Cf. ci-dessus, p
tieuses, et il a suffi de la raie au milieu du front1 2 pour lui donner un aspect tout à fait ordinaire. Les grandes boucles sur la poitrine ne sont que des découpures rapidement faites. On notera encore l’absence presque complète de bijoux, ceuxci étant réduits à un petit ornement de bronze, fiché dans le lobule de l'oreille *. Quant aux traits du visage, les yeux, gros et saillants, rappelleraient, sans leur obliquité, ceux du Moschophore ou des têtes en pierre tendre ; la bouche, à lèvres pleines et fortes, est demeurée rectiligne malgré le sourire qui en renfonce un peu les coins ; la face entière est d’une construction solide, bien soutenue à sa base par le menton large et carré. Qu’y a-t-il, dans tout cela, qui sente l’étranger? Un seul trait : l’obliquité des yeux, dont les têtes attiques n’offrent pas trace avant le milieu du vic siècle. Mais la richesse de la décoration sculptée ou peinte, les tours de force du ciseau et les tours d’adresse du pinceau, le fignolage d’un amas infini de détails, le souci des menues élégances et des mignardises multipliées aboutissant à un effet de surcharge dans l’inutile et d’excès dans le mièvre, cependant que l’étude des formes et du mouvement semble sacrifiée ou du moins est reléguée au second plan, aucun de ces caractères par où se distinguent la majorité des oeuvres de l’école ionienne n’apparaît plus ici : on y trouve partout, à quelque point de vue qu’on se place, une simplicité presque sévère, une sobriété sans défaillance, et tout y concourt à une impression d’ensemble dont l’unité est absolue. Les lignes ne sont pas cachées sous les fioritures ; les détails de surface sont subordonnés à l’architecture générale 3 : c’est de la grandeur, sans les petits moyens.
La statue 669 [Au musée de l ’Acrop ., p. 343, fig. 33), en marbre des Iles 4, a été fâcheusement mutilée ; il n’en subsiste plus que la tête et le haut du torse. Mais dans ce débris, négligeable en apparence, se trouvent réunies tant d’indications intéressantes qu’on doit le tenir, en fin de compte, pour un document des plus instructifs. Il nous faut tâcher de suivre
1. Cette raie manque presque toujours : cf. Au mus. de l'Acrop., p. 201.