Cf. Croiset, Hist. litte'r. grecque , II, p
2. Ce détail et quelques autres du même ordre sont intéressants. Donc Polycrate, y ayant mis le prix, « souffle » Démokédès aux Athéniens. En revanche, après la mort de Polycrate (522), Anacréon, qu'il avait aussi près de lui, se trouvant «libre », les Pisistratides lui dépêchent une galère pour le ramener à Athènes avec grand honneur (Ps. -Platon, Hipparque , 228 C). On se disputait les poètes et les savants ; on s’enviait les constructions utiles et belles. Lequel fut le premier exécuté et put être un modèle pour l’autre, du grand aqueduc de Samos ou de VEnnéacrouaos d’Athènes ? Sans l'immense réputation de l’Héræon, la merveille de Samos et la gloire de Polycrate, Pisistrate eût-il conçu dans des proportions aussi vastes le plan du temple qu’il voulait bâtir à Zeus Olympios,et qui resta inachevé ? Pareillement, nous verrons plus loin que la réédification du temple de Delphes par les Alcméonides fut probablement la cause déterminante de l’agrandissement de YHécatompe'don sur l’Acropole. — Cette sorte d’émulation ou de rivalité entre les tyrans, entre les cités, entre les sanctuaires est analogue à celle qui existait, aux xiv°, xv” et xvr siècles, entre les républiques et principautés de l'Italie ; elle procède des mêmes causes, et elle eut souvent les mêmes heureux effets pour les arts.
3. Peinture votive sur disque de marbre, consacrée au nom de « l’excellent médecin Æneios» : Mus. nat. d’Athènes , 93; Arcli. Jahrbuch , XII, 1897, p.l sqq.,pl. 1 (Dragendorff).
éclat, se réunirent des régions diverses de la Grèce dans l’hospitalière Attique, à l’appel des Pisistratides, et Athènes préluda de la sorte au rôle privilégié que lui réservait le destin : donner à l’esprit grec sa capitale.
A côté de Sirnonide, Anacréon, « et autres poètes »*, parmi les dispensateurs de gloire et créateurs de beauté que les Pisistratides retenaient à Athènes « par des grosses pensions et des dons généreux »1 2, il devait y avoir aussi, naturellement, des artistes : des peintres, sculpteurs et architectes. De ceux-là on ne nous parle guère. Vitruve nomme cependant trois architectes de Pisistrate : Antistatès, Callæsehros, Antimachidès3; mais il ne fait que les nommer, et rien ne nous indique même s’ils étaient Athéniens ou étrangers. Pline cite Eumarès d’Athènes au nombre des quelques peintres du vie siècle qui fussent dignes de mémoire4; et, si la notable invention due à Eumarès est des environs de 550 ou antérieure à cette date5 6, il reste toujours qu’elle a du porter tous ses fruits au temps des Pisistratides. Pour Kimon de Cléonées, qui « développa les inventions d’Eumarès » °, croit-on que c’est à Cléonées qu’il apprit et exerça son art, et n’est-il pas bien plus probable que, attiré à Athènes par le renom d’Eumarès, c’est là que, dans la seconde moitié ou le dernier tiers du vic siècle, il continua, en le dépassant, son maître? D’ailleurs, la grande peinture de cette époque nous est si mal connue, qu’on s’est à peine mis d’accord jusqu’à présent7 sur les caractères les plus généraux qu’elle devait présenter.