‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 151 sur 312 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LES STATUES d’hOMME

àMilo1 2. à Paros'; certains proviennent d'Argos3, ceux-ci de Naxos4, ceux-là de Samos5. Or ces figures, loin d’être identiques, présentent de notables différences selon leur pays d’origine et l’école d’où elles dépendent : nous avons donc droit d’espérer que, si nous confrontons avec elles, chemin faisant, les échantillons découverts en Attique, il y aura là pour nous une source nouvelle de renseignements instructifs.

Une seule statue de ce genre a été exhumée du sol de l'Acropole6. Elle était de grandeur naturelle; mais la tête manque, et aussi les bras, le bas des jambes; et ce qui subsiste a grandement souffert, au point que les organisateurs du musée de l'Acropole ont cru devoir faire à ce malheureux débris la charité de le dissimuler le plus possible : exposé dans un coin resserré, on ne voit guère de lui, en passant, que son profil droit, qui est demeuré presque intact ( fig . 16). La figure, se présentant ainsi de profil, est remarquable par le contraste entre le rebondissement très fort des fesses et des cuisses et l’aplatissement du torse. On observe, en outre, que tout le côté du corps, depuis l’aisselle non pas seulement jusqu’à la hanche, mais jusqu’au bas de la cuisse même, forme à peu de chose près un plan unique, quasi exactement vertical : faute d’un modelé suffisant, on voit encore en plein le plan de préparation du travail en cette partie. C’est là un signe irrécusable d’archaïsme ; il ne faudrait pas en conclure trop vite à l’impuissance ou à l’inhabileté de l'auteur. Car, si on prend la peine d’examiner le marbre de face, ce torse, si plat et si raide de profil, se

1. Cf. Bull. corr. hell ., XVI, 1892, pl. XVI, p. 560 (Holleaux).

2. Cf. OEsterreich. Mittheil., XI, 1887, p. 161, fig. 14-15 (Lœwy) ; Athen. Mittheil., XXVII, 1902, pl. XI, p. 230 sqq. (Rubensohn).

3. Les deux « portefaix » trouvés à Delphes, dont l’un a gardé la signature de Polymédès d’Argos : ef. ci-dessus, p. 115.

4. Mus. nat. d'Athènes, 14 (statue inachevée); statues naxiennes retrouvées à Délos : cf. Bull. corr. liell., XII, 1888, p. 466 (Homolle) ; Athen. Mittheil., XVII, 1892, p. 42 sqq. (Sauer). — J’ai vu moi-même, en 1888, à Naxia, dans la cour de la maison de M. Damiralis, un beau torse de xoüpoç, très archaïque, qui avait été découvert dans l’île de Naxos, quelques années auparavant.

5. Mus. nat. d'Athènes, 10 (statue trouvée au Ptoïon) ; Athen. Mittheil., XXV, 1900, pl. XII, p. 149 (statue trouvée à Samos même, portant sur la cuisse une dédicace au nom de Leukios).

6. N° 665. — Cf. l’ancien petit Catalogue des sculptures de l’Acropole (1888), p. 22, n° 51 ; Athen. Mittheil., XII, 1887, p. 267 ; Lepsius, op. L, p. 70, n° 20 : marbre des Iles.

montre alors très beau, solidement construit, exécuté dans une large et vigoureuse manière; même alors, cependant, les cuisses apparaissent toujours trop grosses, arquées avec excès, terminées en bas par des rotules d’une saillie très prononcée. Le caractère dominant est donc la vigueur, et c’est pourquoi l’artiste a pu aisément se contenter, sur les côtés du corps, de ce large plan à peine travaillé, dont la raideur plate, au surplus, devait être en partie masquée par la saillie des deux bras. Ce caractère est celui des anciennes sculptures attiques en pierre tendre, notamment dans les grands frontons; et ce sont, en effet, les formes larges et pleines, arrondies sans mollesse, des Héraclès et de Typhon , que l’on retrouve ici dans ce xoupoç de l'Acropole. Il est de la lignée du Moschophore et du xoupc; de Kératéa1 2 ; je le crois plus récent qu’eux5, mais peut-être les a-t-il suivis d’assez près : il est trop abîmé aujourd'hui pour qu’on puisse le dater et le juger avec une plus grande précision.

Moins malchanceux, le grand xcupoç de Volomandra3, haut de lm,79, n’a souffert que des dommages relativement minimes ; il lui manque seulement les mains et le devant des pieds. Exposé, au musée d’Athènes, à côté de ses congénères de Kératéa, de Milo, d'Orchomène, du Ptoïon, etc., on peut l’étudier dans les conditions les plus favorables pour en déterminer avec exactitude l’être et le style. Les cheveux sont, comme dans le xoupoç de Kératéa, travaillés sur le crâne et sur la nuque en chapelets de petites boules et maintenus par une étroite bandelette qui se tend horizontalement d’une oreille à l'autre. Mais voici une nouveauté : sur le front, douze mèches courtes, larges et plates, se dressent et se rabattent en arrière contre un bandeau lisse ; chacune de ces mèches, creusée de trois sillons ondulés se rejoignant à la pointe, a l'aspect d’une petite flamme, d’une sorte de « langue de feu ». Or, si on examine la coiffure des autres xoupci, ceux d'Orchomène, Théra, Milo, etc. 4, on constate presque chez tous la même disposition

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