‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 115 sur 312 · Cf. Athen. Mittheil ., XVII, 1892, p. 71 sqq. (Sauer · texte numérisé non relu

Cf. Athen. Mittheil ., XVII, 1892, p. 71 sqq. (Sauer

tectorat » de Délos, que Pisistrate jugea bon de s'assurer1, avaient eu pour résultat de mettre Athènes en rapports plus étroits que jamais avec le grand centre religieux où affluaient les productions de l’art ionien et insulaire, et avec ces belles îles de marbre, Naxos et sa voisine Paros, qui avaient, les premières, recueilli les enseignements de l’école de Chios et en étaient devenues comme les succursales2. Or, vers le même moment, à partir de 540, on constate la présence et l’activité, dans toute la Grèce occidentale, de nombreux sculpteurs de la Grèce orientale : Bathyclès de Magnésie, à Amyclées (et Bathyclès, non pas seul, mais, sans doute, chef d’une petite colonie d’ouvriers amenés par lui) ; Théodoros de Samos, à Sparte; Alxénor de Naxos, en Béotie; d’autres à Delphes, d’autres dans l’Italie du Sud3. Ce mouvement artistique de l'Est vers l’Ouest avait commencé plus tôt4; mais il s’accélère beaucoup dans la seconde moitié du vie siècle, après que la défaite de Crésus et la ruine de Sardes 5, en rapprochant des cités grecques de la côte d’Asie le péril de l’invasion perse et en leur présageant la catastrophe imminente, ont, d’une part, arrêté net l’essor de leur prospérité, et, d’autre part, déterminé un véritable reflux d’hommes de l’Ionie vers les Iles et la Grèce d’Europe6. Les premiers disposés à partir, les premières hirondelles de l’émigration ionienne furent, comme de juste, les artistes, désormais inutiles dans des cités promises à la guerre et au joug barbare, et ainsi rejetés, parle besoin même de vivre, vers des régions moins troublées, où leur talent devait d'ailleurs leur rendre la vie aisée.

Est-il donc croyable que ces sculpteurs ioniens, que nous

1. Cf. Curtius, Hist. grecque, trad. Bouché-Leclereq, I, p. 448-449.

2. Cf. Furtxvængler, Meisterw. gr. Plasti/c , p. 719. — Cf. un exemple de eoréparienne, découverte à Paros même et publiée par M. Lœwy : C Ester reich. Mittheil., XI, 1887, pl. VI, 2 (numérotée 1, par erreur), et p. 160, fîg. 13. Se rappeler aussi qu’une inscription avec le nom de Mikkiadès de Chios a été découverte à Paros : cf. ci-dessus, p. 170, note 3.

3. Cf. un résumé analogue à celui-ci, par M. Micliaelis, Altattisclie Kunst, p. 18-19.

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