‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 201 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 165 sqq · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 165 sqq

2. Archiloque, fr. 29 : Bergk, Poetse lyr. g)'.3, II, p. 691. — M. R. von Schneider ( Album des musées de Vienne , p. 10, notice de la planche XXV, 3) a été le premier, je crois, à citer ces vers comme s’appliquant fort exactement au type des corés archaïques.

RÉSULTATS DE l’lNFLUENCE IONIENNE 339

des limites originelles à travers tout le monde grec, et il a exercé partout une véritable suprématie durant la seconde moitié du vi° siècle ; mais nulle part il ne s’est mieux acclimaté et n’a refleuri avec plus d’éclat que dans l’ionienne Attique, où il a transformé à son contact l’ancien art indigène et s’est en général confondu avec lui par la plus étroite union.

Ce que les Attiques avaient à gagner, ce qu’ils risquaient de perdre à ce bain prolongé d'ionisme, nous avons eu déjà l’occasion de le montrer, détail après détail, au cours des analyses précédentes, et nous allons le récapituler maintenant. D’abord, les Ioniens apportaient avec eux une science consommée du travail du marbre; je ne parle pas seulement de leur aisance à manier le ciseau, ni même des raffinements de technique où ils pouvaient se plaire, mais bien plutôt de la connaissance exacte et du fin sentiment qu’ils avaient des ressources du marbre, particulièrement pour rendre l’élastique douceur de la chair nue. Il y avait une heureuse harmonie entre leur genre de talent, les sujets auxquels ils se- plaisaient, l’espèce d’idéal où ils tendaient, et les vertus spécifiques de la belle matière ferme et souple, à la surface légèrement transparente, susceptible d’un poli si pur et d’un modelé si délicat. L’exécution coulante et moelleuse des Ioniens a séduit les Attiques; ils réussirent vite à s’en approprier le secret : des sculptures comme le fronton de la Gigantomachie et la stèle d ' Aristion nous l'ont fait voir. Ils se sont ainsi enrichis d’un mérite supérieur, et qui ne devait pas être passager; car on peut dire que les plus rares qualités de la technique de Praxitèle ont leur origine là.

La beauté du marbre, comprise de la sorte, est la meilleure évocatrice de la beauté de la chair, et l’amour de l’une implique l’amour de l’autre. Il faut donc nous attendre à trouver dans les œuvres des Ioniens, à côté de lacunes et d’erreursimputables au manque de maturité, certains détails qui prouvent une observation curieuse et pénétrante de la nature, une scrutation aiguë de la forme vivante. N’avons-nous pas noté* en effet1, que les Ioniens, les premiers, au lieu de tailler en amaiyle régulière l’ouverture de l'œil, ont eu l’exactitude minutieuse d’y découper à l’angle interne, en l'exagérant un peu pour la montrer mieux, la minuscule poche arrondie qui ren-

Page 1