‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 202 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 226, note · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 226, note

ferme la glande lacrymale? et que, les premiers aussi1, ils ont eu la subtilité de remarquer que la paupière supérieure, quand l’œil est ouvert, ne doit pas être figurée entièrement lisse, mais qu’elle offre un petit pli rentrant, à la façon d'un rideau se remontant sur lui-même ? On sait encore quels soins amoureux ils ont donnés aux pieds de leurs statues2 : minces et d’une élégante maigreur, le dessus joliment cambré, la cheville bien détachée3, les doigts frêles et secs, prolongés par les tendons en saillie sous la peau fine, la dernière phalange à tous les doigts se relevant un peu et se retroussant en l’air, les deux premiers orteils bien séparés l’un de l’autre, le deuxième étant un peu plus grand, ce qui dessine au bout du pied un arc plus prononcé, — le travail en est à la fois savant et délicat, précis et caressé; c’est un charme de justesse et de grâce. Et l'on est à même de constater, dans les fragments du fronton de la Gigantomachie 4, dans une statue de coré comme le n° 672 de l’Acropole ( Au musée de l’Acrop., p. 173, fîg. 15), et dans plusieurs autres5, l’estime que les Attiques ont faite de ce genre de beauté non banale, et avec quel empressement ils s’en sont à leur tour emparés.

Il faut envisager aussi comment les Ioniens, dans les statues de femmes drapées qui étaient leur type favori, ont compris la relation de la draperie avec le corps. Dans les anciennes figures attiques, ou bien la draperie se colle au corps platement et sans plis ( Zeus assis, en pierre tendre; Moschophore) , ou bien elle forme une chape épaisse et rigide ( Femme à la grenade) et c’est le corps, cette fois, qui n’existe pour ainsi dire plus. Les Ioniens, les premiers, ont tâché de laisser aux deux éléments constitutifs de la statue drapée, formes du corps et draperie, leur valeur propre. Sous le fin chitôn de toile, ils n’oublient jamais l'anatomie et la ligne du modèle : les jambes, notamment, depuis les talons jusqu’à la hanche, sont aussi visibles et aussi nettement détaillées que si elles étaient nues6.

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