CHAPITRE VIII
LA POLYCHROMIE DES SCULPTURES EN MARBRE
Puisque les seules sculptures où nous ayons pu étudier la polychromie pour la période de la pierre tendre sont des sculptures décoratives, en bas-relief et en haut-relief, la logique voudrait que nous commencions ce chapitre par l’examen des œuvres du même genre : frontons du nouvel Hécatompédon et bas-reliefs funéraires ou votifs. Mais ces œuvres-là sont celles précisément où la couleur s’est conservée le moins bien, tandis que les statues, surtout les statues de corés , nous apportent les documents les meilleurs et les plus complets pour apprécier le coloris des sculptures dans la seconde moitié du vic siècle. C’est à elles qu’il faut aller d’abord ’.
Le premier trait à noter dans la polychromie des corés est celui que M. Collignon1 2 a qualifié par cette formule brève et heureuse : « le recul des tons pleins ». Au lieu des péplos entièrement rouges, des himations entièrement bleus, que nous offraient Y Athéna du premier Hécatompédon et la petite Hydrophore , la couleur du vêtement se réfugie désormais en majeure partie sur les bandes brodées de la bordure et de la iMcpuçr,. Chitôn et himation, quel qu’en soit l’ajustement, ne montrent plus, dans ce que j’appellerai le « champ » de l'étoffe, que de rares petites taches rouges et bleues, croix, étoiles, enroulements ; mais leurs bords, en haut et en bas, et, davantage encore, la Trapu^-fj verticale du chitôn développent des méandres plus ou moins compliqués, à lignes bleues ou rouges. Le seul endroit où s’étale une large couche ininterrompue de couleur est la partie supérieure d’un vêtement de dessous3, sur le côté de la poi-
1. Cf. Au mus. de l'Acrop., p. 252 sqq. J’ai étudié là, avec grand détail, la polychromie des corés ; je n’ai ici, pour ce qui concerne cette catégorie de statues, qu'à reprendre, en les résumant, mes observations d’alors.