‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 186 sur 312 · FRONTONS DU NOUVEL I1ÉCATOMPÉDON · texte numérisé non relu

FRONTONS DU NOUVEL I1ÉCATOMPÉDON

œuvre, d’un naturalisme puissant et sobre, vaut beaucoup mieux que les lions et les taureaux gigantesques : elle n'est pas une simple répétition, en partie conventionnelle, d’un vieux modèle d’atelier ; elle procède d’une observation directe, elle est vraie et vivante. Le morceau est digne d'un véritable animalier ; aucun autre, non pas même les chevaux, ne lui est comparable dans toute la période antérieure à 480 1 ; il suffirait à prouver quels ouvrages parfaits, et combien variés, les Grecs eussent été capables de produire en ce genre de statuaire, si leur instinct artistique les y eût portés et si le génie particulier de leur race ne les eût contraints de donner tout à l’homme, au détriment du reste de la nature.

1. Le seul qu'on puisse lui comparer est une superbe tête de bélier, en marbre des lies, qui décorait, à la façon d'une fausse gargouille, un édifice d’Éleusis : Mus. nat. d'Athènes, 58; cf. American journ. arch., 1898, pl. VIII, p. 223 (Richardson); Lepsius, op. /., p. 96, n° 215; Winnefeld, 59“ Berlin. Winckelmprogr., p. 19-20, gravure. Mais ce n’est qu’une tête, un simple motif décoratif. Cet exemple prouve, d’ailleurs, que les Grecs eussent mieux fait, pour décorer les gargouilles, de se tourner vers leurs animaux familiers au lieu de s’en tenir à leurs habituelles têtes de lion. — Une tête de bélier, semblable à celle d'Éleusis, mais fort mal conservée, a été retrouvée à Kæsariani, dans l'Hymette : cf. Wiegand, Poros-Architeklur , p. 125, fig. 122. Une autre, analogue aux deux précédentes, mais plus ancienne, a été recueillie sur l’Acropole : cf. Wiegand, Ibid., p. 125, fig. 121.

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