‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 174 sur 312 · Cf. Lepsius, op. /., p. 83, n · texte numérisé non relu

Cf. Lepsius, op. /., p. 83, n

3. M. Kœrte {AU, en. Mittheil., IV, 1879, p. 272) et M. Lœschcke {Ibid., p. 295) sont aussi d’avis que cette sculpture est attique.

4. Cela paraît confirmé aussi par le caractère de l'inscription.

5. Conservée aujourd'hui au Musée national d’Athènes. Cf. ’Eçvjjx. àpy., 1903, pl. 1, p. 43 (Philios) ; Perrot, Hist. de l'art, VI II, p. 749, fig. 333.

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simplement d’un hoplitodrome . Le défunt pour qui ce relief fut exécuté avait, dans sa jeunesse, remporté le prix de la

Fig. 25. — Stèle de Y Hopliloclrome (Athènes, Musée national).

course armée ; ç’avait été le plus bel exploit de sa vie, celui dont il était le plus fier, et sa tombe même en perpétuait le souvenir. Les singularités de l’attitude ne sont qu’apparentes ;

tout s’explique aisément1, si l’on n’oublie pas les conventions du relief archaïque et si l’on s’aide d’une comparaison avec quelques peintures de vases. Le coureur a les jambes très écartées et fléchies, selon la manière adoptée par l'art grec du vie siècle, pour figurer la rapidité du mouvement2. Il a, selon la bonne méthode gymnastique, les bras pliés et lespoings fermés3. Seulement le sculpteur, afin d’éviter les raccourcis, a présenté le torse de face, et, pour la même raison, il a écarté les bras horizontalement et les a éloignés des flancs4. Pour la même raison encore, il lui fallait mettre la tète de profil, et, s’il en a montré le profil gauche plutôt que le droit, c’est que ce simple fait de tourner la tête et de jeter un regard derrière lui indique que le coureur a distancé ses concurrents et qu’il est le premier. La tête s’incline sur l’épaule, parce que la place manquait pour la redresser: on remarquera, en effet, que le panache du casque non seulement déborde le champ de la plaque, mais recouvre entièrement la bande en saillie qui limite le monument par en haut5. Quant àl’ « air mourant », enfin, pure illusion : l’œil ne paraît fermé que parce que le coloris en a disparu et que les mutilations du marbre ont effacé le relief des paupières ; et, si le sentiment et la vie sont absents du visage, ce n’est point que la mort vient de les éteindre, c'est que l’artiste ne les y a point mis. Cette tète n'est pas vivante, comme celle du Discophore , elle est inerte et endormie, comme celle (VArislion.

1. Les explications données par M. Pliilios ( l . I.) sont très justes.

2. M. S. Reinach [Chroniques Orient, I, p. 331) a démontré, pour la Nike de Délos, que cette attitude des deux jambes ainsi écartées et fléchies était, à le prendre exactement, celle du saut. Mais il ne faut pas conclure de là, je crois, que les artistes aient eu l’intention formelle, en tel cas, de représenter la figure sautant , plutôt que courant.

3. Même posa des deux bras (et aussi des jambes) dans un petit bronze archaïque, de la collection Guilhou, représentant un coureur : ci. Le Musée, I, 1904, pl. F, p. 26 (A. Sambon).

4. Se dérober aux difficultés du raccourci , c'est ce que cherchait avant tout le sculpteur de reliefs à l’époque archaïque, et c’est de là que dérivent presque toutes les conventions du relief à cette époque. Cf. ci-dessus, p. 284, note 3, à la fin.

3. Comparer deux vases du Louvre (Poltier, Fnses antiques du Louvre, II, pl. 72, F 125, et pl. 73, F 126), où sont représentés deux coureurs, avec la tête tournée un peu en arrière et un peu penchée; là aussi, il semble que l’inclinaison tient en partie à la proximité de la bordure. Comparer surtout une coupe de Pamphæos, reproduite par Curtins, Die knieenden Figuren (29° Berlin. Winckelmprogr .), fig. 8 : là, le coureur a la tête très penchée, bien que la place ne manquât point pour la lui relever davantage.

LES BAS-RELIEFS

Bien que la stèle de V Hoplitodrome soit en marbre des Iles, je crois qu’on doit l’attribuer à un sculpteur attique. Le dessin de la bouche et celui de l’oreille sont à peu près les mêmes que dans la stèle de Vélanidéza ; les boucles de cheveux demi-longues, qui descendent sur le cou, sur l’épaule et sur les tempes, sont tordues, puis recroquevillées à l’extrémité, comme elles le sont sur la tête d'Aristion : elles diffèrent seulement par un travail plus attentif et plus fini. Au dessus du front, les cheveux présentent deux ou trois rangs étagés de petites boucles frisées dans la forme que j’ai appelée « en coquilles d’escargots », la même que nous avons constatée déjà chez la grande coré d’Anténor et sur la petite tête d'homme n° 621 du musée de l’Acropole L

L’exécution des parties nues ne va pas sans un peu de maigreur et de sécheresse ; ce n’est plus le modelé, souvent délicat et savoureux au toucher, de la stèle d'Aristion. L’artiste paraît être attiré moins vers la fleur de la chair, si je puis dire, que vers la fermeté du muscle bien attaché à la solide charpente des os. Il procède avec sobriété et netteté ; on remarquera le faible rebondissement (pour une œuvre archaïque) des cuisses et des fesses, et comme le ventre se creuse, au point que l’abdomen disparaît presque, afin de mieux laisser voir le bord inférieur du thorax. N’est-ce point ici la première apparition de cette facture nouvelle, au dessin serré, précis, soucieux de l’anatomie, qui caractérise plusieurs des métopes du Trésor des Athéniens , à Delphes, et que l’on constate aussi sur un torse défiguré nue provenant d’un groupe de combattants, au musée de l’Acropole1 2? L’œuvre me paraît plus récente que la stèle d'Aristion et ne doit pas être beaucoup antérieure à l'année 500. — La forme même du monument mérite d’être remarquée : large, peu haute, bordée aux deux angles supérieurs par un enroulement de volutes, elle n’a rien de commun avec la longue stèle étroite généralement employée au vie siècle ; elle commande d’autres sujets de représentation et permet pour ceuxci une variété plus grande. On n’aura plus tard qu’à l’encadrer de deux pilastres et la couronner d’un fronton, et elle deviendra la noble stèle attique de la fin du ve siècle, suivant le type du monument d'Hégésô.

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