 454) l’appelle : « le promoteur actif et méritant de la civilisation dans le pays tout entier ». L’éloge parait justifié, au premier regard. Si l’on considère qu'Hipparque, victime d’Harmodios et d’Aristogeiton, dut être honni d’autant plus que s’exaltait, après 510, le culte des héros Libérateurs, et que cependant c’est à lui, plus même qu'à son père Pisistrate, que l’on continua d’attribuer presque tous les actes qui font le plus honneur aux Pisistratides, onsera tenté d’admettre que l'histoire, cette fois, fut plus forte que la légende, et que les éloges d’Hipparque, disséminés dans les écrivains anciens (cf. surtout Ps. -Platon, Ilipparque , 228 B sqq.), correspondent à la réalité, n’en représentent même peut-être qu'un minimum. Cela est possible. Il y a pourtant une objection sérieuse. Hipparque a toujours été le subordonné, de son père d’abord, puis de son frère aîné Ilippias (Thucydide, I, 20). D’autre part, il est impossible de faire tenir dans l’espace de treize ans, depuis la mort de Pisistrate (527 ; jusqu’à la mort d’flipparque (514), toutes les entreprises diverses que nous avons énumérées ci-dessus; personne ne doute que beaucoup d’entre elles n’aient été commencées, sinon achevées, sous

APOGÉE DE L’iNFLL’ENCE IONIENNE

ce qu’ils n’étaient pas les maîtres de créer eux-mêmes et de faire surgir, à leur volonté, du sol natal, à savoir des hommes illustres par le talent poétique ou par la science, ils ont voulu néanmoins en procurer à leur patrie le profit moral et la gloire. Autour d’Onomacritos, cet habile expert en poèmes anciens, qui les avait assez pratiqués pour être en état de les pasticher et d’v ajouter, vinrent se grouper Zopyros d’Héraclée et Orpheus de Crotone, qui travaillèrent ensemble à un arrangement des épopées d’Homère en vue des récitations rhapsodiques. Simonide de Kéos et Anacréon de Téos; Lasos d’Hermioné, qui paraît avoir inauguré à Athènes les concours dithyrambiques1 ; Pratinas de Phlionte, un des premiers auteurs de drames satyriques et le rival de l’Athénien Chœrilos dans ce genre; le savant médecin Démokédès de Crotone; puis, après qu’une surenchère de Polycrate eut enlevé celui-ci aux Athéniens2, Æneios de Cos, un grand-oncle du célèbre Hippocrate3; — toute une pléiade de beaux talents, en pleine force, en plein

Pisistrate. Et s’il est très probable qu’Hipparque, en raison de ses goûts personnels, fut chargé particulièrement de les diriger, il ne l’est pas moins qu’il était là comme le délégué de son père ou de son frère. 11 aurait donc été un exécutant plutôt qu’un promoteur , une sorte de Ministre des constructions et des arts dans les gouvernements de Pisistrate, puis d’Hippias ; il aurait apparu partout au premier plan, et l’initiative cependant pouvait venir d’un autre que lui. C’est pourquoi il me semble plus prudent et plus conforme à la vérité de laisser indivis entre toute la famille un mérite qui ne saurait, en tout cas, appartenir en entier au seul Hipparque.

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