‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 196 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 183 sqq · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 183 sqq

l’aspect général du dessin et les éléments qui le composent ne sont plus, dans la seconde moitié du vie siècle, ce qu’ils étaient auparavant. Par exemple l 'Athéna assise qui provient d'un des frontons en pierre tendre du premier Hécatompédon ( Au mus. de l'Acrop., p. 23, flg. 2) a le bord supérieur du péplos garni d’une broderie, dont l'élément principal se réduit à une suite de losanges juxtaposés; et le bord de son himation est décoré de petits carrés égaux, disposés dans le sens vertical, nettement séparés l’un de l’autre, et remplis successivement par une rosace, une croix de Saint-André, une croix gammée, une étoile faite de boutons de lotus rayonnant autour d’un point centrai. Ces ornements et ceux du même genre, dont on constate l’usage dans les plus anciennes œuvres de la sculpture attique, ne se retrouvent plus à l’époque des Pisistratides : ils sont remplacés par des méandres, des lignes de points bordées de deux traits continus, des carrés renfermant des points en croix ou en cercle 1 ; les palmettes aussi apparaissent quelquefois sur la stéphané 2. C’est le méandre surtout qui triomphe, ce souple ornement fait de lignes droites brisées, dont les artistes, dextrement, varient sans cesse le tracé, et auquel ils ajoutent un élément nouveau de diversité, en réservant, à l’intérieur du dédale des lignes, de larges vides qu’ils remplissent ensuite d’étoiles ou de croix ou de points en cercle. M. Winter, qui a le premier signalé ce changement de mode dans la décoration peinte des statues archaïques d’Athènes3, en a aussi indiqué très justement la cause, qui est l’adoption soudaine par les Attiques, dans la seconde moitié du vie siècle, des éléments décoratifs qu’employaient les artistes delà Grèce orientale. En effet, ces ornements sont d’un emploi courant dans la céramique ionienne contemporaine ; le méandre y abonde et la palmette y est fréquente : et c’est le même méandre parsemé d’étoiles qu’on retrouve également sur la bordure de plusieurs sarcophages de Clazomènes4 et sur la draperie de maintes corés athéniennes, de c lie, entre autres, qu’a signée Anténor5. — Que ces ornements nouveaux soient arrivés aux sculpteurs attiques par l’intermédiaire des statues ioniennes, qu'ils s’atta-

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