‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 184 sur 312 · Ou un cerf (Assos, Delphes), une biche (Assos · texte numérisé non relu

Ou un cerf (Assos, Delphes), une biche (Assos

beaucoup de cas, pour l’animal entier, même figuré isolément : les Grecs, qui n’en avaient point le modèle vivant sous les yeux, ont fait généralement leurs lions « de chic », avec force conventions, en décorateurs bien plus qu’en animaliers1. Du moins eussent-ils pu, renonçant à représenter des animaux qu'ils ne connaissaient pas et qu'ils n’avaient représentés jusquelà qu’en copiant et dénaturant certains types traditionnels, s’attacher à rendre, d'après leur observation personnelle, les scènes de la vie des animaux qui leur étaient familiers. Mais on sait que, lorsqu'ils ont délaissé les fauves, passablement monotones, de leur répertoire ancien, ç’a été pour donner une place toujours plus grande et presque exclusive à la figure humaine2. Le cheval, qui a été leur favori entre tous les animaux, ne fut cependant pour eux que la monture de l’homme cavalier ou la bête de course, l’athlète à quatre pieds, vainqueur aux Jeux de Delphes et d'Olympie ; la vache eut la chance, un jour, de passionner Mjtoii, mais Myron ne semble pas avoir eu beaucoup d’imitateurs. En somme, l’animal, dans l’art grec classique, n’existe guère, sauf uni à l’homme par un étroit rapport, et dans la mesure où il est indispensable pour telle ou telle action de l'homme ; et si, dans l'art grec archaïque, au contraire, il existe bien pour lui-même, sans rapport avec l’homme, il n’est alors, le plus souvent, qu’un intrus, un échappé de l'art, oriental, étranger au milieu grec.

Aussi est-ce avec surprise et intérêt que l’on rencontre, au musée de l'Acropole, parmi les marbres archaïques susceptibles d’être attribués au dernier quart du vi* siècle, nue figure d'animal qui, par son espèce comme par le caractère de l'exécution, sort tout à fait de la banalité et de la convention ordinaires. C’est un chien 3, de grande taille, vu de profil. Il est aplati sur le sol, tendu en avant, prêt à bondir ; le corps est maigre et sec, les membres vigoureux et tout en muscles, le bas des pattes mince, avec les tendons saillants et les doigts bien détachés. L'animal était-il isolé ? ou plutôt ne faisait-il point partie d’un groupe? Je ne sais ; mais telle quelle, cette

1. Cf. J. Lange, Darslellutuj cl. Menschen, trad. Mann, p. 112 sqq.

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